10 expositions autour de la nature à contempler tout l’automne
Mise à jour le 17/09/2026
Créatures sauvages, peintures contemplatives, richesses d’un territoire et travaux autour du vivant : la nature reprend ses droits et migre jusque dans les musées de la capitale tout l’automne.
« Ce qui reste. Lionel Sabatté », au musée de la Chasse et de la Nature
Au musée de la Chasse et de la Nature (Paris Centre), l’artiste Lionel Sabatté investit l’ensemble des espaces des deux hôtels particuliers à la cour, pour y déployer ses œuvres surprenantes, dont une majorité inédite. Tapisseries, peintures, sculptures, dessins : tous les médiums sont réunis pour explorer la figure animale comme lieu de renversement. Sous ses mains, chaque matériau situé aux marges du vivant et du déchet est travaillé, de la poussière à la laine en passant par les peaux mortes ou encore les ongles. Résultat : les animaux se muent en créatures sauvages et intrigantes, obligeant notre regard à décentrer l’humain et à reconsidérer l’altérité, la perte ainsi que la fragilité du vivant.
« Voir Tahiti. Premières photographies 1859-1870 », au musée du quai Branly
Si de Tahiti, on photographie essentiellement ses plages paradisiaques, sa flore luxuriante et ses nombreuses espèces marines, cette iconographie reste relativement récente. Et ce sont précisément les premiers clichés du territoire que le musée du quai Branly (7e) met à l’honneur, en réunissant le travail de deux photographes. D'abord celui de Gustave Viaud qui réalise entre 1859 et 1862 des négatifs sur papier, longtemps conservés dans des sphères privées. Installé à Tahiti en tant que chirurgien de marine, ce pionnier discret de la photographie révèle ici un vrai sens de la composition. L'expo présente également les images produites dix ans plus tard par Paul Émile Miot, photographe déjà reconnu à l’époque, qui capture les côtes, les paysages et des fragments de la société polynésienne grâce à la technique du négatif sur verre au collodion.
« Nanténé Traoré - pays des merveilles », à la MEP
Bienvenue dans un monde où les corps deviennent des paysages et où les paysages impriment le passage des corps. À la Maison européenne de la photographie (Paris Centre), Nanténé Traoré présente jusqu’au 29 novembre « Pays des merveilles », sa première exposition monographique muséale. À partir de pellicules périmées des années 1990, l’artiste reconvoque des souvenirs d’enfance passés sur la côte bretonne, mais aussi des épisodes traumatiques qui l’ont plongé dans une période de profonde dépression et de dissociation. Des images qui évoquent cet état de trouble, notamment grâce aux altérations chimiques du film qui modifient les couleurs, flouent les contours et produisent des visions quasi fantomatiques.
« Histoires de paysages de Monet à Hockney (1890-2026) », au musée Marmottan-Monet
Au musée Marmottan-Monet (16e), on inspecte l’art du paysage, au-delà du simple genre pictural. De 1890 à nos jours, et particulièrement au cours du XXe siècle, il s’est fait le miroir de notre histoire contemporaine. Au fil d’un parcours divisé en onze sections, qui s’ouvre sur les Nymphéas, cadeau de Monet adressé à la France au lendemain de l'armistice du 11 novembre 1918 pour fêter la victoire, on analyse la relation qui unit la nature à la guerre, la résistance et la nation. À travers la photo, la sculpture, la vidéo ou la peinture, les paysages deviennent alors des témoins des crises, utopies et autres inquiétudes qui ont secoué les sociétés ces dernières décennies. Bonnard, Matisse ou Hockney : sous leurs pinceaux, les paysages se mettent à raconter un monde chahuté par la destruction, la nostalgie et l’espoir.
« Yu Nishimura. Towards a Sea », à Lafayette Anticipations
Direction Lafayette Anticipations (Paris Centre), ou plutôt le bord de mer, où nous convie le peintre japonais Yu Nishimura. À travers une cinquantaine d'œuvres, mêlant peinture et dessin, l’exposition retrace ces dix dernières années pendant lesquelles l’artiste s’est amusé à brouiller les frontières des genres artistiques. Appliquant volontiers les principes photographiques et cinématographiques à ceux de la peinture, il travaille à l’huile et à la tempéra pour créer des effets de flou et de superposition, donnant à ses œuvres traversées par les figures animales, végétales et minérales une atmosphère onirique, quasi évanescente. Et c’est sublime !
