Ces expos photos gratuites à découvrir dans des galeries
Mise à jour le 06/11/2026
Les galeries d’art regorgent de trésors culturels à découvrir sans toucher à son porte-monnaie. Voici une sélection des expositions photos gratuites à ne pas manquer cet automne, à l'occasion du bicentenaire de la photographie.
« Serge Najjar, A l’instant T », à la Galerie Lahumière
Cap sur la galerie Lahumière (Paris Centre) qui, pour la première fois, expose le travail du photographe Serge Najjar. Piet Mondrian, Vassily Kandinsky, Bridget Riley ou encore Sonia Delaunay : ces grands noms de l’art abstrait ont nourri son œuvre sans pour autant l’enfermer dans un courant artistique. Car c’est avant tout l’instinct, l’envie de saisir un instant précis, de suspendre le réel, qui guident son travail. Arpentant les chantiers et scrutant les murs, il sublime chaque angle, courbe, texture ou aplat de couleur qui capterait son regard, humanisant ainsi ces éléments du quotidien. Résultat, ses clichés arborent un vrai sens de la composition et révèlent ce qu’un regard distrait pourrait ignorer.
« Payram. Que vos pas soient légers car vous marchez sur mes rêves », à la Galerie Maubert
Contraint de quitter en 1983 son pays d’origine, l’Iran, après la révolution islamique, le photographe Payram développe une œuvre où le temps se distend et se révèle petit à petit au grand jour. Si la question de l’exil et du déracinement, et plus globalement celle des origines, de l’absence et de la perte des liens intimes, fait partie intégrante de son art, c’est parce qu’elle lui permet de l'observer au-delà des frontières. De ce positionnement naît une œuvre sensible, patiente et méticuleuse, profondément traversée par sa double identité franco-iranienne, dans laquelle son expérience d’exilé se fond dans une forme de latence.
« Rose pour toi, et rose pour moi », de Pierre et Gilles, à la galerie Templon
Pour célébrer cinquante ans de création, le duo Pierre et Gilles revient avec une nouvelle exposition intitulée « Rose pour toi, rose pour moi ». Et c’est à la Galerie Templon (Paris Centre) qu’il présente une vingtaine de portraits récents où leurs modèles se muent en icônes contemporaines. Dans une mise en scène inspirée de l’iconographie sacrée, stars, créatures pop, personnages de fictions ou proches des artistes prennent la pose dans une série de clichés vibrants qui questionnent la part de rêve que la société fomente. Un onirisme travaillé au cœur de leur studio où chaque détail compte : décors, costumes, accessoires et jeux de lumière composent à la main des tableaux hauts en couleur.
« Silhouettes », de Charles Fréger, à la Galerie Les Filles du Calvaire
C’est en puisant dans différentes séries, de La Suite Basque à L’Épopée de Jeanne d’Arc, en passant par Kalevipoeg, que Charles Fréger s’expose à la galerie Les Filles du Calvaire (Paris Centre), révélant au passage un pan moins connu de son œuvre. Réunissant plusieurs photographies et vidéos réalisées ces dix dernières années, le lieu s’intéresse à la silhouette qui, sous l'œil du photographe, vient nourrir des récits historiques. Apparaissant comme des présences familières, ces figures obscures mettent en lumière la fabrication de l’image et la façon dont elle voyage dans nos imaginaires.
« Early Works » de Tina Barney, à la Zander Galerie Paris
À la Zander Galerie (6e), l’exposition « Early Works » braque ses projecteurs sur les premières photographies en noir et blanc de Tina Barney. Réalisées lors de séjours estivaux à Rhode Island, ces images nous plongent dans l’intimité des familles privilégiées de la côte Est américaine, à la fin des années 1970. Redécouvertes par l’artiste durant la pandémie, elles saisissent avec spontanéité les gestes, les postures, les vêtements et les coiffures soignées d’une certaine classe sociale dont les codes et les coutumes régissent habilement les relations intrafamiliales. Un thème déjà cher à la photographe et qui annonce ici les prémisses d’une œuvre plus ambitieuse.
