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Les plus beaux tableaux des églises parisiennes

Mise à jour le 04/10/2021
Avec la crise sanitaire, la culture est en berne et les musées doivent garder leurs portes closes. Des chefs-d'œuvre de grands peintres demeurent pourtant accessibles au public, en toute gratuité: au cœur des églises parisiennes se nichent des tableaux monumentaux de Delacroix, Scheffer ou Vignon…
Nous vous proposons ici un parcours faisant étape dans huit églises parisiennes, débutant dans le 11e pour s'achever dans le 5e. Libre à vous, bien évidemment, de personnaliser votre itinéraire au fil des œuvres décrites plus bas, dont on peut éprouver toute la puissance même en étant athée intégriste. Si l'on ne peut totalement le dissocier du religieux, le vertige sera avant tout artistique…

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1 - Le Christ mort descendu de la croix, de Charles Dorigny

Réalisé par Charles Dorigny, ce chef-d’œuvre de la peinture française fut exécuté en 1546 pour le maître-autel de la chapelle des Orléans, alors située dans l’église du couvent des Célestins. Ce n’est qu’au début du XIXe siècle qu’il fut déposé à Sainte-Marguerite.
La composition se distingue par son extraordinaire intensité dramatique. Dominant un paysage baigné par une lumière crépusculaire, celle-ci réunit, autour du Sauveur, une foule de protagonistes aux visages et aux attitudes marquées par les stigmates de la douleur. De gauche à droite, on y aperçoit le centurion Longin, Marie Madeleine, agenouillée au pied du Seigneur, Joseph d’Arimathie, Nicodème et Jean, regroupés à l’arrière, enfin la Vierge et ses compagnes, aux mains crispées par l’affliction.
Tandis que la silhouette étirée du corps de Jésus et l’uniforme de Longin s’inspirent du maniérisme ultramontain, le réalisme des visages ainsi que l’exceptionnel souci du détail appliqué à la représentation paysage, ne manquent pas de rappeler ici la manière des grands maîtres flamands…
Le Christ mort descendu de la croix
Le Christ mort descendu de la croix
Charles Dorigny
Église Sainte-Marguerite
36 rue Saint-Bernard 75011 PARIS

2 - Le Christ au Jardin des Oliviers, d'Eugène Delacroix

Lorsque Delacroix reçut la commande de ce tableau en 1824, il n’était encore qu’un jeune artiste à la célébrité montante. Pour cette scène représentant le Christ priant avant l’arrestation qui le conduira à sa crucifixion, Delacroix, bien qu’athée, exprime avec profondeur l’intensité de la prière et la souffrance du Christ, laissé seul par les apôtres endormis. Il centre sa composition sur le dialogue muet avec les anges éplorés, entrelacés dans une magistrale nuée lumineuse et dorée. Sa maîtrise des couleurs et des effets lumineux est renforcée par son dessin enlevé et vigoureux et par son sens de la mise en scène.
Le Christ au Jardin des Oliviers fut exposé au Salon de 1827 et ensuite affecté à l’église Saint-Paul-Saint-Louis (4e). La façade remarquable de cet édifice a été restaurée en 2011, ainsi que l’horloge de 1627. Le tableau a été restauré en 2017–2018, puis prêté au Louvre et au Metropolitan Museum of Art, à New-York, en 2018 dans le cadre de l’exposition Delacroix et en 2019 au Petit Palais dans le cadre de l’exposition Paris Romantique.
Le Christ au Jardin des Oliviers - Eugène Delacroix
Le Christ au Jardin des Oliviers - Eugène Delacroix
JM Moser
Eglise Saint-Paul-Saint-Louis
99, rue Saint-Antoine 75004 PARIS

