Parhistoire répond à vos questions sur le patrimoine et l'histoire de Paris

Vous vous interrogez sur les lieux, les monuments, les événements et les figures de l’histoire de Paris ? Parhistoire vous apporte selon les cas une réponse précise ou des pistes documentaires et bibliographiques. 

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Et retrouvez ci-dessous dans notre Foire aux questions une sélection des demandes des internautes.

Quartiers, rues et urbanisme

Pourquoi le Conseil de Paris a-t-il décidé en 1949 de donner le nom de "Place de Rio" au carrefour formé par les rues de Monceau et de Lisbonne et les avenues Ruysdael et de Messine ?

Nous avons consulté le Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris : débats des assemblées de la ville… du 18janvier 1949.

Lors de la séance du conseil municipal du 30-31 décembre 1948, Henri Vergnolle, rapporteur de la 3è commission, dans le cadre de la dénomination des voies publiques, donne la raison de cette décision : « Nous avons été saisis à diverses reprises par des représentants autorisés du Brésil, et en particulier par l’ambassadeur brésilien ainsi que par notre ambassadeur à Rio-de-Janeiro, d’une proposition tendant à donner le nom de cette capitale à une voie parisienne. La pétition qui nous est adressée fait ressortir que la plus belle place de Rio-de-Janeiro est la « place de Paris », mais on ne nous demande pas la réciprocité car il serait difficile de changer le nom de la place de la Concorde, celui de la place Vendôme ou celui de la place de l’Etoile. Nous avons choisi une belle place dans un beau quartier de Paris : le carrefour formé par les rues de Monceau et de Lisbonne et les avenues Ruysdaël et de Messine et nous nous proposons de lui donner le nom de la capitale du Brésil… »

L’approbation du conseil est générale : « Très bien ! Très bien ! » et la dénomination de cette place du VIIIe arrondissement de Paris est fixée par l’arrêté du 8 avril 1949 (selon la "Nomenclature officielle des voies publiques et privées").

Signalons qu’en 1949 Rio-de-Janeiro était en effet encore la capitale du Brésil, et ce jusqu’en 1960, lorsqu’elle est remplacée par Brasilia. Depuis cette date cette grande métropole prestigieuse est la capitale d’un Etat du Brésil.

Quelle est l'origine du nom du quartier de La Chapelle ?

Le nom du quartier de La Chapelle trouve son origine dans le nom de la commune de La Chapelle Saint-Denis, qui a été annexée à Paris en 1860, comme bien d’autres bourgades de la périphérie (Charonne, Belleville, etc.).

Le village de La Chapelle Saint-Denis date du Moyen Âge, probablement du 11e siècle, et doit son nom à une chapelle qui était dédiée à Sainte-Geneviève et se trouvait sur le chemin de Paris à l’abbaye de Saint-Denis (Sainte-Geneviève au Ve siècle s’arrêtait dit-on à une chapelle ou oratoire quand elle se rendait sur le tombeau de Saint-Denis).

Le village s’est appelé alternativement jusqu’au 18e siècle « La Chapelle Sainte Geneviève » et « La Chapelle Saint Denis ». Comme le village dépendait de la justice ou bailliage de l’abbaye de Saint-Denis, ce dernier nom est resté…

Les sources utilisées :

Histoire et dictionnaire de Paris / par Alfred Fierro,...

Histoire des communes annexées à Paris en 1859 / par M. Lucien Lambeau ; publiée sous les auspices du Conseil général ; préfecture de la Seine, direction des affaires départementales

Quelle est l'origine du nom "quai de la Rapée" dans le 12e arrondissement ?

Selon la « Nomenclature des voies publiques et privées, avec la date des actes officiels les concernant » / Ville de Paris (éd. 1881), ce quai du 12e arrondissement « doit son nom à une maison de plaisance construite pour M. de La Rapée, commissaire général des troupes (XVIIIe siècle) ».

Dans Paris : dictionnaire du nom des rues / Jean-Marie Cassagne, on lit que le nom viendrait en effet de ce commissaire des guerres de Louis XV qui avait fait bâtir une maison de plaisance à cet endroit… Mais une autre explication séduisante y est avancée : « rapée » serait un ancien mot désignant un « petit lieu d’accostage provisoire » pour les bateaux en attente de pouvoir gagner un quai de débarquement.

Quelle est l'origine du nom "impasse de Valmy", donnant sur la rue du Bac, qui a remplacé l'ancienne dénomination, "impasse de Pellechet" ? A quelle date ce changement a-t-il eu lieu ?

On lit dans le Dictionnaire historique des rues de Paris / Jacques Hillairet : « le nom de cette allée rappelle que Kellermann, duc de Valmy, a occupé un hôtel voisin (244 boulevard Saint –Germain) ; cette allée servait alors de sortie de dégagement à ses équipages. »

Explication confirmée dans Vie et histoire du VIIe arrondissement : Saint-Thomas d'Aquin, Invalides, École militaire, Gros Caillou... / Brigitte Gournay, Colette Lamy-Lassalle,... et Diane Baude : « Cette impasse privée située 40 rue du Bac, servait de sortie aux équipages du duc de Valmy lorsqu’il habitait, entre 1812 et 1820, l’hôtel du 244, boulevard Saint-Germain. François Kellermann (1735-1820) […] Maréchal en 1804, duc de Valmy en 1808 […] se rallia aux Bourbons en 1814. »

Contrairement au « Quai de Valmy » dont la dénomination est bien marquée et date de 1830 et qui commémore directement la bataille de 1792 (Louis-Philippe et la Monarchie de Juillet célébrant volontiers les victoires révolutionnaires de Valmy et Jemmapes où combattit le futur Roi des Français), le nom de l’impasse est donc lié à la présence de l’hôtel des Kellermann, ducs de Valmy, sous l’Empire et la Restauration. Le nom de Valmy, remplaçant le nom d’un ancien propriétaire, Pellechet, semble s’être imposé de fait.

Une certitude cependant : l’impasse Valmy Pellechet apparaît, au 40 rue du Bac, sur un document officiel : le plan parcellaire d’une partie du quartier Saint-Thomas d’Aquin, datant d’après 1860, et consultable en ligne sur le site des Archives de Paris.

Je suis à la recherche de documents historiques racontant la genèse du 19eme arrondissement : origine des différents quartiers, des habitants, des industries ?

Le catalogue commun des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris signale de nombreux ouvrages et autres documents sur le sujet qui vous intéresse : les origines et le développement du 19e arrondissement, l’évolution de la composition de la population et des activités. La Bibliothèque de l’Hôtel de Ville et la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris notamment, conservent nombre de documents : livres, articles, iconographie (photographies anciennes, etc.).

Parmi ces derniers, vous pouvez commencer par Vie et histoire du XIXe arrondissement : Villette, Pont de Flandre, Amérique, Combat... / Alfred Fierro,... ; Paris-atlas / Texte par Fernand Bournon,... ; ou Histoire des communes annexées à Paris en 1859 / par M. Lucien Lambeau…

Pour résumer, le futur 19e arrondissement de Paris (il le devient en 1860) est d’abord une zone rurale à l’extérieur de la ville, avec pour principal village La Villette, voisin du village de Belleville. La Villette est sous l’Ancien Régime un village-rue qui s’étend le long de la route qui mène de la capitale vers le nord et la Flandre (d’où le nom de la rue de Flandre). L’environnement rural est alors couvert de vignes, de vergers, de potagers. Des cabarets, auberges puis guinguettes s’installent le long de cette route commerciale, et des moulins à vent se multiplient sur les hauteurs.

Au 19e siècle, les moulins disparaissent, les espaces ruraux reculent ; l’urbanisation, les industries et les transports se développent : bateaux à partir du bassin de La Villette vers Meaux, transports en commun de la ligne Paris-Pantin… La Villette devient un entrepôt des produits venus du nord de la France vers Paris. L’annexion haussmannienne de 1860 fait entrer dans Paris le tout nouveau 19e arrondissement et accélère le processus d’urbanisation et d’industrialisation : création de l’abattoir de La Villette, du marché aux bestiaux ; développement de la batellerie sur le canal de l’Ourcq, de la zone portuaire fluviale, des sociétés de transport, des entrepôts, des firmes industrielles (raffinement du sucre), etc. En 1881, le 19e arrondissement est celui qui compte la plus forte proportion d’ouvriers de Paris (80 %), souvent impliqués dans les révolutions parisiennes successives.

Au XXe siècle l’essor industriel se poursuit, avec notamment l’allongement des installations portuaires le long du canal de l’Ourcq. Les immigrés pauvres de l’époque s’installent en grand nombre.

Bien sûr nous vous invitons à découvrir ces documents, car le sujet est vaste et passionnant.

Merci de bien vouloir m'indiquer le nom actuel de la rue Richard à Paris

Il n'existe pas de rue « Richard » dans les nomenclatures du XIXe que nous avons consultées : celle de 1835, ou celle de 1855 ; si votre recherche porte sur une période antérieure, merci de le préciser. Après ces dates, la rue à laquelle vous faites allusion peut être l'impasse Richard (XVe), ou le passage Richard (XVIIe), qui tous deux doivent leur nom à un propriétaire portant ce patronyme. Il existe aussi une rue Emile-Richard (XIVe), qui porte ce nom depuis sa création en 1980, mais a été nommée rue Gassendi entre 1897 et 1905. Enfin, il existe bien entendu différentes voies comportant le prénom « Richard » (Richard Baret, Richard de Coudenhove-Kalergi, Richard Lenoir€¦). Nous vous encourageons à consulter Nomenclature des rues de Paris ; ou à consulter les dictionnaires de rues disponibles dans les bibliothèques spécialisées ou de prêt de la Ville de Paris, en particulier Jacques Hillairet, « Dictionnaire historique des rues de Paris », Paris, 1997.

