Jagna Ciuchta avec Aïcha et Sheila Atala, Miriam Cahn, Patty Chang, Arnaud Cousin, Chloé Dugit-Gros, Allal El Karmoudi, Fadma El Karmoudi, Karima El Karmoudi, Nan Goldin, Nancy Holt, Marta Huba, Suzanne Husky, Graciela Iturbide, Janka Patocka, Samir Ramdani, Martha Salimbeni, Alina Szapocznikow, Dorothea Tanning, Eden Tinto Collins, T. Venkanna
Du 17 septembre au 27 novembre
Vernissage le jeudi 16 septembre, de 18h à 22h
Depuis 2011, le travail de Jagna Ciuchta s’amplifie et se complexifie par l’invitation à d’autres artistes au cœur de sa propre pratique. Sous la forme d’expositions collectives, sa pratique évolutive est un vecteur de relations affectives et esthétiques indissociable de sa dimension économique, de son rapport à l’institution et à son milieu. Animée par un souci d’autonomie pratique, symbolique, esthétique vis-à-vis du cadre institutionnel, Jagna Ciuchta définit ses propres outils de monstration et de documentation. Ses œuvres mettent en scène la confusion des registres réels ou fantasmés, des espaces intérieur et extérieur, de soi et des autres dans une forme d’hospitalité radicale. À travers le motif de l’incorporation d’œuvres immergées dans ses scénographies ou ses photographies, Jagna Ciuchta disparaît derrière la figure du commissaire – elle parle de « naive curating » – en jouant avec les marges de l’institution qui l’accueille. Son hospitalité, chargée d’un certain érotisme au sens d’un désir de contact, d’enveloppement voire d’absorption, conduit à une forme d’effacement de soi, de glissement continu, d’instabilité des formes. Jagna Ciuchta fait évoluer ses dispositifs, réorganisant continuellement l’accrochage des œuvres, transformant sa scénographie qui bat de son propre rythme, de son ouverture à sa fermeture. D’un autre point de vue, comme en témoigne la forte présence plastique de sa scénographie, les artistes invité.es sont tout autant contenu.es en elle, assimilé.es, voire digéré.es par sa composition. S’exprime alors la toute-puissance de l’artiste, ses choix arbitraires, affectifs, sa capacité à créer d’autres systèmes de valeurs, d’agir autrement que ne le ferait un.e curateur.rice, en pleine conscience des risques de cannibalisation réciproque inhérents à l’accueil ou au désir de l’autre. L’œuvre de Jagna Ciuchta se tient dans la tension entre ces deux polarités.
Cette exposition est coproduite avec le centre d’art image/imatge, Orthez, où s’est déployé un premier chapitre du 11 juin au 28 août 2021.
Elle bénéficie du soutien de la Collection Antoine de Galbert pour le prêt des œuvres de Miriam Cahn, Patty Chang, Graciela Iturbide, Dorothea Tanning et T. Venkanna,
du Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur pour le prêt de l’œuvre de Nan Goldin,
de la galerie Loevenbruck et Piotr Stanislawski pour le prêt de l’œuvre d’Alina Szapocznikow,
de Electronic Arts Intermix et du 49 Nord 6 Est - Frac Lorraine pour l’œuvre de Nancy Holt
de la boutique oeufs-de-yoni.com pour l’œuvre de Marta Huba.