La natation artistique s’écrit aussi au masculin !

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Mise à jour le 12/03/2026

Quatre nageurs font une figure de natation artistique
Du 27 au 29 mars, la piscine Georges-Vallerey accueille la Coupe du monde de natation artistique. Cette discipline spectaculaire, qui mêle grâce et acrobaties, séduit un nombre croissant de pratiquants, les femmes comme les hommes. Immersion lors d’un entraînement du club Paris Aquatique.
Un lundi soir à la piscine Georges-Vallerey (20e), huit nageurs, pince-nez et lunettes bien en place, se mettent en formation, prennent une grande inspiration, puis disparaissent sous l’eau. Quelques secondes plus tard, leurs jambes fusent à la verticale. « 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 », Nawal, la coach, bat le rythme du ballet. Et elle exige de la précision et de la grâce : pas question qu’elle reçoive des éclaboussures…
« Recommence ta godille », lance-t-elle à Rodolphe, l’un des membres de la formation. Un garçon ? Oui, à Paris Aquatique, la natation artistique, sport exigeant qui combine des éléments de gymnastique, de danse et de natation, n’est plus une affaire de femmes depuis longtemps. En matière de mixité, le club est précurseur : les premiers nageurs ont intégré l’équipe dès 1998 !

99 licenciés… dont 19 hommes

Aujourd’hui, la section de natation artistique de Paris Aquatique, c’est 99 licenciés, dont 19 hommes. Les sportifs de tous les âges (18 ans et plus) sont accueillis sans discrimination, dans ce club affilié à la Fédération française de natation (FFN) et à la Fédération Sportive LGBT+. Seuls prérequis ? Avoir une aisance dans l’eau et vouloir donner le meilleur de soi-même le temps d’un solo, d’un duo ou d’un ballet. Car, même si on pratique ici en amateur, le niveau Masters amène à participer à de nombreuses compétitions.
L’équipe B, coachée par Nawal et Sarah, répète depuis déjà six mois le ballet qui sera présenté aux Brussels Open Masters, du 10 au 12 avril prochain. « On a imaginé ensemble un thème – la dualité – et choisi une musique, puis j’ai conçu une chorégraphie de 3 minutes 30 que l’on apprend d’abord “à sec”, en mimant les gestes hors de l’eau, puis en pratiquant les figures dans le bassin. » Selon elle, ce sport se rapproche de la danse classique, par sa précision et ses prouesses physiques, mais aussi du patinage artistique. « Avec des difficultés en plus, comme tenir une apnée ou savoir se repérer dans l’espace quand on a la tête en bas ! »

Des garçons pas forcément plus forts

Quelles compétences doit développer un bon nageur ou une bonne nageuse ? « Le gainage, avant tout ! La souplesse aussi, l’endurance, le sens du rythme », liste Nawal. Et les exigences sont les mêmes pour les hommes et pour les femmes. « Les garçons sont souvent piliers lors des portés, mais ils ne sont pas forcément plus forts dans les jambes qu’une fille ayant commencé enfant », sourit-elle.
« Derrière l’aspect spectaculaire des ballets se cache un travail minutieux », confirme Antoine, 34 ans, qui s’est mis à la natation artistique « par curiosité » en 2022 et est immédiatement devenu accro à ce sport qu’il trouve « très intense, très complet ». Il s’entraîne à présent deux fois par semaine. Ce soir, au son de la sono diffusée sous l’eau, il répète encore et encore une chorégraphie qu’il exécute depuis deux ans. « Je veux la perfectionner pour être au niveau pour la compétition. »

Un ballet synchronisé au millimètre près

Rodolphe, 38 ans, s’était lassé de la natation course. Son premier cours de « synchro » a été « une révélation ». Il apprécie son esprit d’équipe, loin de l’individualisme des lignes d’eau, et son aspect créatif. Et pourtant, hors du bassin, le trentenaire ne se sent pas bon danseur… « J’ai aussi découvert tout le côté paillettes et maquillage. Cela fait partie de la préparation et de la montée en pression lors des compétitions. »
En plus du ballet à huit, Samy prépare, quant à lui, un solo pour les Brussels Open Masters. Il s’est inscrit à Paris Aquatique en 2018 et s’entraîne cinq heures par semaine : « Cinq heures feel good ! », précise-t-il. Il lui a quand même fallu « s’accrocher les deux premières années » avant d’être à l’aise dans les mouvements sous l’eau et savoir maîtriser le ballet leg, les poussées rétro, les vrilles… Ce qui lui plaît le plus ? Retrouver le groupe et se motiver les uns les autres. « On n’est pas en concurrence, on donne le meilleur de nous-mêmes pour présenter un ballet synchronisé au millimètre près. »

Un sport masculin comme un autre

Quand ils parlent de leur pratique autour d’eux, les trois nageurs n’ont que « des réactions positives et curieuses ». Enfant, Rodolphe accompagnait sa sœur à ses compétitions de natation artistique et regrettait de ne pouvoir participer. Aujourd’hui, il s’occupe des inscriptions à Paris Aquatique et encourage d’autres nageurs à s’y mettre. « Depuis les Jeux de Paris 2024, les hommes sont autorisés à concourir au programme par équipes. C’est déjà un grand pas. À la Coupe du monde, fin mars, ils seront présents en équipes, mais aussi en duo mixte et en solo ! Plus il y aura de visibilité et plus cela amènera des garçons à s’inscrire dans les clubs. » Jusqu’à ce que la mixité en natation artistique devienne une banalité.
Coupe du monde de natation artistique à la piscine Georges Vallerey
Piscine Georges Vallerey - 148 Av. Gambetta, Paris 20e
Du vendredi 27 mars 2026 au dimanche 29 mars 2026
Piscine Georges-Vallerey
148, avenue Gambetta
75020 PARIS
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