Ma question portera sur l'histoire du nom des voies de Paris ou plus précisément sur les règles d'appellation des voies. On dit et on écrit "rue Balzac" (étymologie : Honoré DE Balzac), "rue Lamartine" (étymologie : Alphonse DE Lamartine), pont Mirabeau (étymologie : Honoré-Gabriel Riqueti DE Mirabeau), etc. Rien que de normal. En revanche, on dit et on écrit "avenue DE Laumière" (étymologie : le général DE Laumière), "quai Conti" ou "quai DE Conti" (étymologie : le prince DE Conti), "pont DE Sully" ou "pont Sully" (étymologie : le duc DE Sully), etc. Quelle est donc la règle pour les appellations des voies ? 

La règle est de se caler sur l'usage de la langue en fait de particules, qui veut par exemple que l'on dise « M. de Balzac » mais « Balzac », et que la rue en question soit donc la « rue Balzac ». A l'inverse, parce qu'on dit « Du Sommerad » et non « Sommerard », la rue en question est la « rue Du Sommerard » (avec majuscule à D). Pareillement on dit la « rue La Condamine », et non pas « de la Condamine », bien qu'elle soit nommée d'après l'explorateur et scientifique Charles Marie de la Condamine. Dans tous les cas, la leçon qui vaut est celle adoptée dans « Nomenclature officielle des voies publiques et privées » de la Ville de Paris, que vous trouverez au catalogue des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris ou en ligne : Nomenclature des rues de Paris. 

Pourquoi dit-on la rue des Martyrs ?

La rue des Martyrs est nommée ainsi, depuis le XVIIIe siècle, parce qu'elle dessert Montmartre, dont une des étymologies possibles est « mont des martyrs » (même si en réalité d'autres étymologies ont été avancées, comme « Mont de Mars ». Vous trouverez les données relatives à la rue des Martyrs sur la Nomenclature en ligne des rues de Paris. Vous pouvez aussi vous reporter à un ouvrage comme le « Dictionnaire historique des rues de Paris » de Jacques Hillairet (Minuit, 1963), accessible dans plusieurs bibliothèques de prêt de la Ville (accès au catalogue), ou l'« Histoire de Paris rue par rue, maison par maison », de Charles Lefeuve (1875) consultable dans les bibliothèques spécialisées de la Ville.

Combien compte-t-on de parcelles cadastrales à paris ?

Le nombre de parcelles cadastrales à Paris est de l'ordre de 70.000. Sur ce sujet, nous vous recommandons la consultation de l'étude de l'Atelier parisien d'urbanisme (http://www.apur.org/">APUR) à laquelle vous pourrez accéder au lien suivant. Vous pouvez approfondir vos recherches dans ce domaine avec différents outils, à commencer par le site national du cadastre bien entendu, doté de son moteur de recherche, mais aussi aux Archives de Paris où vous trouverez la liste des ressources en la matière. Nous vous signalons aussi en annexe d'une étude d'Association des Etudes Foncières une liste de sources cadastrales, à ce lien (Cf. p. 88). Signalons enfin, sur un site amateur, un dénombrement des parcelles par département, accessible à ce lien.

Pouvez vous me dire quand fut percée la rue Yvonne Le Tac dans le 18° arrondissement ?

La rue Yvonne Le Tac porte ce nom depuis 1968 en hommage à cette institutrice puis directrice de l’école située au n° 7 de la rue, résistante et déportée. Appelée rue Marie-Antoinette, elle devient rue Antoinette en 1879 : c’est le prénom de l’épouse du propriétaire, François Sergent, qui est à l’origine de l’ouverture de la voie.

Cette ouverture date de 1843-1844, sous Louis-Philippe. Vous pouvez consulter sur Gallica l’une des sources, Recueil des lettres patentes, ordonnances royales, décrets et arrêtés préfectoraux concernant les voies publiques / ville de Paris ; dressé sous la direction de M. Alphand,... ; par MM. A. Deville,... Hochereau,...

Evénements, périodes et personnages historiques

Un centre culturel et sportif dans le 9e arrondissement porte le nom de Paul Valeyre. Il s'agirait d'un enseignant du quartier qui aurait été résistant pendant la seconde guerre mondiale. Pouvez-vous m'apporter d'autres informations sur sa vie ? Savez-vous pourquoi il a été choisi pour donner son nom à une bibliothèque municipale et un centre sportif ?

Dans le guide «Trudaine-Rochechouart : 9è arr. dans tous ses éclats » / Mairie de Paris ; Mairie du neuvième arrondissement (conservé à la BHVP, et accessible en ligne ici), on peut lire les précisions suivantes :

« Au 22, c’est au centre Valeyre que l’on peut profiter de la piscine, de la bibliothèque, de la cédéthèque et du gymnase. […]. Au XIXe siècle, les pianos Pleyel occupaient cet espace qui résonnait des sons les plus puissants. Sous la houlette de l’architecte Marcel Chappey, grand prix de Rome, ce centre a été bâti sur un terrain de 3 250 m2. La première rentrée scolaire s’est faite en1969, soit quelques mois avant l’inauguration officielle du lieu, le 12 avril 1970 ».

Et dans un encadré :

« Chef de bataillon, Paul Valeyre est mort pour la France en juin 1940 la France en juin 1940.

Inutile de chercher une plaque commémorative à l’entrée, sur un mur ou au sol. Étrangement, il n’y en a pas ! Réparons vite cet oubli. Ce centre qui associe études et loisirs honore la mémoire de Paul Valeyre, directeur de 1937 à 1939 du cours complémentaire de la rue Milton, aujourd’hui collège Gauguin ».

Par ailleurs, on peut lire dans Le Vieux Montmartre. Société d'histoire et d'archéologie des IXe et XVIIIe arrondissements... Bulletin mensuel, décembre 1946 Éd : Société d'histoire et d'archéologie des IXe et XVIIIe arrondissements (Paris) : Société d'histoire et d'archéologie Le Vieux Montmartre (Paris), accessible en ligne sur Gallica :

« Le 22 juin dernier [1946] a été solennellement inaugurée , dans le préau de l’école de la rue Milton, une plaque commémorative à la mémoire du regretté et héroïque Paul Valeyre, chef d’escadron d’artillerie, ancien directeur de cette école et membre du « Vieux Montmartre », tombé au champ d’honneur en Alsace, le 22 juin 1940… »

Autre élément enfin, dans le journal Paris-soir, 16 avril 1943, édité sous l’Occupation, on peut lire :

« Aujourd’hui, à 11h, sur l’emplacement de l’ancienne salle Pleyel, rue Rochechouart, le colonel Floquet, maire du IXe arrondissement, a inauguré […] le premier terrain de sports situé en plein centre de Paris, le stade Paul Valeyre. »

Ce stade est donc l’ « ancêtre » du centre d’animation actuel rue Rochechouart, honorant dès la période de l’Occupation Paul Valeyre (comme le fait la bibliothèque) qui n’est donc pas un résistant, mais bien un soldat de l’armée de 1940 tué à la fin de la campagne le 22 juin.

Où les Allemands ont-ils signé la reddition de Paris vers le 24 août 1944 ?

La bataille fait rage sur internet entre les sites expliquant que la reddition a été signée dans la salle de billard de la Préfecture de police, ainsi que l'explique le site de la Fondation De Gaulle et ceux qui expliquent qu'elle a été signée gare Montparnasse dans un bureau. Il semble qu'on puisse se fier à la version retenue par l'Académie de Paris, dans sa présentation du Musée Leclerc à la gare Montparnasse, qui parle bien de la Préfecture de police.

J'aimerais savoir ce qu'est devenue la fameuse table du Café du Croissant, là où Jaurès a été assassiné ? Autrefois sous verre dans l'établissement, elle a depuis disparu... 

R Cette table a été cédée en 1938, par le Café du Croissant, à la mairie de Champigny-sur-Marne, et est en principe visible à l'hôtel de ville de cette commune. Vous trouverez ci-après un lien vers un article de journal à ce sujet, et un autre vers la revue municipale de Champigny, comportant une illustration de ladite table. Cet élément de mobilier est classé monument historique depuis 1988. Il a été exposé lors de l'exposition des Archives nationales qui s'est tenue du 5 mars au 2 juin 2014 (prolongation jusqu'au 7 juillet) et qui a fait l'objet du catalogue « Jaurès, une vie pour l'humanité », un ouvrage que vous pourrez consulter dans les bibliothèques de la Ville : bibliothèques spécialisées.

Quelle était la date exacte de la fête de fermeture des Halles en 1969 ?

L’INA répond à cette question : voir le lien vers une séquence filmée de la dernière nuit aux Halles : http://www.ina.fr/video/I08179368/derniere-nuit-aux-halles-et-demenagement-video.html. La fête eut donc lieu le 6 mars 1969.

Combien de morts par la famine furent occasionnées par la Commune ?

