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Une balade sur les traces d'Albert Camus à Paris

Mise à jour le 25/05/2020
Écrivain, journaliste, homme de théâtre, prix Nobel, Albert Camus est arrivé à Paris en 1940. Découvrez le Paris intime de ce grand humaniste.
Samedi 16 mars 1940, un homme débarque à Paris après un long voyage. Parti de son Algérie natale, le futur prix Nobel de littérature apprend la capitale, seul. Cet homme, c’est Albert Camus. Déjà journaliste pour Alger républicain, Camus est embauché à Paris-Soir. En fin de journée, le secrétaire de rédaction, âgé de 27 ans, prend la plume de l’écrivain. Il termine l’écriture de L’Étranger début mai à Montmartre, dans une chambre de l’hôtel du Poirier, aujourd’hui disparu, 16, rue Ravignan (18e). Camus y exprime l’absurdité de la condition humaine, ce décalage entre l’individu et le monde qui l’entoure.
Étranger à Paris, Camus l’est aussi sûrement un peu, loin de sa Méditerranée. Il s’installe début juin 1940 à l’hôtel Madison, 143, boulevard Saint-Germain (6e), face à l’église.

Camus s'engage dans la résistance

Le café de Flore
Le café de Flore
François Grunberg / Ville de Paris
C’est autour de Saint-Germain-des-Prés que foisonne la vie intellectuelle de Camus. À la brasserie Lipp, au café de Flore ou encore aux Charpentiers, rue Mabillon. Il y débat avec Jean-Paul Sartre ou correspond avec René Char, qu’il retrouvera souvent au café La Palette, rue de Seine (6e). Dès 1947, avec le succès de La Peste, étranger, Camus ne l’est plus.
Le restaurant La Palette
Le restaurant La Palette
François Grunberg / Ville de Paris
Son bureau de directeur de collection se trouve au siège des éditions Gallimard, au 5, rue Sébastien-Bottin (7e). Il n’en reste pas moins l’homme révolté de son œuvre éponyme, publiée en 1951, qui le brouille avec Sartre. En 1952, il démissionne de l’Unesco, qui accueille l’Espagne franquiste, puis proteste contre la répression soviétique en Hongrie. En 1955 il écrit dans L’Express sur la crise algérienne, un « malheur personnel ».

Acteur, metteur en scène, adaptateur

En ces périodes difficiles, un endroit illumine sa vie : le théâtre. Ce « lieu de la vérité » qui prend la forme d’une fête collective où l’être, enfin, n’est plus seul. Camus est un homme de théâtre complet : acteur, metteur en scène, adaptateur. Une passion constante depuis 1936, lorsqu’il fonde le théâtre du Travail à Alger (qui deviendra le théâtre de l’Équipe).
Ses lieux de prédilection sont le Théâtre Hébertot (17e) où se joue Les Justes en 1949; celui des Mathurins (8e), où Camus adapte en 1956 Requiem pour une nonne de Faulkner; et le Théâtre Antoine (10e), où il met en scène Les Possédés de Dostoïevski.
Le Théâtre Antoine
Le Théâtre Antoine
François Grunberg / Ville de Paris
Camus nourrissait un vieux rêve : créer à Paris un théâtre de répertoire, le Nouveau Théâtre. Les négociations sont proches d’aboutir quand, le 4 janvier 1960, la voiture de Michel Gallimard qui le ramène sur Paris sort de la route.
Il est tué sur le coup, à 46 ans. Dans sa sacoche, le manuscrit inachevé du Premier Homme. Quelques années auparavant, Albert Camus écrivait dans ses carnets : « J’ai toujours eu l’impression d’être en haute mer : menacé au cœur d’un bonheur royal. »
Remerciements à Catherine Camus.

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