Connaissez-vous l’histoire des amants maudits, Héloïse et Abélard ?

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Mise à jour le 05/05/2026

La tombe d'Héloïse et d'Abélard au cimetière du Père Lachaise.
Parmi les tombes les plus visitées du Père-Lachaise, celle d’Héloïse et Abélard fascine toujours. Si leurs statues sont bien préservées, le monument va être restauré. L’occasion pour Benoît Gallot, le conservateur du cimetière, de nous raconter la folle histoire de ces amants mythiques du XIIe siècle, souvent comparés à Roméo et Juliette.
Aux pieds des sculptures funéraires représentant Héloïse et Abélard sont déposés des lettres dans toutes les langues, des cartes postales, des fleurs et même des bijoux. Depuis 1817, des fans de leur histoire viennent y faire des souhaits de bonheur ou y rêver d’amour. Ce sont eux qui forment le couple le plus célèbre de Paris.

L’histoire d’un amour impossible

Nous sommes au XIIe siècle, sur l’île Saint-Louis, à Paris. Héloïse a 17 ans. C’est une jeune femme extrêmement brillante. Son oncle Fulbert remarque ses aptitudes et veut parfaire son éducation. Il la confie à Abélard, un homme de dix ans son aîné, professeur réputé, d’une érudition sans limites. Entre les deux, l’étincelle est immédiate et la passion les gagne. Au grand dam de leur entourage qui refuse le mariage des deux amants.
Ils décident de fuir pour s’unir, mais ils sont rattrapés par l’oncle d’Héloïse qui somme d’émasculer Abélard. Effondrés, ils rentreront dans les ordres. Tout au long de leur vie, le couple ne cessera de s’écrire de longues et ardentes lettres d’amour, allant jusqu’à se promettre d’être enterré ensemble.

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Le saviez-vous ?
Réalisé en 1817, le transfert du tombeau des amants au cimetière du Père-Lachaise fut une sorte « d’opération marketing » de la part des autorités parisiennes. Ceci dans le but de convaincre les habitants de fréquenter ce nouveau lieu, créé en 1804 en dehors des limites de la ville, mais boudé par les Parisiens. Et ça marche : la fréquentation augmentera tellement que le cimetière sera agrandi cinq fois jusqu’en 1850. Et le succès ne se dément toujours pas.

Des restaurations programmées par la Ville

En fonction du coût des opérations et de la taille des monuments, six à dix tombes sont restaurées chaque année. L’initiative est prise par le service des cimetières qui travaille sur des caveaux, propriétés de la Ville de Paris. Il peut s’agir de la tombe d’une célébrité, mais aussi d’un mausolée présentant un caractère artistique significatif. Ponctuellement, des sépultures d’anonymes sont également rénovées au regard de leur ancienneté ou pour des raisons de sécurisation du site.
Le choix est guidé par l’urgence des travaux à réaliser sur les monuments. Et il est effectué par le directeur de la cellule patrimoine du service des cimetières parisiens de la Ville de Paris. Celui-ci documente, protège ou valorise les quelques 690 000 sépultures réparties dans les vingt cimetières de la Ville (lire notre article).
La dernière célèbre tombe rénovée par la Ville fut celle du compositeur français Georges Bizet, située au Père-Lachaise. La restauration a eu lieu en 2025, à l’occasion des 150 ans de sa disparition.
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