En fait, la famine a frappé Paris pendant le premier siège, celui qui a vu les Prussiens assiéger Paris du 18 septembre 1870 au 28 février 1871, en plein hiver. Dans La Nouvelle Histoire de Paris : de Trochu à Thiers / S. Rials, comme dans L’Histoire et Dictionnaire de Paris / Fierro, les chiffres proposés sont : 3000 morts directement au combat (et 10 000 morts à l’hôpital, sans doute à ajouter), une centaine du fait des bombardements, et surtout 64 000 civils morts de famine et/ou de maladie et/ou de froid (soit 3 fois plus que la mortalité « normale », autour de 22 000). Il est difficile de faire la part de la seule famine, les corps affaiblis étant plus vulnérables aux maladies et au froid. Après l’armistice avec les Prussiens le 28 février 1871, Paris a pu être ravitaillée, et les deux mois de la Commune, qui correspondent au second siège (18 mars -28 mai 1871) ne donnent pas lieu au retour de la famine. Si Paris a cédé à la faim face aux Prussiens lors du premier siège, ce n’est pas la faim qui est venue à bout des Communards, mais bien l’assaut final de l’Armée gouvernementale au cours de la « Semaine sanglante » à l’issue du second siège.

Je cherche des informations récentes suites aux fouilles organisées par l'INRAP dans l'Ile de la Cité. Sauriez-vous me dire s'il y a une réponse "officielle" sur la localisation de l'Oppidum des Parisii ? Ile de la Cité ? Nanterre ?

Les recherches ont jusqu'à présent conduit à considérer le site de Nanterre, dans la boucle de la Seine, comme emplacement de l'oppidum de la nation gauloise des Parisii. Le Département de l'histoire de l'architecture et d'archéologie de Paris, membre de Parhistoire, nous confirme qu'il n'y a rien eu de nouveau dans ce domaine depuis 2013 (fouilles dans l'Ile de la Cité). Nous vous suggérons de consulter également le service régional de la DRAC Paris à l'url suivant : http://www.culturecommunication.gouv.fr/Regions/Drac-Ile-de-France/PATRIMOINES-ARCHITECTURE/Archeologie-Preventive

Sur le site: paris 1914-1918, le quotidien des parisiens pendant la grande guerre, on peut lire que 367 obus tirés par la "grosse Bertha" atteignent l'agglomération de Paris. Or, la carte illustrant l'article indique 183 points d'impact. Que signifie la différence ? Que sont devenus les obus sans points d'impact?

Sur cette question de la « Grosse Bertha », en fait « Parisener Kanone » pour les Allemands, vous avez un excellent article de la Revue historique des armées, n° 253 : « La Grosse Bertha des Parisien : Historique d’une arme de légende » / Alain Huyon.

Voilà ce qui est dit dans le paragraphe sur le bilan des tirs du Parisener Kanone :

« En 46 jours de tirs, 367 obus ont atteint la capitale et sa banlieue, selon la préfecture de police de Paris. Eisgruber n’en annonce que 320 ; un autre auteur : 400 obus tirés mais seulement 367 impacts. Que sont devenus les autres ? Si les dégâts matériels sont restés relativement limités, sauf à l’église Saint-Gervais dont il sera question ci-après, les pertes humaines n’ont rien d’insignifiant. Dès le premier jour de tirs (23 mars 1918), 18 obus sont tombés sur Paris et 4 sur la banlieue causant, selon le communiqué officiel qui reste imprécis, une dizaine de morts et une quinzaine de blessés. Le 29 mars, un seul obus toucha Paris, en l’occurrence l’église Saint-Gervais pendant l’office du Vendredi-Saint, crevant la toiture et la voûte et détruisant la moitié supérieure d’un pilier. Plusieurs renseignements contradictoires ont été publiés sur le nombre de victimes pendant et après la guerre. Tenons-nous donc au libellé du monument commémoratif élevé dans l’église même : 91 tués (dont 52 femmes) et 68 blessés. Au total, on a décompté 256 morts et 620 blessés. Une carte donnant l’emplacement des points d’impact a été publiée par L’Illustration dans son numéro du 4 janvier 1919. »

Je suis allé voir dans le journal L’Illustration du 4 janvier 1919. Une carte et des chiffres sont donnés pour le bombardement de Paris par canons à longue portée : il y a bien 183 impacts (doc obus) mais à l’intérieur des limites de l’enceinte de Paris (donc la ville stricto sensu).

Avec la banlieue, c’est en tout 303 impacts qui ont alors été recensés.

L’écart des chiffres pour Paris et banlieue ensemble peut se comprendre. Les 183 points d’impacts sont les obus tombés sur Paris intra muros, les 367 incluent la banlieue (plus difficiles à comptabiliser, d’où les écarts).


Monuments

Que sont devenus les ornements des fontaines (dauphins crachant de l'eau) qui décoraient les pièces d'eau situées au centre des espaces verts qui existaient sur la place de la République avant sa transformation ?

Ces deux fontaines et leurs bassins se trouvaient en effet de part et d’autre de la statue de la République et composaient un ensemble avec elle. Elles ont été déplacées dans les jardins des Champs Elysées, situés devant le Grand et le Petit Palais dans le 8ème arrondissement, comme en témoigne une délibération du Conseil de Paris d’octobre 2014 :

« Article 1 : Sont approuvés les principes des travaux de relocalisation des dauphins des fontaines de la place de la République dans les bassins des parties « à la française » des jardins des Champs-Elysées (8ème).

Article 2 : Madame la Maire de Paris est autorisée à déposer une déclaration préalable de travaux afin de réaliser ces aménagements. »

Le projet de délibération de la Direction des Espaces Verts et de l'Environnement (DEVE) fournit des détails :

« La place de la République a été réaménagée entre 2011 et 2013. A cette occasion, les deux fontaines décoratives qui ornaient la place ont été démantelées mais les deux ensembles ornementaux en bronze constitués chacun de deux dauphins et d’une vasque centrale ont été conservés. Conformément à l’engagement pris lors de la dépose des fontaines, ces deux ensembles ornementaux vont être réinstallés, à l’emplacement de deux fontaines existantes dont la forme et le fonctionnement sont similaires. Il s’agit des deux bassins des parties « à la française » des jardins des Champs Elysées, dessinées  par Alphand en 1855 et situées devant le Grand et le Petit Palais (8ème arrondissement). Les dauphins et les vases en bronze, altérés par la pollution et le calcaire, vont être restaurés à l’identique par la Direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. Les socles, détruits lors de la démolition, vont être reconstitués par un tailleur de pierre. Les dimensions seront ajustées à celles des bassins d’accueil de façon à ce que l’eau affleure la base du socle, donnant l’impression que les dauphins émergent de l’eau afin de respecter l’intention initiale. La pierre sera la même qu’initialement, à savoir de la pierre dure de Bourgogne. Des travaux de consolidation et d’étanchéité des deux bassins d’accueil seront entrepris. Le système hydraulique de la fontaine sera recréé pour donner des effets d’eau identiques à ceux d’origine. Le coût total de l’opération est de 240.000 euros pour la DEVE. Ces travaux se limitent à l’emprise des deux bassins, ils sont sans incidence sur la configuration des jardins des Champs Elysées. Les jardins des Champs Elysées étant en site classé, le projet fera l’objet d’une déclaration préalable, conformément à l’article R 421-25 du Code de l’Urbanisme. Je vous demande de bien vouloir approuver le principe des travaux exposés ci-dessus et de m’autoriser à déposer une déclaration préalable de travaux, afin de réaliser ces aménagements dans les jardins des Champs Elysées. Je vous prie, Mesdames et Messieurs, de bien vouloir en délibérer. »

Vous pouvez aussi voir à ce sujet la page de Paris-bise-art et la page Vivre le Marais.


L'aqueduc de Marie de Medicis traversait la Seine au niveau du Pont-Neuf. Comment était intégré l'aqueduc au pont (sur la chaussée, dans une canalisation,...). Des indices de cet aqueduc sont-ils encore visibles sur le Pont-Neuf ?

Vous trouverez en pièce jointe une étude de Marie-Noëlle Baudoin-Matuszek publiée par la Ville de Paris dans l'ouvrage Montparnasse et le XIVe arrondissement (Paris, 2000) sur l'aqueduc de Marie de Médicis. Elle propose une synthèse assez complète sur cette problématique et apporte quelques éclaircissements à vos interrogations.  

L'aqueduc de Marie de Médicis était-il intégré au Pont-Neuf ? Utilisait-il le souterrain qui reliait les caves prévues à l'origine ? A quoi sert la salle ancienne sous le terre-plein mentionnée dans l'ouvrage "Montparnasse et le 14ème" ? De regard ? Il est en fait amusant de penser que le Pont-Neuf est un aqueduc sur la Seine, un petit pont du Gard parisien...

Le fait qu'il y ait un aménagement hydraulique au niveau du Pont-Neuf n'est en rien exceptionnel. Le pont Notre-Dame possédait une pompe et un système de canalisation du même type. Pour revenir au Pont-Neuf, l'eau était conduite par des canalisations en plomb, au centre, il y avait un regard (l'article n'est pas très clair à ce sujet mais la salle sous le terre-plein ne peut être qu'un regard). C'est vraiment un aménagement plutôt banal pour l'époque.

Encadrant l'arc de triomphe du Carrousel il y a deux statues assises représentant «La Paix» et «La Guerre». Pourriez-vous me dire qui sont les sculpteurs de ces deux statues ?

Ces deux statues de la Paix et de la Guerre (ou la Victoire) sont l’oeuvre du sculpteur François-Frédéric Lemot (1771-1827) et datent du Premier Empire. Elles flanquent le char triomphal (du même sculpteur) portant une statue de la Restauration (cette dernière mise en place après la chute de l’Empire)…

J’aimerais savoir s’il existe une étude ou un fascicule sur les noms gravés sur la colonne de juillet. J’aimerais surtout savoir s’il y figure des noms de femmes. Pouvez-vous m’en dira davantage ?

