Au
lendemain de la Première Guerre mondiale, de nombreux écrivains américains
affluèrent à Paris. Parmi ces quelque 200 artistes figuraient des jeunes qui
accédèrent ensuite à la notoriété, ainsi Ernest Hemingway, Scott Fitzgerald,
Henry Miller, John Dos Passos, Ezra Pound, Anaïs Nin… Ce groupe fut nommé la
"génération perdue". Cette perte était subie par les États-Unis que
tous critiquaient plus ou moins. Ils reprochaient à leur patrie sa jeunesse vue
comme un facteur de superficialité culturelle, son matérialisme, son
intolérance synonyme d'ordre moral, son puritanisme, son racisme dans le cas
des noirs victimes de la ségrégation.
Tous
les écrivains américains se réjouissaient de trouver à Paris les témoignages
d'un passé prestigieux, une vie artistique et littéraire intense, une grande
liberté en matière d'idées et de mœurs, liberté dont ils jouirent parfois
jusqu'à la licence et à d'audacieuses transgressions. Ils entretinrent une très
riche vie de relations dans les cafés de Montparnasse, les rues du Quartier
latin, les librairies comme Shakespeare and Compagny de Sylvia Beach, les
salons tels ceux de Natalie Barney et de Gertrude Stein. Ils trouvèrent à Paris
des sources d'inspiration originales, définirent de nouvelles manières
d'écrire, prirent conscience de leur identité profonde. Pour chacun l'exil se
révéla fondateur.