Catherine Marie-Agnès de Saint-Phalle, dite Niki de
Saint-Phalle, est née à Neuilly-sur-Seine en 1930.
Elle vit un drame familial très profond à l'âge de 11 ans seulement, qu'elle
cachera pendant très longtemps, mais ce qui forgera très nettement son identité
et bouscule durablement et violemment ses codes.
D'abord mannequin, puis épouse et mère de famille très jeune, elle fait une
très grave dépression, peu de temps après avoir commencé à peindre, et c'est
justement l'art qui va lui permettre d'exprimer, d'expulser toute cette
violence qu'elle possède au fond d'elle.
Rattachée au groupe des Nouveaux Réalistes et de l'école de Nice, elle va
connaître un succès international grâce à ses tirs célèbres, puis à sa série
sur les Mariées , où elle n'hésite pas à provoquer, voire à dénoncer les excès
et les travers des sociétés trop ancrées dans le patriarcat.
C'est en 1966 avec la « Hon », et ses
Nanas renommées, au milieu de sa vie, qu'elle va prendre un tournant et
proposer une sorte de réflexion sur la société , moins dure, moins violente,
mais toujours en provocation ; elle est aussi l'une des premières à se
mettre au-devant de la scène, un peu comme un WARHOL au féminin.
Petit à petit, grâce notamment à la sculpture, elle va réaliser un véritable
parcours initiatique, la conduisant , tel un cheminement intérieur mais
également artistique très dense, peu à peu vers une forme de rédemption, à
l'image de l'un de ses derniers immenses travaux, qui l'occupera pendant près
de 20 années, très spirituel et très influencé par l'oeuvre de GAUDI, :
« le jardin des Tarots »…