La liste des « citoyens morts pour la défense des lois » lors de la Révolution des Trois Glorieuses, en 1830, apparaît dans plusieurs brochures de l’époque : la « Description de la colonne de Juillet ; contenant : un précis exact de ce monument, l'intérieur et l'extérieur »... Ed. Gauthier (Paris) ou La Colonne de Juillet Ed. P.Baudouin.

Il s’agit des 504 noms des morts de 1830, sachant que leurs dépouilles se trouvent, depuis l’inauguration de la colonne en 1840, dans les caveaux situés sous le monument. On a ajouté dans cette crypte, sous la Seconde République, les révolutionnaires tués en 1848. Nous vous invitons à consulter plus particulièrement dans Gallica l’Inauguration de la colonne de juillet 1830. Programme de la cérémonie funèbre du 28 juillet 1840 et description du char funéraire Ed. H. Fournier (Paris). Ce document a le mérite de restituer la liste des combattants de 1830 tués avec leurs prénoms. Sauf erreur de notre part , il n’y a pas de prénom féminin et peu de chance que les rares « Claude » soient des femmes. Aucune allusion dans ces divers documents d’époque ne signale la moindre présence féminine dans la liste.

Savez-vous ce qu’est cet accessoire pénien sur cette statue de la Fontaine de Mars, rue Saint-Dominique dans le 7e arrondissement ?

Rien de vraiment original en réalité. La Fontaine de Mars a été érigée entre 1806 et 1808, sous l’Empire, dans le cadre d’un programme de construction napoléonien de plusieurs fontaines dans Paris. Nous sommes donc en présence d’un monument classique, le dieu de la guerre Mars est accompagné de la déesse de la santé Hygie. La seule originalité peut-être est le visage de Mars plus proche de la mode militaire de l’Empire français (moustaches et favoris du grognard) que de la représentation antique de Mars.

Il ne s’agit pas d’un quelconque étui pénien, mais plus simplement probablement d’une extrémité du baudrier (porté en écharpe et soutenant l’épée), qui vient couvrir pudiquement l’intimité du dieu de la guerre !

Voir par exemple la description générale dans une notice de l’Inventaire général des richesses d'art de la France. Paris : monuments civils. Tome 1 E. Plon et Cie (Paris) 1879-1913, portant sur la Fontaine de Mars.

Qu’est-ce qui est écrit sur le parchemin brandi par la grande statue en bronze d’Etienne Marcel qui se dresse à côté de l’Hôtel de Ville, côté Seine ? Seuls quelques mots du texte sont lisibles…

L’ensemble des ouvrages sur les statues de Paris ou les œuvres de l’Hôtel de Ville confirment que le texte relève de la Grande Ordonnance de 1357 mais sans jamais préciser l’extrait : voir l’article dans l’hebdomadaire L’Univers illustré du 14 juillet 1888 (la veille de l’inauguration) et l’article du Temps de 1885. D’autre part les photos anciennes ou récentes ne sont pas ou que partiellement lisibles. Pensant que logiquement c’était les premières lignes du préambule qui étaient reproduites, nous avons consulté un recueil des ordonnances royales conservé à la BHdV. L’ordonnance, en 61 articles, est en fait datée de mars 1356 et le début du texte correspond parfaitement à ce que l’on peut lire sur le document brandi par notre Etienne Marcel de bronze. Voici le texte, avec l’orthographe telle qu’elle est sur le recueil daté de 1732, conforme à ce qu’on devine sur la statue. Nous mettons en caractères gras ce qui apparaît sur la sculpture, le texte s’arrêtant après « assavoir » : « CHARLES ainsné Fils du Roy de France & son Lieutenant, Duc de Normandie & Dalphin de Vienne : Savoir faisons à tous présens & advenir, que comme par nostre Mandement aient esté appellez & assemblez à Paris par plusieurs foiz, & dernierement au cinquieme jour de Fevrier dernierement passé & aus jours ensuivans, les troiz Estas du Royaume de France de la Langue d’Oyl ; c’est assavoir, Arcevesques, Evesques, Abbes, Chappitres, Nobles de nostre sanc, Ducs, Comtes, Barons, Chevaliers & autres, & lezs Bourgoiz & habitans des Cités, Chasteaulz & autres bonnes villes, pour Nous donner conseil… »

Bâtiments publics

Où se situait exactement le palais de l'Empereur Julien au IVe siècle ?

l’Empereur Julien dit « l’Apostat » (331-363) parlait en effet de sa « chère Lutèce » où il aimait résider.

Dans Paris 75 / Didier Busson,... [dans la série La carte archéologique de la Gaule], inventaire des sites archéologiques de Paris (1998), on peut lire en p. 385 (chapitre sur l’Île de la Cité, période du Bas-Empire) : « A la pointe occidentale de l’île, il s’agit d’une grande construction, à notre avis de caractère militaire, que l’on appelle traditionnellement « Palais ». C’est très probablement à cet endroit qu’il faut situer le lieu de résidence impériale – connue par les textes (Ammien Marcellin) – de Julien et de Valentinien. Il s’appuyait sans doute au nord, au sud et à l’ouest sur le rempart. Pour l’instant, seul le mur de clôture oriental a été partiellement retrouvé sous la cour de Mai et dans le bâtiment de façade du Palais de Justice, ainsi qu’une fondation en quadrilatère au sud-est de ce même palais ».

Emplacement confirmé notamment dans Paris ville antique (dans la série Guides archéologiques de la France, 2001), chapitre sur l’Île de la Cité : « Implanté à la pointe occidentale de l’île, le « Palais » occupait un espace d’au moins 1 hectare. Trois de ses côtés étaient constitués par le rempart, le quatrième par unmur large de près de 1 mètre, découvert sous la cour de May. Il s’agit selon toute vraisemblance d’une construction militaire. C’est probablement là que Julien a été porté à la tête de l’Empire par ses troupes. Même si ce monument est devenu, plus tard, le palais des rois mérovingiens, puis capétiens, avant de laisser la place à l’actuel Palais de Justice, ce n’était pas un palais impérial au sens strict du terme, mais simplement un lieu de résidence provisoire pour l’empereur, soldat toujours en campagne […] La porte de ce bâtiment se trouvait vraisemblablement à l’emplacement de celle de la grille actuelle du Palais de Justice… »

Les premiers kiosques à journaux parisiens : quand et où ?

Sur cette question de l’origine des kiosques à journaux, on peut lire, dans Presse, radio et télévision en France de 1631 à nos jours / Élisabeth Cazenave, Caroline Ulmann-Mauriat. Ed. 1995 :

« Après 1860 apparaissent les pavillons octogonaux. Ces premiers kiosques à journaux remplacent les merceries, marchands de vin qui, jusque-là, vendaient les journaux »…

Cependant, un article dans La Presse, du 28 juin 1884, précise la période :

« [La Ville] a livré ses kiosques à une compagnie anonyme de publicité diurne et nocturne et cela, depuis l’année 1857 qui vit s’élever les premiers kiosques » sur la voie publique.

Et surtout, un article de Laisné dans L’Illustration du 29 août 1857 donne une réponse et des éléments plus complets (p. 144), confirmant le point de départ : août 1857, sur les Grands Boulevards. Une gravure montre l’un des premiers kiosques qui furent érigés alors, de forme octogonale. Laisné fait un récit haut en couleur des origines :

«A côté des splendeurs de l’inauguration du 15 août [1857], il s’est glissé parmi les embellissements de Paris une petit inauguration modeste et pourtant coquette, élégante et utile à la fois ; nous voulons parler des pavillons-annonces, appelés kiosques lumineux, et qu’une compagnie vient, sur autorisation de M. le sénateur préfet de police, de substituer aux hideuses baraques de marchands de journaux. Ces échoppes disparates et sordides choquaient la vue, principalement sur nos admirables boulevards. L’administration les tolérait avec peine et par un pur sentiment d’humanité. […] Les premiers marchands de journaux qui parurent dans les rues de Paris n’avaient d’abord reçu que la permission de vendre leurs feuilles aux passants ; ils n’avaient pas le droit de circuler. Au bout de quelque temps, plusieurs hasardèrent une chaise à l’endroit où leur débit paraissait le plus considérable ; un peu plus tard ils risquèrent un parapluie ; les femmes apportaient à dîner aux maris ; le domicile était élu. ¬[…] On ajouta, un jour de mauvais temps, quelques planches mal jointes ; on les couvrit de vieilles toiles, de vieux cuirs […] Dès lors la baraque crut avoir sa raison d’être, et elle fut tantôt basse, tantôt plus élevée, tantôt verte, tantôt brune, toujours sale et difforme. Les baraques pullulèrent tout le long des boulevards, vrais tonneaux de Diogène, cyniques à force de laideur et de malpropreté.

La compagnie des kiosques lumineux a donné aux marchands de journaux, en échange de ces espèces de chenils, un abri dans d’élégants pavillons octogones, cela gratuitement et l’éclairage par-dessus le marché. Les kiosques lumineux ont leurs parois en vitrage, sur lesquels sont peintes des annonces de formes et de couleurs diverses. Le soir ces petits pavillons transparents éclairent la voie publique et montrent […] leurs affiches aux passants. C’est un enjolivement réel sur les boulevards, où sont déjà placés une centaine de ces kiosques, qu’attendent aussi les autres grandes voies de circulation. »

Dans Le Journal des débats politiques et littéraires, du 11 juillet 1857, on a confirmation de l’apparition de ces kiosques lumineux en 1857, qui sont les premiers véritables kiosques à journaux construits dans le cadre d’une politique d’équipement cohérent en mobilier urbain.

