12 expos photo qui font parler et réfléchir
Mise à jour le 02/04/2025
À Paris, la photo est star. Dans les musées, les galeries d’art, les tiers-lieux ou même les bibliothèques : les passionnés de clichés peuvent se régaler. Pour vous aiguiller, voici notre guide de la saison.
Ça se termine bientôt !
À la médiathèque Violette-Leduc
Jean-Louis Courtinat est un photographe social et humaniste qui, depuis quarante ans, capture les réalités de ceux que l’on oublie trop souvent : les plus vulnérables. Ancien assistant de Robert Doisneau, l’artiste a passé plusieurs mois dans les établissements du Samu social de Paris, saisissant les moments d’espoir, de joie et d’humanité qui surgissent couramment dans ces lieux, mais qui restent rarement montrés.
Aux Douches la Galerie
À travers l’objectif d’Hervé Guibert, cette expo nous immerge dans l’intimité de l’un des plus grands écrivains français, figure emblématique de la littérature gay des années 1980. Il y a quarante ans, alors atteint du sida, il fut pensionnaire de la Villa Médicis de Rome, où il avait su capter la vie et la lumière italiennes dans des clichés en noir et blanc bouleversants. Pris quelque temps avant son décès, portraits d’amis, d’amants et de lui-même, baignés de lumière et de mélancolie, offrent un témoignage visuel profond et émouvant.
À la Médiathèque musicale de Paris
Si la flamme olympique a traversé l’Atlantique pour se rendre à Los Angeles, qui accueillera les Jeux en 2028, la photographie prolonge le passage de témoin. La Médiathèque musicale de Paris (Paris Centre) et la Los Angeles Public Library ont réuni des clichés inédits pour explorer l’évolution des scènes musicales de Los Angeles entre 1960 et 1990. On y découvre l’effervescence du Sunset Strip, haut lieu de création où rock, punk, funk et hip-hop ont façonné des générations d’artistes. Un flash-back électrique sur trois décennies de musique.
Actuellement
À la Fabrique de la Solidarité
Céline Anaya Gautier a partagé pendant deux ans le quotidien de femmes marginalisées, presque invisibles. Avec cette expo, l’artiste met en lumière le portrait de ces femmes vivant dans la précarité et l’ombre des villes, confrontées à la solitude et à la violence. Ce projet est né de l’association Cœur de Femmes, fondée par Mona Chasserio, qui œuvre pour la reconstruction de ces femmes brisées, tant physiquement que psychologiquement.
À la Maison européenne de la photographie
Dennis Morris est un photographe britannique d’origine jamaïcaine qui a immortalisé certaines des plus grandes icônes musicales du XXe siècle. L’expo nous renvoie dans le Londres des années 1970, où il a capturé avec une rare intensité le quotidien de la communauté jamaïcaine et des quartiers populaires. On se retrouve au plus près de ses rencontres mythiques, notamment avec Bob Marley ou encore les Sex Pistols. Entre révolte et créativité, la photographie devient ici un témoignage puissant d’une époque en pleine effervescence.
À la Maison du geste et de l’image
Cécile Armenault explore la relation intime entre le corps, l’espace et les objets à travers des photographies et des installations. L’artiste crée des scènes poétiques et mystérieuses où des gestes simples, souvent situés dans des contextes inhabituels ou décontextualisés, interrogent notre perception du monde. Ses œuvres invitent à une immersion sensorielle où chaque image semble vibrer d’une signification cachée, à découvrir au fil du regard.
À l’Institut du monde arabe
Issues du fonds de la bibliothèque orientale de l’université Saint-Joseph de Beyrouth, ces images documentent le riche patrimoine archéologique du Liban, dont les sites et les monuments sont aujourd’hui gravement menacés. Ces clichés, qui capturent des lieux emblématiques du pays, sont pour la première fois montrés en France et nous invitent à réfléchir à la fragilité de notre patrimoine.
Sur les grilles de la tour Saint-Jacques
Les grilles de la tour Saint-Jacques (Paris Centre) se parent des beaux clichés de Gérald Bloncourt. Cet hommage nous rappelle que le photographe et poète haïtien ne se considérait pas comme un simple vendeur d’images. Lui-même se décrivait comme « un franc-tireur de l’image », un artiste dont les œuvres sont une forme de combat, une arme pour exprimer son engagement politique et son humanisme.
Au Quai de la Photo
Cap sur le Quai de la Photo (13e) pour contempler un autre visage du Mali. Ce portrait, on le doit à quatorze figures emblématiques de la scène photographique du pays, comme Malick Sidibé et Seydou Keïta, mais aussi à des talents émergents, tels qu’Amadou Keita, Oumou Traoré ou Drissa Diara. Au total, une soixantaine d’œuvres offre un panorama rare de la photographie malienne, en dévoilant sa richesse, sa diversité et sa faculté à se réinventer sans cesse. Accompagnés des récits de Seydou Camara et Françoise Huguier, qui ont observé l’évolution de cet art, les clichés donnent à voir un Mali jusqu’alors méconnu du grand public. À ne pas manquer !
Au musée Guimet
À l’occasion des commémorations des 50 ans de la fin de la guerre du Vietnam, le musée Guimet (16e) met à l’honneur le travail de Marc Riboud, qui a photographié le pays entre 1966 et 1976. Dix années qu’il documente bien au-delà des combats et des paysages en ruine, mais au travers de vies humanisées, de bouts de quotidien incarnés, d’histoires personnifiées. Un regard bouleversant qui rend également hommage au courage d’un peuple qui s’est battu avec de petits moyens contre la plus grande puissance du monde.
C’est pour bientôt !
Au musée Carnavalet
Agnès Varda était une réalisatrice… mais aussi une photographe ! Le musée Carnavalet (Paris Centre) expose 130 tirages, dont de nombreux inédits, de l’artiste qui a immortalisé et aimé Paris comme personne. De la rue Daguerre (14e) aux rues de la capitale, elle capte avec poésie et humour l’intimité de la ville et de ses habitants, tissant un lien puissant entre son regard photographique et cinématographique.
À la Fondation Cartier-Bresson
Quarante ans, ça se fête ! Alors, pour célébrer l’anniversaire de l’ouvrage iconique de Richard Avedon, In the American West, la Fondation Henri Cartier-Bresson (Paris Centre) lui consacre une belle exposition. Un trip du côté de l’Ouest américain que le photographe a arpenté pendant cinq ans, capturant toute la singularité de cette région et de ses habitants. Résultat ? Des portraits épurés, authentiques et puissants de gens ordinaires, shootés entre 1979 et 1984, qui s’éloignent volontairement des représentations traditionnelles et des glorifications du mythe de l’Ouest américain. À découvrir dès le 30 avril !
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