Laurent Pecate et Pascal Perdereau, experts en biodiversité
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Mise à jour le 22/05/2018
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Niché au cœur du Parc Floral, dans le bois de Vincennes, un lieu surprend les visiteurs par sa végétation et par les animations qu’il propose autour de la Biodiversité. C'est la maison Paris Nature. A sa tête, Laurent Pecate et Pascal Perdereau, conseillers en environnement, œuvrent à faire connaître la richesse de la nature à Paris
En cette semaine de Fête de la Nature, l'occasion était toute trouvée pour aller à la rencontre des hôtes de la maison Paris Nature afin qu'ils nous racontent leur métier et nous donnent quelques adresses insolites d'observation de la biodiversité parisienne. Car non ce n'est pas un mythe, Paris regorge de vivants insectes, de prolifiques fleurs et abritent même parfois quelques animaux que l'on n'imaginerait pas trouver ici. Le 26 septembre 2016, la biodiversité était même officiellement proclamée citoyenne d’honneur de la Ville. Car à Paris peuvent prospérer la faune et la flore régionales sauvages.
C'est une évidence pour Laurent et Pascal, peut-être moins pour les Parisiens. Mais ils sont là pour le leur apprendre. Pour ces deux passionnés de faune et de flore qui ont pris la gestion de la Maison Paris Nature en 2010 avec la votation du premier plan pour la biodiversité à Paris , c'est un métier de rêve.
Conseillers en environnement pour la ville de Paris, ils étaient jusque là animateurs d'ateliers pour l'éducation à l'environnement des jeunes scolaires. "Avec la mise en place du plan biodiversité, nos métiers ont évolué. Nous avons eu de nouvelles missions en s'ouvrant à de nouveaux publics, raconte Laurent enthousiaste, "Pour nous c’est génial car on a pu évoluer et la richesse de nos missions rend le travail passionnant. En plus on est dans un cadre idyllique, en pleine nature et pourtant dans Paris !"
Mais un conseiller en environnement, c'est quoi exactement ? "Notre rôle est de mener à bien les missions de la maison Paris Nature. Ici c'est un lieu de sensibilisation, d’information et d’éducation sur les richesses naturelles de Paris, Nous organisons des formations, des ateliers de découverte, des conférences, des expositions. Et depuis quelques temps, nous accompagnons aussi des associations, copropriétés, entreprises qui souhaitent valoriser un espace vert pour favoriser la biodiversité.
Cela veut dire que nous nous rendons sur les lieux, nous établissons un diagnostic environnemental nous étudions avec eux les possibilités et nous leur fournissons des conseils sur ce qu'ils peuvent faire pour attirer ou favoriser la biodiversité en aménageant une cour par exemple. Nous leur proposons une série de plantes ou arbustes sauvages qui vont favoriser la venue des oiseaux. On peut aussi leur apprendre à construire des nichoirs ou installer des hôtels à insectes. Nous leur fournissons aussi des documents ressources qui sont en cohérence avec la politique menée par la Ville en matière de biodiversité."
Mais parler de biodiversité à Paris, est-ce pertinent ? "Dans la mesure où l'on définit la biodiversité comme l'ensemble du vivant, il n'y a pas de limites. Et oui bien sûr, il y a lieu d’observer la biodiversité en milieu urbain. Paris se situe à un carrefour biogéographique naturel. On y voit des animaux qui se sont habitués à l’urbanisation et à la construction. Au niveau de la flore, on n' imaginerait pas mais dans les jardins parisiens on a observé des orchidées sauvages. 10 ou 11 espèces ont déjà été recensées dans le bois de Vincennes ou certains parcs et certains plantes réapparaissent avec la gestion différenciée des pelouses.
Si on est attentif on peut observer le faucon pèlerin qui niche sur la cheminée Beaugrenelle de la CPCU dans le 15e arrondissement. Il niche là depuis 2011 et il y est toujours à quelques centaines de mètres de la tour Eiffel. C'est connu, des faucons crécerelles nichent sur Notre Dame. Le parc de Bercy a son héron "mascotte" et on en a vu aussi dans le parc Martin Luther King dans le 17e. Dans les nouveaux parcs parisiens qui privilégient une gestion écologique des lieux, la biodiversité est importante. On peut aussi voir des Martins pêcheurs sur la Seine et ils viennent même nous visiter ici dans les mares du parc. Si on tend l'oreille on entendra des pics verts ou la bien nommée grive musicienne. On a aussi la fauvette à tête noire qui nous rend visite au printemps.
Jardin écolo en bord de Seine
Avec sa mosaïque de milieux porteurs de biodiversité (mur humide, sous-bois, prairies, friche, mare et marais…) c'est idéal pour l'observation.
Les mois d’avril et mai sont des mois de passage des oiseaux migrateurs et même en hiver on a des oiseaux qui viennent chez nous: les mouettes, les rouge gorges ou la mésange charbonnière. ajoute Pascal. Dans le jardin des Grands Moulins (13e) on a observé La Gorgebleue à miroir qui est pourtant plutôt un oiseau de roselière (une zone humide en bordure de lacs, d'étangs, de marais ou de bras morts de rivière) D'où l'importance de favoriser des lieux de biodiversité dans la ville où les oiseaux peuvent venir faire une halte et nicher parfois. Car quand on parle de préservation et de protection de la biodiversité on parle surtout d’espèce sauvages.
Observer sans déranger
Parfait pour observer le bouvreuil pivoine, la fauvette grisette et bien d’autres espèces farouches.
En fait tout est question d'observation et de prendre le temps. Et aussi d'être éduqué à cette richesse. C'est ainsi qu'à la Maison Paris Nature, le public est invité à des ateliers d'observation dans le parc, agrémentés de conférences. Des experts en ornithologie ou en environnement sont régulièrement invités.
Balade pleine nature
Long de 1,2 km, elle est un formidable couloir de passage pour les plantes et les animaux. Prairie et fourrés, bosquets ponctués de clairières et de zone aquifère, murs et talus calcaires
Et puis, on peut aussi venir consulter des ouvrages spécialisés dans la bibliothèque du lieu.
"Et nous avons aussi quatre ruches !" ajoute de son côté Laurent. "L'année dernière, on a même reçu la médaille d'or pour notre miel, au 18e concours de miels liquides d’Île de France."
Fraicheur et dépaysement
Une zone de 6 300m² où l’écosystème se débrouille tout seul. Coquelicots, fougères, absinthes, plantes indigènes, de la mare à la prairie tout en croisant grenouilles et libellules.
Assurément, la visite du lieu vaut le déplacement, un lieu porté par la convivialité et l'expertise de Pascal et Laurent.
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