On peut voir une illustration du kiosque sur le site des collections des musées de la Ville de Paris.

Résumons : les premiers kiosques à journaux à Paris furent érigés progressivement, sans contrôle, mais les véritables kiosques, fruits d’une politique urbaine, celle d’Haussmann, datent de 1857, sur les Grands Boulevards.

Sculpteur, Emile Boisseau est l’auteur de la statue de Beaumarchais qui est située sur la façade côté Seine de l’Hôtel de ville de Paris, au premier étage du pavillon gauche. J’aimerais savoir en quelle année cette statue fut installée à cet endroit ?

L’Hôtel de Ville a été inauguré le 13 juillet 1882. Les façades étaient alors achevées.

Dans le Livre du centenaire de la reconstruction de l'Hôtel de Ville : 1882-1982 / Ville de Paris, Bibliothèque administrative ; [préf. de Jacques Chirac] ; [introd. de B. de Buffévent] ; [avec la collab. de M. Agulhon, F. Caron, P. Casselle, J. Gaillard, H. Loyrette, L. Passion, A. Pingeot, et al.], conservé à la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville (BHdV), l’inventaire général mentionne en page 141 les sculptures réalisées par Emile-André Boisseau pour l’Hôtel de Ville de Paris.

Parmi les trois œuvres signalées, la notice du « Beaumarchais » (située sur la façade côté Seine, pavillon d’angle gauche au 1er étage, niche droite, voir fig. 90, p.161) indique que la commande de la sculpture date de 1880 (arrêté du 19/11/1880) et a été soldée en 1882 : « Cde 109, arr. 19-11-1880 – 4000 F solde 1882… ».

Dans l’Inventaire général des oeuvres d'art appartenant à la Ville de Paris / dressé par le service des Beaux-arts..., on lit en effet pour Boisseau : « Beaumarchais / Pavillon de gauche / 2e niche du 1er étage / 4000 F / Date de commande : 1880 »

« Toute œuvre sculptée commandée pour l’Hôtel de ville demande au minimum un an de travail, bien souvent un an et demi ». Le paiement de l’œuvre intervenant « une vingtaine de jours après la livraison », soit ici en 1882, la mise en place et le scellement de cette statue de Beaumarchais sur son socle date vraisemblablement de cette même année 1882.

 Je souhaiterais savoir si l'immeuble, qui date de 1780, devenu l'annexe de la mairie du 2e, était bien un immeuble de logements "privés" juste avant la Révolution (il devait, selon les plans, être collé au mur d'enceinte du couvent des Petits-Pères, devenu après 1789 la Place actuelle des Petits-Pères, avec la Basilique Notre-Dame-des-Victoires). A quelle date exacte le mur du couvent a-t-il été détruit ?

 Le passage des Petits-Pères a été établi, en même temps que la section méridionale de rue de la Banque, en 1779, lors du remodelage de ce quartier, ce qui s'est traduit notamment par la destruction de l'ancien hôtel de Bouillon. L'édifice correspondant au N°2 actuel du passage des Petits-Pères a certainement été construit à cette occasion ; ce qui est cohérent avec la date de 1780 que vous avez relevée. Le fait qu'il se soit agi d'un édifice privé à l'origine peut être corroboré par exemple, pour les années 1830, par l'examen du « Petit Atlas pittoresque » de Perrot (1835) (cote 11718 à la Bibliothèque de l'Hôtel de Ville ; ce document répertorie les édifices ou lieux publics). Concernant la destruction du mur du couvent des Petits-Pères (autrement appelé couvent des Augustins-Déchaussés) il nous est plus difficile de vous répondre, et tout dépende de la section dudit mur à laquelle vous pensez. Le couvent figure clairement avec son mur d'enceinte, par exemple, dans l' « Atlas chorographique historique et portatif des élections de Paris », généralité de Paris (1765 ; cote 208452 à la BHdV). Sur ce sujet, les bornes chronologiques extrêmes sont le courant du XVIIIe siècle (on signale que des parties des jardins du couvent ont été commencé dès cette époque) d'une part ; et 1859 d'autre part (destruction du couvent proprement dit, sauf la chapelle devenue l'église Notre-Dame-des-Victoires). Entre ces deux extrêmes, indépendamment de la date de 1779 (Cf. ci-dessus), il convient de noter que c'est en 1844 que la section nord rue de la Banque a été percée (celle qui se prolonge jusqu'à la Bourse). Au-delà des ouvrages ci-dessus, et des outils de référence que vous connaissez sans doute (comme le « Dictionnaire historique des rues de Paris » de Jacques Hillairet, Minuit, 1985, cote Us C 104 à la Bibliothèque de l'Hôtel de Ville), vous pouvez consulter par exemple la « Nomenclature en ligne des rues de Paris ». Si vous souhaitez approfondir vos recherches sur ce point nous vous conseillons de prendre contact avec la Commission du Vieux-Paris (Département d'architecture et d'Archéologie de la Ville de Paris), ou les Archives de Paris.

Comment se fait-il que le Sacré-Coeur ait été construit sur le site de la butte Montmartre alors qu'elle n'est pas rattachée à Paris à cette époque ? Quelle est son histoire géographique et théologique ? 

La commune de Montmartre a été rattachée à Paris, au même titre que nombre de communes ou fragments de communes limitrophes, en 1860 (c'est à cette occasion que découpage actuel des arrondissements, passés de XII à XX, a été adopté). Or la basilique du Sacré-Coeur a été construite à partir de 1875. Par ailleurs cet édifice a un caractère votif, à l'origine lié d'urne part aux événements du Risorgimento en Italie (fuite du pape Pie IX devant les armées de Garibaldi), de l'autre à la guerre de 1870 (défaite de Sedan, avancée de l'armée prussienne sur Paris) : diverses personnalités ont appelé à la création d'un édifice religieux à Paris, à titre propitiatoire. Après la Commune (1871), l'Assemblée nationale déclarera le projet d'utilité publique et une souscription nationale sera lancée (1875).

Peut-on connaitre l'origine des lustres qui ornent les salons de l'Hôtel de Ville?

Les lustres des pièces d'apparat de l'Hôtel de Ville de Paris, qui sont au nombre de 98, dont 12 pour la seule salle des fêtes, ont été fabriqués par la maison Baccarat. C'est ce que l'on lit dans la littérature assez abondante consacrée à cet édifice, comme vous pourrez le vérifier par exemple dans le dernier ouvrage en date sur le sujet, Sandra Rude, « L'Hôtel de Ville de Paris », Chêne, 2014, p. 46 (cote US C82) à la Bibliothèque de l'Hôtel de Ville (accès au catalogue). Vous pouvez aussi accéder sur le portail de Paris à la visite virtuelle de l'Hôtel de Ville ou voir une galerie assez complète de clichés desdits lustres à ce lien. Toutefois, la Bibliothèque de l'Hôtel de Ville conserve un manuscrit (cote Ms 2193) daté de 1886, faisant état de ces lustres, et précisant une commande de pièces de cristal pour 52 d'entre eux (totalisant 1980 lumières) à passer « à M. Stumpf ». Il n'est donc pas impossible, sauf à démontrer qu'un M. Stumpf ait oeuvré chez Baccarat, que cet ajustement (l'inauguration du nouvel Hôtel de Ville reconstruit après le désastre de 1871 date de 1882) ait été commandé, non pas à la cristallerie de Baccarat, mais à celle de Pantin, dirigée par MM. Monod et Stumpf, et fondée en 1878. Vous trouverez des mentions sur la cristallerie de Pantin dans l'ouvrage de Louis Rosenthal «La Verrerie française depuis cinquante ans » (1927) numérisé et accessible à ce lien, aux p. 10 et suivantes. Et dans l'article suivant, de « L'Univers illustré », un compte-rendu de l'exposition universelle de Paris de 1878 (accessible sur Gallica à ce lien, p. 466) précise dans quelle mesure la cristallerie de Pantin « rivalise » avec celle de Baccarat : est-ce que la municipalité parisienne, si l'hypothèse ci-dessus est valide, aura voulu, dans un second temps, privilégier une manufacture de l'ancien département de la Seine ?...

Je suis dans les salons de réception de l’Hôtel de Ville de Paris (qui surplombent la seine). Je suis curieuse de connaître le nombre d’essences d’arbres composant le magnifique parquet en marqueterie…

Les parquets des salons de l’Hôtel de ville ont été restaurés en 2010 et un blog du restaurateur donne déjà des éléments. Nous le citons : «La restauration des parquets de l'Hôtel de Ville de Paris. Paris, 23 septembre 2010. Essentiellement en chêne, et dans l'esprit de la Renaissance, les parquets de l'hôtel de Ville de Paris sont progressivement restaurés. Le chêne reste l'essence principale et provient principalement des forêts nivernaises. Le département de la Nièvre, connu pour ses forêts de résineux Douglas à profusion, reste, et de très loin, la première chênaie de France avec près de 20 millions de M3 sur pied ... le diaporama ci-dessous, dont les prises de vues ont été effectuées à l'occasion de la Journée du patrimoine 2010, concerne le parquet du Salon des Arcades. Celui-ci présente une composition de chêne, de noyer et d'acajou. Le parquet du Salon Bertrand, quant à lui, entièrement déposé durant l'été 2000, a été complètement rénové à l'identique avec diverses essences : les trois précitées et le palissandre ».