3 - L’Adoration des mages, de Claude Vignon

Claude Vignon compte parmi les peintres parisiens de la première moitié du XVIIe siècle les plus célèbres. Peu après son retour de Rome, il peint en 1625 cette Adoration des mages pour le maître-autel de l’église abbatiale Saint-Victor (située près de l’actuel Jardin des plantes, aujourd’hui détruite).
Le peintre entraîne le spectateur dans la féerie d’une composition ouverte et rayonnante. Au centre, la Vierge présente l’Enfant Jésus aux Rois mages. Fastueusement vêtus, ils apportent leurs présents dans de splendides pièces d’orfèvrerie. Agenouillé, sa couronne posée au sol, Gaspard contemple l’Enfant avec vénération. Melchior se tient derrière lui, tandis que Balthazar se tourne vers le spectateur pour mieux l’inviter à entrer dans la scène. Saint Joseph, à droite, regarde les trois arrivants avec stupeur.
Vignon déploie une manière où la verve du langage pictural, le raffinement des couleurs et des détails sont mis au service d’une grande lisibilité de la scène représentée. Il répond en cela aux préceptes de l’Eglise, dictés au lendemain des guerres de Religion opposant catholiques et protestants: la peinture doit toucher directement le fidèle, en privilégiant les sujets simples et émouvants. Ce tableau a été restauré en 1993.
L’Adoration des mages
L’Adoration des mages
Claude Vignon
Église Saint-Gervais-Saint-Protais
Place Saint-Gervais 75004 PARIS

4 - Saint Louis visitant les pestiférés, d'Ary Scheffer

Peintre français d’origine hollandaise, Scheffer vécut à Paris et sa demeure, rue Chaptal (9e), aujourd’hui propriété de la Ville de Paris, est devenue le musée de la vie romantique.
Bien que décorant une église, ce tableau semble au premier abord plus historique que religieux. Il représente le roi Louis IX visitant les pestiférés à Tunis, lors de la VIIIe et dernière Croisade en 1270, durant laquelle il mourut. Le visage émacié et blafard, soutenu par son fils Philippe, il parait désespérément implorer le ciel de ses prières, à la vue des malades qui gisent à ses pieds et du fidèle et vieux seigneur croisé qui lui étreint le bras en un ultime hommage.
Ce tableau se trouve dans la cathédrale Sainte-Croix-des-Arméniens. Cette église fut construite au XVIIe siècle. C’était la chapelle du couvent des petits capucins du Marais, qui fut détruit à la Révolution. L’église, conservée, fut agrandie au XIXe siècle par Victor Baltard. Elle fut affectée au culte catholique arménien en 1970. Le tableau a été restauré en 2019, à l’occasion de la rénovation de l’édifice.
Saint Louis visitant les pestiférés - Ary Scheffer
Saint Louis visitant les pestiférés - Ary Scheffer
Claire Pignol
Cathédrale Sainte-croix des arméniens
13 Rue du Perche 75003 PARIS

5 - Tobie et l’ange, de Santi di Tito

Dans la chapelle Sainte-Geneviève de l'église Saint-Eustache se trouve ce magnifique tableau, peint à l’huile sur panneau de bois, vers 1575, par Santi di Tito, peintre maniériste italien de l’école florentine. Il fut saisi par les armées napoléoniennes en Autriche, comme de nombreux chefs-d’œuvre, puis rapporté à Paris.
Le sujet est issu de l’Ancien Testament, du livre de Tobie. Le jeune Tobie est envoyé par son père dans une contrée lointaine pour se faire payer une dette. Il est accompagné de l’Ange Raphaël qui le protège des dangers encourus. Ce dernier lui indique comment il peut guérir la cécité de son père avec le fiel, le cœur et le foie d’un poisson. Sur le tableau, l’ange guide le jeune homme sur le chemin du retour. Tobie tient le monstrueux et dangereux poisson qu’il a pêché ainsi que l’argent récupéré. Sans regarder la route, Tobie se laisse guider par l’Ange, attitude qui symbolise sa confiance et son abandon à Dieu.
Dans ce tableau au cadrage serré, les personnages sont élancés et dansants, les draperies volantes et la gestuelle gracieuse. Les coloris jouent sur les oppositions des roses clairs, des bleus pâles et des verts, formant des harmonies acidulées et délicates. Il émane de cette œuvre un lyrisme teinté de douceur.
Tobie et l’ange - Santi di Tito
Tobie et l’ange - Santi di Tito
JM Moser
Église Saint-Eustache
2 Impasse Saint-Eustache 75001 PARIS

