Danser un peu, beaucoup, passionnément. Danser à
la folie. L’histoire est parsemée d’épidémies de danse collective. À
Strasbourg, en 1518, ils furent des centaines à danser, plusieurs jours durant,
jusqu’à épuisement. En Belgique, aux Pays-Bas, en Italie, même délire des
corps, même étrange possession. On incrimina les humeurs, le sang chaud. On vit
partout la main du diable. Mais la convulsion pourrait bien être une purgation,
l’hédonisme un exorcisme. En se livrant tout entier à la danse, jusqu’à la frénésie,
de quoi cherche-t-on à se libérer ? La chorégraphe Mette Ingvartsen imagine une
nuit de danse, de musique, de transe joyeuse et ensauvagée, pour mieux révéler
les carcans qui nous enserrent, les emprises qui nous immobilisent. Pour
célébrer, aussi, notre pouvoir de transgression, notre tenace besoin d’aller
voir ce qu’il y a derrière la limite.