L’atelier à l’Hôtel de Ville nous a confirmé directement que les parquets des salons de réception étaient à 90 % composés de chêne, le reste (les autres éléments de marqueterie) de palissandre, acajou, noyer et amarante.

Bonjour quel est l'usage de ce type d'édicule parisien ? Celui ci se trouve au carrefour Menilmontant /Sorbier.

Il s’agit bien de transformateurs ! C’est confirmé par un blog sur ce sujet qui renvoie à au compte-rendu de la Commission du vieux-Paris du 22 novembre 2006 qui envisage de sauvegarder ces transformateurs (page 7), nous citons : « Cet édicule, à usage de poste de transformation et appartenant à EDF, appartient à la production en série soignée et dessinée d’après le modèle de l’architecte - voyer de la ville de Paris, Formigé, en 1900. Il comporte encore une frise de grès signée Gilardoni, industriel marseillais connu pour sa production de tuiles mécaniques. Ce type de petit bâtiment public qui participe du mobilier urbain mis en place sous le Second Empire et la IIIe République, est en train de disparaître et il serait judicieux de pouvoir en conserver quelques spécimens. La Commission du vieux Paris a formé un vœu en faveur de la conservation du poste de transformation EDF, dessiné par l’architecte Camille Formigé (à frises de grès décoratif signées Gilardoni) et situé sur la voie publique, Boulevard de Picpus (12e arr.). La Commission du vieux Paris a souhaité qu’ EDF dresse un inventaire exhaustif des transformateurs subsistants, initie un concours d’idées et propose la reconversion d’un certain nombre de ces édicules afin d’éviter leur obsolescence et leur disparition du paysage. »

Cimetières, catacombes 

Fréquentant quelques cimetières parisiens, j'aimerais en savoir plus quant à l'histoire des carrés militaires. Auriez-vous quelques cheminements à me proposer ?

Dans la revue du Souvenir Français (n°477 - janvier 2010), dont plusieurs numéros sont conservés à la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville, le général Bougerol définit les Carrés Militaires (voir à ce sujet sur le Forum Pages 14-18 le propos du modérateur Jean Riotte qui le cite) : "On appelle "carré militaire", l'ensemble des tombes militaires situées dans un cimetière communal. Dans leur grande majorité, il s'agit de sépultures françaises ou étrangères résultant des conflits contemporains: Guerre de 1870-1871, Première et Seconde Guerres mondiales, guerres ayant suivi la Seconde Guerre mondiale: Corée, Indochine, Algérie, forces d'interposition ou de maintien de la paix.

Ces carrés sont souvent constitués de sépultures relevant de statuts différents. On distingue ainsi 5 catégories de tombes:

  1.  Militaires. "Morts militaires, bénéficiant de la sépulture perpétuelle" aux frais de l'Etat, non regroupés dans les nécropoles nationales.
  2.  De nationalité étrangère: alliés (belges, britanniques, italiens, serbes) ou ennemis.
  3. Militaires "Morts pour la France" dont les restes mortels ont été restitués aux familles, sur leur demande, pour être inhumés dans le carré communal. Ils bénéficient de la sépulture perpétuelle, aux frais de la commune.
  4. Militaires décédés hors-guerre, ne bénéficiant pas de la mention "Mort pour la France".
  5.  Tombes diverses: victimes civiles, anciens combattants...

Le Souvenir Français est impliqué dans l'entretien de chacune de ces 5 catégories de sépultures. Vous pouvez aussi consulter à la Bibliothèque de l'Hôtel de Ville l’excellent petit ouvrage d’Anne Biraben sur Les cimetières militaires de France : architecture et paysages chez L’Harmattan, qui évoque également à côté des grandes nécropoles militaires les carrés militaires dans les cimetières municipaux.

Bâtiments privés

Il me semble qu'autrefois, des logements étaient construits sur les quelques et rares ponts de Paris. Pouvez-vous nous le confirmer ? Et préciser la période ? C'est peut-être encore envisageable ?

Vous avez raison, jusqu'à la fin du XVIIe siècle tous les ponts de Paris étaient surmontés de maisons de part et d'autre, à l'exception du Pont-Neuf, et la Seine était invisible des Parisiens, d'autant que la plupart des quais eux-mêmes étaient btis : voyez deux dessins de Meryon (rétrospectifs) du pont au Change sur Gallica, ou cette vue d'optique du Pont Marie. C'est une des grandes avancées de l'urbanisme parisien à partir de la fin du XVIIIe siècle que d'avoir dégagé les ponts. L'une des vues les plus connues est celle du pont Notre-Dame et de ses deux rangées régulières qui firent l'objet d'une grande admiration lorsqu'elles furent construites en 1510-1512. La suppression des maisons sur les ponts les a aussi rendus moins fragiles, car on avait à déplorer régulièrement des effondrements : le 25 octobre 1499 le pont Notre-Dame s'écroule. "Le matin même, un charpentier avait couru chez le lieutenant criminel pour lui dire que le pont tomberait avant midi. On eut le temps d'engager les occupants des maisons à déguerpir avec leurs meubles, mais quatre à cinq personnes périrent". En 1547 les dix-sept maisons du pont Saint-Michel, qui était en bois, "trébuchèrent dans le fleuve", écrivit Gilles Corrozet. Elles furent remplacées sur le pont réédifié en 1549 par autant de maisons semblables en brique, au dessin desquelles l'architecte Philibert de l'Orme participa. En 1551 les maisons du Petit-Pont, entre ile de la Cité et rue Saint-Jacques, menaçant de s'écouler furent rebâties en pierre de taille aux frais de la Ville de Paris (J.-P. Babelon, « Paris au XVIe siècle » Paris, 1986, p.112 et 224). Les ponts bâtis au XVII puis au XVIIIe siècle furent dégagés: voyez le Pont Royal devant les Tuileries terminé en 1689, et le pont de la Concorde, par exemple. Si vous désirez en savoir plus sur le dégagement des ponts de Paris, et l'accès des Parisiens à la Seine, vous pouvez consulter I. Backouche, « La trace du fleuve: la Seine et Paris, 1750-1850 », Paris, 2000. Vous trouverez également d'autres livres sur le sujet dans la salle de lecture de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris, 24 rue Pavée (4e arrt). 

Transports

Quelle est l'origine du nom de la station de métro Bonne-Nouvelle ?

 Le métro Bonne-Nouvelle, tout comme le boulevard Bonne-Nouvelle, fait référence à l'église voisine Notre-Dame de Bonne-Nouvelle (c'est-à -dire, de l'Annonciation), située 25 rue de la Lune dans le 2e arrondissement.

La gare Montparnasse actuelle est-elle la même que celle qu'a fréquentée le Général de Gaulle, le 24 août 1944, siège de son QG ?

R C'est bien le 25 aout 1944, dans l'ancienne gare Montparnasse (à l'emplacement de l'actuelle Tour Montparnasse), point de commandement du Général Leclerc, qu'a été signé l'acte de reddition du général Von Choltitz en présence du Général Leclerc et du colonel Rol-Tanguy. Le général de Gaulle s'est rendu à la gare un peu plus tard pour prendre connaissance du document. Ce n'est qu'en 1966 que l'ensemble des trois gares (Gare Montparnasse pour les lignes de banlieue, les deux gares annexes, place du Maine, le long du boulevard Vaugirard, pour les grandes lignes) sera démoli pour faire place à l'ensemble architectural actuel et à une gare unique. Pour approfondir votre recherche, je vous invite à consulter les sites suivants : Fondation Charles de Gaulle et Musée Général Leclerc-Musée Jean Moulin.

Quels sont les problèmes physiques rencontrés lors du transport de l'obélisque de Louxor à Paris ?

A l’occasion de l’exposition « Le voyage de l’obélisque : Louxor/Paris (1829-1836)» qui a eu lieu au Musée de la Marine à Paris du 12 février au 6 juillet 2014, un catalogue a été publié, portant ce même titre.

Il retrace chaque étape de cette aventure technique qui a duré de 1831 à 1836 : abattage à Louxor, acheminement jusqu’à Paris, érection de l’obélisque sur la place de la Concorde.

Deux obélisques du temple de Louxor (près de Thèbes) ont été à l’origine offerts à la France en 1829 par le vice-roi d’Egypte Méhémet Ali, et l’un d’eux a été transporté jusqu’à Paris en 1833, sous le règne de Louis-Philippe.

Je cite un passage du catalogue de l’exposition pour les dimensions :

« Les obélisques sont gravés, sur toute la hauteur de chacune de leurs faces, de trois colonnes verticales de hiéroglyphes. L’ensemble des textes est un mélange d’hommages et de dédicaces adressés par Ramsès II aux dieux qu’il vénère et aux accomplissements de son règne.

L’obélisque occidental, transporté à Paris en 1833, mesure 22,37 m de haut et pèse entre 220 et 230 tonnes. »

Nous ne pouvons vous donner tous les détails de cette épopée, mais quelques aspects nous semblent importants.

L’acteur principal, responsable de toute cette opération, est Jean-Baptiste Apollinaire Lebas (1797-1873). Polytechnicien et ingénieur du Génie maritime, il a relevé plusieurs défis techniques pour réussir ce transfert et est devenu une célébrité de l’époque.

Le transfert de l’obélisque a été assuré par la Marine royale française. Les techniques et le matériel nécessaires sont en partie mis en œuvre par des marins.