6 - Adoration des Mages, de Carles Van Loo

Cette œuvre monumentale, réalisée en 1739 par le peintre français Charles André Van Loo dit Carle Van Loo, met en scène l’Adoration des Mages dans un décor architectural antique recouvert d’une discrète végétation. Sous le regard attentif de trois angelots, la Vierge présente son enfant assis sur un socle aux trois mages, reconnaissables à leurs riches vêtements ornés de fourrure et de plumes et à leurs cadeaux: l’or, l’encens et la myrrhe contenus dans des coffrets précieux.
Le regard du vieillard agenouillé devant l’Enfant Jésus est dirigé vers les marches sur lesquelles se trouvent sa couronne mais aussi le coffret qui contient son présent. À proximité gît une statue antique brisée, évoquant une idole païenne, et son socle. Ces détails, ainsi que le geste de saint Joseph, qui désigne la scène à une foule aux habits orientaux, permettent également d’évoquer l’évangélisation menée par les missionnaires. L’œuvre, restaurée en 2013, a retrouvé tout son éclat et ses couleurs chatoyantes.
Adoration des Mages
Adoration des Mages
Carle Van Loo (1705-1765)
Église Notre-Dame de l’Assomption
Place Maurice Barrès 75001 PARIS

7 - La Vierge apparaissant à saint Jérôme, Le Guerchin

Francesco Giovanni Barbieri, dit Le Guerchin, était doté d’une grande facilité d’exécution et d’un sens inné de la couleur, comme en témoignent la profondeur du bleu du manteau de la Vierge et l’intensité du rouge de sa robe. Il excellait également dans le rendu réaliste de la nature et des objets, comme ici la barbe soyeuse du saint, les pierres, les livres ou la plume.
L’œuvre nous montre saint Jérôme dans un paysage inhabité, censé évoquer le désert, au moment où lui apparaît la Vierge tenant l’Enfant. Il se détourne alors de ses écrits. Sa main gauche révèle sa surprise ; de sa main droite il tient délicatement la plume avec laquelle il est en train de consigner la traduction de la Bible, de l’hébreu en latin (dite Vulgate).
Œuvre majeure du Guerchin, tant par son sujet que par sa destination, c’est l’unique tableau de ce grand artiste italien conservé dans les églises parisiennes. Il a été restauré en 2018.
La Vierge apparaissant à saint Jérôme
La Vierge apparaissant à saint Jérôme
Francesco Giovanni Barbieri dit Le Guerchin
Église Saint-Thomas d’Aquin
5 place St-Thomas d’Aquin 75007 PARIS

8 - La promenade de l’Enfant Jésus, Francisco de Zurbarán

Francisco de Zurbarán est un peintre du siècle d’or espagnol, contemporain et ami de Vélasquez. Le tableau, réalisé autour des années 1630, est inspiré des voyages annuels que la Sainte Famille avait coutume d’accomplir à Jérusalem lors de la fête de Pâques, et illustre la dévotion dont fait alors l’objet la figure de Joseph dans l’Espagne du XVIIe siècle. Placé à la droite de la composition, la main appuyée sur le bâton fleurdelisé qui le désigna comme époux de Marie, ce denier s’impose par sa taille et son regard empreint de gravité.
La promenade de l’Enfant Jésus apparaît à bien des égards comme une œuvre de transition dans laquelle Zurbarán, adepte jusqu’alors d’un style plutôt dépouillé, enrichit sa palette chromatique tout en manifestant un intérêt nouveau pour la représentation du paysage. En effet, si le modelé des figures et les éclairages brutaux révèlent encore l’influence du Caravage, le coloris chaud des drapés, les frondaisons verdoyantes et le ciel lumineux qui servent d’écrin à la scène, témoignent bien d’une orientation esthétique nouvelle, désormais plus proche du classicisme romain.
La promenade de l’Enfant Jésus - Francisco de Zurbarán
La promenade de l’Enfant Jésus - Francisco de Zurbarán
Emmanuel Michot
Église Saint-Médard
141 rue Mouffetard 75005 PARIS

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