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Maison Gainsbourg : l’attente en vaut-elle la peine ? (spoiler : oui !)

Mise à jour le 19/12/2023
Maison Gainsbourg
Des mois, voire des années qu’on attendait son inauguration… Mercredi 20 septembre, la Maison Gainsbourg ouvre enfin ses portes. Les médias du monde entier ne parlent que de ça : et pour cause ! On murmure dans tout Paris que cet hôtel particulier du 7e où vécut Serge Gainsbourg est resté intact. Il y a quelques jours, on a poussé les lourdes portes du 5 bis de la rue Verneuil. Reportage.
Lorsqu’on arrive dans la rue de Verneuil, on ne peut pas la manquer. D’abord, il y a ce mur immense, joyeusement tagué. Et puis ce profil esquissé en blanc sur fond noir placardé sur la façade. On y est : la Maison Gainsbourg est ouverte ! Avant d'entrer, on se déleste de notre téléphone (les photos sont interdites pour conserver le mystère) et on enfile un casque audio dernier cri pour une visite immersive. On pousse la grille et on pénètre dans les lieux accompagné par la douce voix de Charlotte Gainsbourg qui fait tinter ses clés : « Attendez, je les cherche. Ah, voilà, je vais pouvoir vous faire entrer. Attention, la porte est un peu lourde. »
Maison Gainsbourg
Maison Gainsbourg
Crédit photo : © Alexis Raimbault pour la Maison Gainsbourg, 2023

Visite guidée avec Charlotte

C’est d'abord dans l’immense salon, figé dans le temps, qu'on découvre un musée constitué de trésors glanés par Serge Gainsbourg au fil des ans. Tandis que nos yeux dévorent les détails (des mégots écrasés dans un cendrier, le disque d’or d’Isabelle Adjani pour Pull Marine, le sol en marbre blanc, de vieilles coupures du JDD), on se laisse transporter dans les années 60, 70 et 80. Charlotte Gainsbourg nous conte ses souvenirs avec poésie et tendresse. On entend des notes de piano, du Chopin. Au sol, des photos encadrées de Brigitte Bardot, Jane Birkin, Vanessa Paradis… Un ticket de métro traîne sur le mini-bar. On suit encore Charlotte qui nous fait traverser une petite cour pavée, assez étroite, un coup d’œil à droite et on aperçoit le piano à queue, le Steinway, celui sur lequel Serge Gainsbourg composait. Frissons.
On poursuit pour arriver dans la cuisine. Tout est là, comme si on était revenu trente-cinq ans en arrière. Le sel La Baleine, le pot de moutarde entamé et les assiettes dépareillées sur la table ; des œufs et des cannettes de bière dans le frigo vitré. Des bouteilles de vin habillées de poussière trônent sur une étagère. On écoute Charlotte qui nous fait goûter aux petits-déjeuners familiaux. Là, une fourchette probablement piquée chez Maxim’s. On passe devant un miroir, et on jurerait avoir vu la silhouette de l'homme à la tête de chou. En réalité, sa marionnette des Guignols, surdimensionnée… On grimpe l’escalier exigu pour arriver dans un long couloir. Mais où sont les volutes de Gitane ?

Les Repettos, le zippo et les bonbons à l'anis

Le dressing de Serge Gainsbourg est là : ses Repettos blanches archi portées, archi chéries, ses costumes, ses vestes à rayures tennis, ses jeans délavés. Tout est soigneusement plié ou posé sur des cintres. On avance encore avec Charlotte, de plus en plus émue. On passe devant l'espace de Jane Birkin, joyeux bazar transformé en chambres à poupées, puis le bureau de Serge apparaît. Ses livres, sa machine à écrire, ses notes : tout est encore là. On sentirait presque des effluves d’ambre et de cigarette sur les murs sombres… On arrive devant la salle de bains. Charlotte nous raconte la routine avec sa demi-sœur Kate, les produits préférés de Jane…
Et puis, on termine par la chambre à coucher. On est accueillis par la silhouette grandeur nature de Bambou, sa dernière compagne, reproduite en une multitude de polaroïds. Il y a ce couvre-lit en épais velours noir, ces bonbons à l’anis dans une boîte rouillée et ce Zippo aussi qui nous tapent dans l’œil. Avant de nous retrouver face à l’émotion du 2 mars 1991 conté par Charlotte, rythmé par les fans venus en nombre chanter « Je suis venu te dire que je m’en vais » sous ses fenêtres.
Maison Gainsbourg
Maison Gainsbourg
Crédit photo : Clément Dorval / Ville de Paris
Au total, la visite des 130 m2 de cet hôtel particulier dure une quarantaine de minutes. On la complète volontiers avec un passage au musée Gainsbourg, à quelques pas, qui dresse un portrait chronologique des œuvres de l'artiste. On sort de là, un peu groggy, avec le sentiment d’avoir touché un peu du doigt la légende Gainsbourg. Merci Charlotte, toute cette attente en valait vraiment la peine…
5 bis, rue de Verneuil, 75007 Paris
Comment réserver
Les réservations sont complètes jusqu’à la fin de l’année, mais de nouveaux créneaux sont déjà mis en ligne pour 2024.

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