« Jean Marquis, arpenteur du quotidien. Photographies 1951-1983 », à la Galerie Roger-Viollet
Direction la Galerie Roger-Viollet (6e) pour découvrir la première expo consacrée à Jean Marquis. Grand photographe, notamment pour Magnum Photos dont il rejoint l’agence en 1954 aux côtés de Robert Capa et Henri Cartier-Bresson, il passe sa vie à faire du quotidien sa matière fétiche. Dans son objectif, le travail ouvrier, les luttes sociales et politiques ainsi que l’effervescence artistique donnent un visage aux grands acteurs, comme aux anonymes, de l’Histoire. Ce qui lui vaut de prestigieuses collaborations avec différents titres de presse, comme L’Express, Time ou encore Match. Jusqu’au 23 janvier, 110 tirages nous embarquent dans trois décennies d’histoire, vus par un œil toujours aux aguets.
« Gerard Malanga », à la Galerie du Jour agnès b.
Jusqu’au 10 janvier, la Galerie du Jour agnès b. (13e) redonne vie à la scène underground new-yorkaise des années 1960-1970. Et c’est à travers le regard du photographe, poète et cinéaste Gerard Malanga que cette résurrection voit le jour. Sur les clichés de cette figure emblématique de la Factory d’Andy Warhol se croisent les artistes, musiciens, écrivains, cinéastes, danseurs et poètes qui ont fait vibrer cette époque, de Patti Smith à Lou Reed, en passant par Mick Jagger et Robert Mapplethorpe. Des personnalités mythiques qui font aussi bien tomber les frontières entre les arts que celles qui les séparent de leur public. Car sur les photographies de Malanga, c’est avant tout l’amitié, la spontanéité et la simplicité qu’ils viennent habiter.
« Immersion » de Steve McCurry, à la Polka Galerie
On a toutes et tous en tête quelques-unes de ses œuvres les plus connues, comme le portrait de Sharbat Gula, la jeune Afghane aux yeux verts. Mais peu d’entre nous savent réellement comment son auteur, Steve McCurry, les imagine. C’est précisément ce processus de création que la Polka Galerie (Paris Centre) nous propose d’explorer, grâce à quatre films de quinze minutes tournés au plus près de l’artiste. Pendant trois jours, Adélie de Ipanema, la directrice du lieu, et le producteur-réalisateur Florent Lacaze ont en effet suivi le photographe en Pennsylvanie. L’occasion d’observer les méthodes, les choix et l’exigence qui ont façonné son univers. Et c’est à voir absolument !
« Lucky Jim » de James Barnor, à la Galerie Clémentine de la Féronnière
À la Galerie Clémentine de la Féronnière (Paris Centre), on part à la rencontre de James Barnor, photographe incontournable du XXe siècle. Jusqu’au 21 novembre, l'exposition « Lucky Jim » retrace sa vie, notamment un pan plus intime de sa carrière, durant laquelle l’artiste s’est amusé à se mettre en scène, au fil de voyages entre le Ghana et le Royaume-Uni. Des prises de vue de studio dans les années 1950 aux compositions pleines de malice des années 1970, l’artiste se dévoile ainsi au gré d’autoportraits, de scènes de vie et de rencontres amicales qui ont largement nourri ses archives personnelles. Sept ans après la dernière rétrospective exposée à la galerie, James Barnor se montre à 97 ans plus libre et espiègle que jamais.
« Paris humaniste », à la Galerie Rouge
À l’occasion du bicentenaire de la photographie, la Galerie Rouge (Paris Centre) héberge une exposition collective de sept photographes français se réclamant du courant humaniste d’après-guerre : Edouard Boubat, Jean-Philippe Charbonnier, Robert Doisneau, Willy Ronis, Louis Stettner et Sabine Weiss. Jusqu’au 12 décembre, leurs œuvres nous emmènent en balade dans les quartiers populaires de Paris, notamment le quartier de la Goutte d’Or (18e), capturé par l'américaine Martine Barrat. Une invitation à poser un autre regard sur la capitale et ses habitants, à travers une photographie humaniste qui, longtemps critiquée pour sa naïveté, révèle aujourd'hui toute sa force et sa nécessité.
Settings Text Html