Les étapes principales ont été les suivantes (nous résumons et citons brièvement le catalogue) :

- Fabrication à Toulon d’un navire de transport spécial conçu par Lebas : le « Luxor ».

- Départ de Toulon en avril 1831 avec 121 personnes à bord (officiers, matelots et ouvriers spécialisés). Le Luxor remonte ensuite le Nil par halage et arrive à Louxor le 14 août.

- Creusement d’une cale pour le navire et d’une chaussée de halage de 400 m de long entre l’obélisque et le Luxor. Recrutement de travailleurs locaux. On établit un hôpital, un potager, un four et un moulin.

- Construction d’un glissoir de bois (4 sections amovibles de 7 m de long). Abattage de l’obélisque le 31 octobre 1831 (délicat car il est fragilisé par une fissure d’origine), grâce à deux appareils actionnés par 200 hommes (on utilise des ancres, des poulies, etc.). Enfin halage jusqu’au navire en décembre 1831.

- Descente du Nil (difficultés liées d’abord au faible niveau du fleuve une partie de l’année, ensuite au courant, puis à la barre de sable à l’embouchure du Nil…). Arrivée à Alexandrie le 2 janvier 1833. Les tempêtes hivernales retardent le départ vers la France.

- Voyage par mer vers Toulon, puis Cherbourg, enfin Le Havre le 2 septembre 1833. Le Luxor est remorqué à partir d’Alexandrie par un autre navire, le Sphinx (premier navire à vapeur de la Marine).

- Acheminement vers Rouen, puis Paris, par la Seine. Démâté et allégé au maximum, le Luxor remonte de Rouen à Paris par halage (jusqu’à 28 chevaux employés). Arrivée du navire au pont de la Concorde, dans une cale construite pour lui (23 décembre 1833). L’obélisque n’est déchargé qu’en août 1834 (débats sur le site à choisir et choix techniques pour l’érection du monument).

- Construction d’un piédestal de granite de 9 m de haut (remplaçant l’ancien, très abîmé) ; le granite est extrait dans le Finistère (5 blocs de 230 tonnes en tout) et transporté sur la place de la Concorde par… le Luxor réemployé pour l’occasion (avril 1836).

- Erection de l’obélisque : à partir des plans de Lebas, réalisation du chemin de halage, du viaduc d’élévation et de l’appareil de levage. Le 25 octobre 1836, devant le Roi, les autorités et 200 000 Parisiens, 350 artilleurs sont disposés sur le 10 cabestans de l’appareil de levage ; Lebas conduit la manœuvre avec un porte-voix. L’opération est un succès, un drapeau tricolore est hissé par des matelots en haut de l’obélisque.

Parcs et jardins

Je viens de découvrir un lieu de mémoire, dans Paris, à la lisière du bois de Vincennes, souvenir de notre passé colonial. Il est en très mauvais état et semble abandonné. Qu’en est-il de sa conservation ?

Vous avez tout-à-fait raison de souligner le grand intérêt historique et mémoriel de ce site. Il s’agit du jardin d’agronomie tropicale (accès à une page de paris.fr, avec explications et photographies), situé au 45 bis avenue de la Belle-Gabrielle 75012 Paris (au nord-est du Bois de Vincennes). A la fois jardin colonial dès 1899 et fruit de l’Exposition coloniale de 1907, cet espace a été racheté par la Ville de Paris en 2003 et ouvert au public dès 2006, malgré l’état de dégradation avancé de nombreux monuments. Vous verrez sur le site qu’heureusement « un programme d'aménagement est en cours, mais le maire de Paris a d'ores et déjà autorisé la réouverture du jardin au public après d'importants travaux de sécurisation ». Nous citons le passage suivant qui fait un bref historique du lieu : « Un jardin d'essai colonial est créé en 1899 dans le bois de Vincennes pour coordonner les expériences agronomiques et réintroduire des végétaux exotiques sur de nouveaux sites de production.

Ainsi, des plants de café, cacaoyer, vanille, bananiers... sont cultivés sous serre puis expédiés vers diverses colonies. De mai à octobre 1907, le site est transformé pour abriter cinq villages de l'exposition coloniale: villages indochinois, malgache, congolais, ferme soudanaise et campement touareg. Le jardin a été ensuite abandonné et la végétation a repris ses droits... Après la première guerre mondiale, il a accueilli des monuments aux morts en hommage aux soldats originaires des anciennes colonies. Le pavillon de l'Indochine a été restauré et propose désormais des expositions temporaires. »

Cet espace abrite donc aussi aujourd’hui le « Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD) ».

C’est un lieu encore méconnu du grand public. Le rachat par la Ville et son ouverture au public a probablement sauvé cet extraordinaire endroit (et votre courriel va dans ce sens), mais la restauration n’en est qu’à ses débuts, et, en attendant, on voit bien les bâtiments non encore restaurés qui sont entourés de clôtures.

Est-ce que vous pouvez me donner des renseignements sur les sculptures des Reines de France et Femmes illustres au jardin de Luxembourg ? De qui vient l’initiative ? Quand ? Raisons de tel ou tel choix ?

Il s’agit d’un ensemble de 20 statues commandées vers 1843 par Louis-Philippe, Roi des Français (1830-1848) pour le jardin du Luxembourg : elles sont disposées autour du bassin et du parterre central situés en contrebas. C’est le souverain qui a choisi les reines et femmes illustres à honorer ainsi, toutes emblématiques de l’Histoire de France.

La plupart ont été mises en place entre 1846 et 1852, à l’exception de celle de Marguerite d’Anjou, qui remplace Jeanne d’Arc (déplacée au Louvre en 1872) en 1877.

Plusieurs monographies, guides ou articles présents dans le catalogue des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris traitent de ce sujet, par exemple Les Reines de France, par René Delorme (1881) dans la série Les Chefs d’oeuvre d’art du Luxembourg…, ou l’article Les reines du Luxembourg, par Marc Gaillard dans la Revue de l’Habitat français (juin 2004, n°490).

Nous vous invitons à consulter l’article bien fait de l’encyclopédie Wikipedia Reines de France et femmes illustres qui propose la liste des statues, avec pour chacune la date d’installation et le nom du sculpteur.

Arts visuels, objets graphiques ou décoratifs

Je mène des recherches sur les enseignes anciennes dans le 5e arrondissement à Paris. Mes recherches portent en particulier sur l’enseigne « Au Nègre Joyeux » sur Place de la Contrescarpe qui date, je crois, de 18eme siècle. Quelle est l'histoire de cette célèbre enseigne ?

L'enseigne « Au Nègre joyeux » placée sur la façade de l'immeuble sis au 14 rue Mouffetard, place de la Contrescarpe (Paris, Ve) a été donnée par la copropriété de l'immeuble à la Ville de Paris (Délibération du Conseil de Paris, séance du 24 octobre 1988). Il a été convenu que l'enseigne reste en place rue Mouffetard ; elle est inscrite sur le registre inventaire des Enseignes (EN 185) du Musée Carnavalet-Histoire de Paris. Il s'agit d'une peinture à l'huile sur toile, qui a fait l'objet d'une restauration en 2002. Un avis du Comité d'histoire de la ville de Paris (17 avril 2013) la décrit ainsi : « Au Nègre joyeux est l'une des premières chocolateries ouvertes à Paris (1748).Cette enseigne datant de la fin du XVIIIe siècle représente Zamor (vers 1762-1820). Un esclave originaire du Bengale qui fut page de la comtesse du Barry. Révolutionnaire engagé, il contribua à la condamnation à mort de sa maitresse (1793).Il fut affranchi le 4 février 1794 grâce à une première loi d'abolition de l'esclavage ». Il est précisé que cette enseigne n'est ni classée, ni inscrite au titre des monuments historiques. Nous vous recommandons également la consultation des documents suivants : un article du bulletin du Musée Carnavalet-Histoire de Paris sur la nouvelle présentation de ses enseignes (cote PER BM2, Bibliothèque Forney), un recueil de photographies d'enseignes également à la bibliothèque Forney (cote RES ICO 5342) ainsi que deux clichés de ce « Nègre joyeux » à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris (cote 4-ENA-00065-0171 et 4-ENA-00019-0288), dont un du photographe Robert Doisneau. Par ailleurs, l'enseigne est également reproduite dans l'ouvrage de Jacques Seray « Aux belles enseignes », Edisud, 1992 mais avec une datation du XIXème siècle. Si l'enseigne est effectivement du XIXème siècle, il peut être opportun de consulter les registres et calepins du cadastre conservés aux Archives de Paris. Si ceux-ci sont conservés pour la rue Mouffetard, vous y trouverez tous les renseignements nécessaires : nom du propriétaire, situation familiale, etc.

J'aimerais savoir où est passé le dragon qui se trouvait dans un immeuble rue du Dragon ?

