Quelles sont les expos photo incontournables du moment ?
Mise à jour le 13/03/2026
Aux quatre coins de la capitale, les passionnés de clichés peuvent se régaler avec des expos aussi esthétiques qu’impactantes. Pour vous aiguiller, voici les rétrospectives à ne manquer sous aucun prétexte ces prochaines semaines.
« Simone Veil, Mes sœurs et moi », au Mémorial de la Shoah
Si on connaît surtout la femme d’État ainsi que la militante, on en sait moins sur Simone Veil, la femme, la sœur, l’enfant. Le Mémorial de la Shoah (Paris Centre) met en lumière ces statuts en retraçant l’histoire intime de sa tribu : les sœurs Jacob. Une trame familiale enchevêtrée dans les affres de la guerre, racontée à travers un ensemble de documents personnels (correspondances, photographies, interviews). Ces archives donnent accès aux mots et aux voix des trois sœurs, mais aussi à leurs destins tourmentés, entre arrestations, déportation, séparations, pertes et deuil.
« Robert Capa, Photographe de guerre », au musée de la Libération
Direction le musée de la Libération (14e) qui consacre une riche expo à Robert Capa, figure incontournable du photoreportage. Au total, plus de 160 clichés sont à contempler, comprenant une soixantaine de tirages de presse d’époque, mais aussi des magazines, ouvrages, écrits et objets personnels. Une plongée en images dans les nombreux conflits qu’il a documentés, de la guerre d’Espagne au débarquement allié en Italie, sans oublier la guerre d’Indochine, où il est mort en 1954 en sautant sur une mine. Mais l’Américain n’est pas qu’un photojournaliste mondialement connu : c’est également un immigré hongrois d’origine juive qui a dû travestir son identité pour fuir la montée de l’antisémitisme et l’autoritarisme.
« Kourtney Roy, All Inclusive », à la Cité de l’économie
Derrière ses plages paradisiaques et ses personnages sophistiqués, l’univers coloré et cinématographique de la photographe Kourtney Roy révèle les fissures d’un décor trop parfait. Car, sous la surface glamour, se lisent les tensions que ses mondes imaginaires cherchent à dissimuler. Et c’est précisément ce vernis que la Cité de l’économie (17e) entreprend de gratter, en explorant les dessous économiques du tourisme mondialisé. Déséquilibres sociaux, ravages environnementaux, influences des mécanismes marketing : « All Inclusive » met en exergue les enjeux d’une industrie aussi séduisante que néfaste, tout en nous invitant à voyager autrement.
« Lee Miller », au musée d’Art moderne de Paris
Vingt ans qu’une institution française n’avait pas consacré de rétrospective au travail de Lee Miller. Dès le 10 avril, c’est au musée d’Art moderne (16e) que l’on pourra l’admirer, à l’occasion d’une expo réalisée en collaboration avec la Tate Britain (Royaume-Uni) et l’Art Institute of Chicago (États-Unis). Le long d’un parcours chronologique et thématique, articulé autour de six parties, ses multiples vies seront à l’honneur, de ses débuts à New York en tant que mannequin à ses reportages de guerre dans les années 1940, en passant par son activité de portraitiste et ses publications mode pour le Vogue britannique. Un corpus riche de 250 clichés et rendant compte de l’immense talent de celle qui fut longtemps reléguée à son rôle d’égérie, avant d’être considérée à juste titre comme l’une des photographes les plus importantes du XXe siècle.
C'est déjà fini !
« Nan Goldin, This Will Not End Well », au Grand Palais
On se tient prêt : dès le 18 mars, le Grand Palais (8e) accueille « This Will Not End Well », une immersion dans l’œuvre de Nan Goldin, l’un des plus grands noms de la photographie contemporaine. Pour cette première rétrospective française, le travail de l’artiste américaine se dévoile à travers ses clichés qu’elle transforme depuis la fin des années 1970 en vidéos et en diaporamas, à l’image d’un journal intime animé. En parcourant ses « films composés de photos », comme elle les qualifie elle-même, on pénètre son intimité la plus crue. Des scènes de vie puissantes qui questionnent sans filtre différents thèmes : l’amour, l’addiction aux drogues, le traumatisme du suicide, le genre ou encore la violence.
