Ces expos qui mettent à l’honneur le travail des artistes femmes
Mise à jour le 02/03/2026
Elles imaginent, inspirent, créent… et pourtant, les femmes artistes restent encore trop souvent invisibilisées. Une injustice que l’on entend bien réparer avec cette sélection d’expos valorisant leur travail.
« Kourtney Roy - All Inclusive », à la Cité de l’économie
Derrière ses plages paradisiaques et ses personnages sophistiqués, l’univers coloré et cinématographique de la photographe Kourtney Roy révèle les fissures d’un décor trop parfait. Car, sous la surface glamour, se lisent les tensions que ses mondes imaginaires cherchent à dissimuler. Et c’est précisément ce vernis que la Cité de l’économie (17e) entreprend de gratter, en explorant les dessous économiques du tourisme mondialisé. Déséquilibres sociaux, ravages environnementaux, influences des mécanismes marketing : « All Inclusive » met en exergue les enjeux d’une industrie aussi séduisante que néfaste, tout en nous invitant à voyager autrement.
« Leonora Carrington », au musée du Luxembourg
Féministe, mère, migrante, chercheuse spirituelle et écologiste avant l’heure : l’artiste britannique Leonora Carrington conjugue toutes ces identités. Jusqu’au 19 juillet, le musée du Luxembourg (6e) lui consacre un parcours chronologique et thématique. On y découvre ses multiples influences, nourries par ses séjours en Italie, en France et au Mexique, et les obsessions qui habitent son œuvre. Mondes surréalistes, références mythologiques, fascination pour l’occultisme : en observant ses tableaux, on pénètre aussi bien ses voyages intérieurs qu’extérieurs.
C'est déjà fini !
« American Images », de Dana Lixenberg, à la MEP
Et si on observait à la loupe toutes les contradictions et les ambiguïtés de l’Amérique ? Avec « American Images », exposée à la MEP (Paris Centre), la photographe néerlandaise Dana Lixenberg nous confronte à une terre fracturée, en questionnant avec finesse et pertinence les mythes du rêve américain. Son regard se porte aussi bien sur les plus grandes stars et figures des États-Unis, de Donald Trump à Tupac, que sur les personnes marginalisées de la société américaine, qu’elle étudie avec la même considération et dignité depuis le début des années 1990. Résultat ? Un portrait pluriel du continent se dessine sous nos yeux, d’une actualité troublante…
« Guerre & Paix. L’angoisse, l’effroi, l’espoir », de Chana Orloff, aux Ateliers-musée Chana Orloff
Aux Ateliers-musée Chana Orloff (14e), la sculptrice Chana Orloff grave les blessures du XXe siècle. L’expo « Guerre & Paix » met en lumière une part méconnue de son œuvre, nourrie par les grands conflits de son époque. Articulé autour de trois parties, le parcours revient sur différentes périodes qui ont influencé son travail. Il commence par la guerre de 1914-1918, synonyme d’angoisse lorsque l’artiste s’installe à Paris. Puis vient la Seconde Guerre mondiale, marquée par l’effroi, l’exil ainsi que la spoliation de son atelier de la villa Seurat. Enfin, il se termine par une note d’espoir au lendemain de la Libération, ponctuée de commandes publiques et de sculptures qui racontent en filigrane son désir de paix.
« Mickalene Thomas : All About Love », au Grand Palais
Cap sur le Grand Palais (8e) qui met à l’honneur pour la première fois une artiste afro-américaine avec une grande expo personnelle consacrée à Mickalene Thomas. Intitulée « All About Love », le titre fait écho au livre fondateur de la militante bell hooks, All About Love: New Visions, écrit en 1999. Au fil de cette rétrospective, retraçant plus de deux décennies de création, peintures, collages, photographies, vidéos et installations célèbrent l’amour comme acte de libération et de joie, tout en visibilisant l’identité des femmes noires. Proches et icônes pop sont ainsi représentées avec assurance, puissance et grâce, dans des compositions souvent serties de strass. Mais, surtout, elles investissent enfin les espaces culturels et artistiques dont elles ont été historiquement exclues.
« Hommage à Park In-kyung », au musée Cernuschi
À l’occasion de son 100e anniversaire, le musée Cernuschi (8e) braque ses projecteurs sur Park In-kyung, personnalité discrète, mais importante, de l’histoire des artistes coréens en France. Si le lieu lui a déjà consacré un accrochage en 2017 en se concentrant sur les œuvres réalisées entre 1950 et 2010, cette nouvelle rétrospective porte cette fois sur cette dernière décennie. Encre figurative, taches lumineuses, geste fluide : son univers contemplatif devient une interprétation libre des éléments de la nature.
« Magdalena Abakanowicz, la trame de l’existence », au musée Bourdelle
Elle est l’un des visages majeurs du renouveau de l’art textile et de la sculpture contemporaine. Jusqu’au 12 avril, ses œuvres monumentales s’emparent des 600 mètres carrés de l’aile Portzamparc du musée Bourdelle (15e). Elle, c’est la Polonaise Magdalena Abakanowicz qui, par sa radicalité, a marqué la scène internationale, des États-Unis au Japon, avant de subjuguer le public français à l’occasion de sa première grande expo en France.
Impressionnantes, poétiques, parfois inquiétantes, mais toujours politiques, ses œuvres textiles et sculptées témoignent des traumatismes de son époque, dans un pays où la guerre et la censure du régime communiste ont contraint son art.
« Par hasard un chien », de Mélanie Feuvrier, au Carré de Baudouin
Le pavillon Carré de Baudouin (20e) présente la série photographique « Par hasard un chien », de Mélanie Feuvrier, fruit de près de dix ans de déambulations urbaines et de rencontres inattendues. Au total, 900 clichés capturent une scène de vie mêlant humour, spontanéité et tendresse, où le chien devient le protagoniste. Avec ces portraits pris sur le vif, l’artiste interroge notre relation à l’animal et, plus globalement, au monde. Une expo qui a du chien !
« États des lieux », de Larissa Fassler, au musée d’Orsay
Chaque arrêt, chaque mouvement, chaque hésitation est observé. Invitée par le musée d’Orsay (7e), l’artiste canadienne Larissa Fassler cartographie ses espaces, en indiquant au stylo les trajets de celles et ceux qui les empruntent quotidiennement. Dans le cadre des réaménagements que l’établissement prévoit pour fluidifier les allées et venues du public, elle s’est employée pendant trois mois à renseigner tous les déplacements des visiteurs. Points bleus, lignes en pointillé, rectangles rouges : ses œuvres font ainsi un état des lieux précis et sensible de la vie du musée avant ses grands travaux.
« Grottesco », d’Eva Jospin, et « D’un seul souffle », de Claire Tabouret, au Grand Palais
Qui n’a jamais rêvé de pousser la porte d’un endroit pour la voir s’ouvrir sur deux mondes mystérieux ? Jusqu’au 15 mars, c’est la surprise que nous réserve le Grand Palais (8e). Derrière la même entrée, un double parcours : le palais du textile d’Eva Jospin et les maquettes grandeur nature des vitraux de Notre-Dame (Paris Centre), par Claire Tabouret. Une vision double qui défait les limites du réel pour créer l’émerveillement. Et au cœur de ces architectures imaginaires et de ces matières trompe-l’œil, un dialogue fascinant entre le « grotesque » et le sacré s’esquisse…
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