« Delacroix, chevaux et autres animaux », au musée Eugène-Delacroix
Source d’inspiration, objet d’étude et étape d’un processus créatif : le cheval fait partie intégrante de l’univers de Delacroix. Jusqu’au 18 avril 2027, le musée Eugène-Delacroix (6e) s’intéresse aux nombreux chevaux, tigres, lions et autres animaux peuplant les toiles de l’artiste. Autour de la figure du cavalier et de la fantasia se tisse tout un imaginaire né lors de son voyage au Maroc en 1832. Le parcours permet de découvrir pour la première fois les deux études d’étalons récemment acquises et restaurées par le musée. Des pièces qui n’avaient, au départ, pas l’ambition d’être exposées, mais seulement à servir de référence à l’artiste.
« Artistes au Muséum », au Muséum national d’histoire naturelle
Quatre cents ans, ça se fête ! Pour célébrer cet anniversaire, le Muséum national d’histoire naturelle (5e) fouille ses riches collections pour explorer les liens profonds entre l’art et la science. Résultat ? Plus de 300 œuvres – mêlant peinture, sculpture, dessin, photographie, taxidermie, cinéma et architecture – croisent le regard d’artistes et de scientifiques sur le vivant et son évolution, depuis la création du Jardin des plantes (5e), en 1626. Un lieu qui devient un terrain d’expérimentation dans lequel Salvador Dalí, Alberto Giacometti ou Bernard Buffet y ont trouvé l’inspiration.
« Ibrahim Mahama. Le temps des récoltes », à la Fondation Cartier pour l’art contemporain
Né en 1987 à Tamale (Ghana), Ibrahim Mahama s’est imposé en quelques années sur la scène artistique internationale. À partir du 22 octobre prochain, il pose ses bagages dans les neuf espaces de la Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris Centre), accompagné de neuf artistes et collectifs. « Le temps des récoltes », première exposition française d’ampleur consacrée à son travail, nous donne l'occasion de découvrir ses œuvres, dont certaines spécialement conçues pour le lieu, et le cœur de son travail : l'exploration des héritages coloniaux et post-coloniaux, notamment l’histoire industrielle et commerciale de son pays. Une démarche qui lui permet de questionner la transmission des savoir-faire, la préservation du patrimoine et le devoir de mémoire.
« La Source de la Loire et autres films. Rose Lowder », au Palais de Tokyo
Cap sur le Palais de Tokyo (16e) qui nous embarque dans l'œuvre de la cinéaste Rose Lowder, rarement présentée dans le cadre d’expositions. Et pourtant, depuis les années 1970, son regard sur la nature, qu'elle filme avec une caméra 16 millimètres dans un jeu de mouvements et de superpositions, met en lumière de nombreux sites où la biodiversité est préservée. En suivant la trame de son long-métrage La Source de la Loire, tourné sur le Mont Gerbier-de-Jonc, le parcours nous entraîne dans son cinéma agricole, rythmé par un flux d'images rapides. Mais aussi dans ses autres « bouquets d’images » filmés depuis des fermes et propriétés biologiques, majoritairement situées dans le Sud de la France.
« Monet, peindre le temps », au musée de l’Orangerie
Une énième expo sur Monet et sa peinture en plein air ? Oui, mais pas vraiment. À l’occasion du centenaire de sa mort, le musée de l’Orangerie (Paris Centre) se penche sur son rapport au temps, traduit par ses coups de pinceau. Si les années 1870 voient émerger le courant impressionniste, vingt ans plus tard, en réalisant des séries telles que Les cathédrales, Les peupliers mais aussi les Nymphéas, Monet révèle une démarche proche de la dissection du temps. Une voie que le parcours examine à travers le prisme des transformations du XIXe, notamment la révolution des transports et la multiplication des horloges dans l’espace public, qui ont radicalement changé la perception du temps.
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