« American Images », à la MEP
Si vous aimez les images qui percutent, alors vous devez impérativement vous rendre à la Maison européenne de la photographie (Paris Centre) : elle héberge jusqu’au 24 mai « American Images », la première rétrospective consacrée au travail de Dana Lixenberg. Depuis les années 1990, l’artiste néerlandaise balade son objectif aux quatre coins des États-Unis pour y capturer ses multiples visages : ceux évoluant sous les projecteurs (Iggy Pop, Whitney Houston, Tupac Shakur) comme ceux que la société américaine tente de dissimuler. Résultat ? On voyage dans une Amérique contrastée, complexe et pleine de paradoxes.
« Martin Parr, Global Warning », au Jeu de Paume
Des clichés hauts en couleur, un goût assumé pour la théâtralité et un style kitsch revendiqué : oui, on parle bien de Martin Parr, photographe emblématique, disparu en décembre dernier. Et c’est au Jeu de Paume (Paris Centre) que l’on peut actuellement y contempler son œuvre singulière, dans une expo-événement retraçant ses cinquante ans de carrière. En compilant ses séries iconiques, le musée met en exergue son regard plein de dérision sur le monde : sans militantisme, mais avec pertinence ! Dans sa ligne de mire : le réchauffement climatique, le tourisme de masse, les inégalités sociales, la surconsommation ou encore notre dépendance à la technologie.
« Hommage à Sebastião Salgado », à l’Hôtel de Ville
Jusqu’au 30 mai, Paris rend hommage à Sebastião Salgado avec une belle expo gratuite dans la salle Saint-Jean de l’Hôtel de Ville (Paris Centre). Une plongée en noir et blanc dans la carrière foisonnante de l’un des photographes majeurs de sa génération, depuis ses premières séries shootées à la fin des années 1970. Au fil d’un parcours sinueux, 200 images capturées aux quatre coins du globe racontent l’horreur de la guerre, la colère des opprimés, les ravages du dérèglement climatique, mais aussi les beautés de ce monde, qui se dérobent souvent au regard pressé. Un éloge à la lenteur et à la poésie que l’on retrouve notamment dans son ultime travail, pour la première fois exposé : Paris au fil des saisons.
« Guido Guidi, Col tempo, 1956-2024 », au Bal
L’œuvre de Guido Guidi n’a pas la prétention de capturer la perfection. C’est son regard singulier qui saisit le monde, dans la banalité de ses détails comme dans la grandeur de sa beauté, que le Bal (18e) nous invite à découvrir. Depuis les années 1960, l’Italien scrute les paysages du quotidien pour questionner notre manière de percevoir le territoire et notre environnement. Plus de 200 clichés, accompagnés de carnets et de documents rares, illustrent ainsi sa réflexion artistique où chaque photographie devient le témoin et l’étape d’un cheminement. L’idée ? Ne pas considérer l’image comme un résultat définitif, mais plutôt comme un processus expérientiel.
« Henri Cartier-Bresson, Les Européens », à la Fondation Henri Cartier-Bresson
L’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, la Grèce, la Suisse, la France : en parcourant l’Europe à une époque où elle est ravagée par la guerre et les bouleversements politiques, Henri Cartier-Bresson ne cherche pas seulement à cartographier le continent. Ce qui l’intéresse surtout, c’est de composer un portrait des habitants le peuplant. Une collection d’images qu’il a réunies en 1955 dans un livre intitulé Les Européens, et dont la Fondation Henri Cartier-Bresson (Paris Centre) présente les photographies les plus emblématiques jusqu’au 3 mai. À ne pas louper !
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