La rue du Dragon emprunte son nom, depuis 1808, à une cour du Dragon voisine, constituée d'un ensemble de bâtiments détruits dans les années 1930. L'un d'eux portait, et c'est celui auquel vous vous référez, un bas-relief figurant un dragon. Cette oeuvre, remontée sur un bâtiment moderne et donnant sur la rue de Rennes, a été classée en 1943, mais déposée lors d'une démolition ultérieure, avant d'entrer dans les collections du Louvre, où vous pouvez l'admirer de nos jours : vous trouverez la fiche de la base Joconde la concertant à ce lien. Comme vous le verrez, ce motif a été sculpté par Paul Ambroise Slodtz (1702-1758). L'interprétation du choix de ce motif pour son lieu d'origine reste l'objet de conjectures : Jacques Hillairet « Dictionnaire historique des rues de Paris », consultable dans les bibliothèques spécialisées de la Ville (accès au catalogue) avance par exemple la proximité de la rue Sainte-Marguerite (actuelle rue Gozin) en raison de la légende selon laquelle Marguerite d'Antioche (si l'on suit la tradition établie par « La légende dorée » de Jacques de Voragine) aurait terrassé un dragon. Pour votre information, des images du bâtiment du XVIIIe initial, avec son dragon bien en vue, sont assez faciles à trouver, le lieu ayant été notamment pris pour sujet par des photographes comme Atget ou Marville, comme vous pourrez le voir, par exemple, à ce lien. Quant au cliché du bas-relief dans son état actuel, vous trouverez une image rendant compte de son remontage sur Wikicommons : http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Relief_of_dragon_50,_rue_de_Rennes_%28Paris%29.jpg

Activité économique

Quels furent les premiers imprimeurs parisiens ?

On considère que le premier atelier d'imprimerie parisien a été installé à la Sorbonne en 1469 par deux universitaires, Guillaume Fichet et Jean Heynlin. Vous pourrez trouver à ce sujet à divers ouvrages au catalogue des bibliothèques spécialisées de la Ville, par exemple Ambroise Firmin-Didot, « L'imprimerie à Paris », 1867 (Bibliothèque de l'Hôtel de Ville, cote 1826 (1)). Vous pouvez également, sur les questions d'imprimerie et de typographie, consulter le site "Garamond" établi par le Ministère de la culture : http://www.garamond.culture.fr

Pouvez me donner une idée des modalités de règlement de l'octroi a la barrière des fermiers généraux au temps de la révolution ?

L’enceinte des fermiers généraux est une construction en cours d’achèvement (1787-1791) lorsque la Révolution survient. L’usage qui en était fait et le mécontentement des Parisiens sont bien décrits dans un article du Bulletin de la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile-de-France de 1912 (présent dans les collections des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris) : L’enceinte de Paris construite par les fermiers généraux et la perception des droits d’octroi de la Ville (1784-1791) (page 115 et suivantes). A partir de la page 134, l’article traite du bref fonctionnement de la nouvelle administration chargée de la perception de l’octroi, qui commence à partir de juin 1790. Voici un extrait : 54 « barrières » ou points de passage contrôlés dans l’enceinte, dont 24 principales « où résidaient un receveur et plusieurs contrôleurs sédentaires. Aux autres [il n’y avait] que des contrôleurs. En outre des commis, sous les ordres d’un brigadier, avaient pour mission spéciale d’arrêter toutes les voitures, de les visiter et de regarder s’il n’y avait pas d’objets soumis à l’octroi, soit dans la voiture, soit dans les bagages. Enfin, deux inspecteurs, quatre ambulants à cheval, douze icontrôleurs ambulants à pied et seize brigadiers d’ordre pour le service de jour et de nuit assuraient le contrôle de cette administration… ». Le personnel rassemblait « 824 individus »…

Symboles et emblèmes

Quel est le nom des croix pattées, peintes dans un cercle, que l'on trouve sur certains piliers d'églises comme par exemple à St Pierre de Montmartre et quel est leur signification ?

Il s'agit de "croix de consécration" qui sont peintes, gravées ou sculptées sur les piliers ou les murs intérieurs d'une église au moment de la consécration de l'édifice. Lors de la cérémonie, l'évêque donne l'onction du Saint-Chrême à chacune des croix, qui sont au nombre de douze, en référence aux douze apôtres (selon Viollet Le Duc, "il arrivait [même] parfois que les croix de consécration des églises, pendant les XIIIe et XIVe siècles, étaient portées par des figures d'apôtres peintes ou sculptées"). L'église Saint Pierre de Montmartre a été consacrée en 1147, mais désaffectée à plusieurs reprises à partir de la Révolution, avant d'être à nouveau rendue au culte et consacrée à nouveau en 1908, après d'importants travaux de restauration. Selon le lieu ou l'époque, la forme des croix peut varier mais elles sont généralement inscrites dans un cercle. A Saint-Pierre de Montmartre, on est en présence d'une "croix de Jérusalem", composée de cinq croix potencées : une croix rouge cantonnée par quatre croix plus petites (ce chiffre ferait référence aux cinq plaies du Christ ou aux cinq premiers livres de l'Ancien Testament). On peut remarquer que la croix de Jérusalem est l'insigne de l'Ordre des chevaliers du Saint-Sépulcre qui existe depuis l'époque des Croisades : Godefroy de Bouillon lui avait confié la garde du Tombeau du Christ. Depuis 1981, l'Ordre envoie chaque année une délégation à la cérémonie du Christ-Roi qui se tient à l'église Saint Pierre de Montmartre. Quelques référence bibliographiques (Bibliothèque Forney) : « Thésaurus des objets religieux : meubles, objets, linges, vêtements et instruments de musique du culte catholique romain ». Paris : Ed. du Patrimoine, 1999 ; « Dictionnaire raisonné de l'architecture française du XIe au XVIe siècle. 4, Construction-Cyborium / par E. Viollet-le-Duc. Paris, [1924] ; « Les ordres religieux : la vie et l'art » / Gabriel Le Bras, dir, tome 1. Paris : Flammarion, 1979 ; « Dictionnaire des églises de Paris : catholique, orthodoxe, protestant » / Georges Brunel,... .Paris : Hervas, 1995.

Je m'interroge sur la devise de Paris : " fluctuat nec mergitur". Quelle est la meilleure traduction : flotte mais ne coule pas; est battu par les eaux mais ne coule pas; fluctue mais ne chavire pas...?  De quand cette devise date-t-elle ? 

La traduction peut évidemment varier selon les auteurs, mais afin de rendre l'idée de cette devise qui tend à glorifier l'histoire d'une capitale constituée autour du commerce fluvial, et résistant aux soubresauts de l'histoire, il nous semble que la formule « est battue par les flots mais ne sombre pas » est la plus exacte. Nous vous renvoyons à la définition des verbes « fluctare » et « mergere », dans un dictionnaire en ligne comme le Wiktionary (http://fr.wiktionary.org/wiki/fluctuo#la). Sous cette forme, la devise semble apparaitre pour la première fois, sur des jetons municipaux émis par la prévôté (sortes de médailles n'ayant pas de valeur de monnaie), en 1582. Nous vous conseillons, pour une première approche de ce sujet, un ouvrage introductif comme l'« Histoire et dictionnaire de Paris » d'Alfred Fierro (Robert Laffont, Collection Bouquins, cote UsC25 à la BHdV. Pour approfondir, le meilleur ouvrage consacré aux devises et aux symboles de la municipalité parisienne est celui d'Anatole de Coëtlogon, « Les armoiries de la Ville de Paris : sceaux, emblèmes, couleurs, devises, livrées et cérémonies publiques ».

Quelle est l’origine des couleurs bleu blanc rouge du blason de la Ville de Paris. Sur votre site Paris.fr, il est indiqué : « Les partisans d’Étienne Marcel portaient des chaperons bleu et rouge pour marquer leur ralliement au prévôt. Le bleu faisant référence à saint Martin et le rouge à saint Denis. Elles sont depuis les couleurs officielles de la Ville de Paris ». Or, il me semblait que le manteau de Saint Martin était rouge puisqu'il s'agissait d'un manteau de la Garde romaine. Il en était propriétaire pour moitié, le reste appartenait à Rome. Il ne pouvait donc n'en donner que la moitié lui appartenant. Le bleu était la couleur de Saint Denis. Auriez-vous la gentillesse de me fournir des éléments de réponse quand à cette remarque ?

La controverse sur la couleur du manteau de Saint Martin de Tours est presque classique : était-il bleu ou rouge ? En fait il n’y a pas contradiction : le bleu est la couleur de la chape ou manteau épiscopal que portait Saint Martin devenu évêque ; il ne s’agit pas du même vêtement que la chlamyde ou manteau militaire que Saint Martin avait partagé avec un pauvre lorsqu’il était soldat de Rome. Pour Saint Denis, il s’agit bien du rouge, « couleur des martyrs », devenu celle de l’oriflamme « que les Rois de France, en cas de péril du royaume, allaient prendre au sein de l’édifice consacré au premier évêque de Paris », soit la basilique Saint-Denis (citations partielles de L’Histoire de Paris par Héron de Villefosse, Union bibliophile de France, Maximilien Vox, 1950). On peut consulter les ouvrages de M. Pastoureau sur les couleurs et notamment le bleu.

J'aurais aimé savoir quelle est l'origine des couleurs nationales de la France et ce qu’elles représentent.

Avant tout je vous invite si vous ne l’avez encore fait à consulter deux ouvrages traitant des emblèmes de la France, présents dans les collections des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris : Les emblèmes de la France / Michel Pastoureau. Paris : Bonneton, 1998 ; Emblèmes et drapeaux de la France / A. Maury. Paris : A. Colin, 1904 . Vous pouvez aussi consulter la rubrique «Fluctuat nec mergitur» : un blason et une devise pour Paris sur le portail de la Ville de Paris (paris.fr), qui précise l’origine des couleurs du blason de notre capitale.

Pour l’apparition des trois couleurs, l’origine la plus communément admise est l’épisode de Louis XVI recevant le lendemain du 14 juillet la cocarde bleu et blanche de Paris des mains du nouveau maire Bailly et formant avec sa propre cocarde blanche royale une cocarde tricolore. L’ordre et la disposition des trois couleurs sera longtemps très variable.

La Fayette, créateur de la nouvelle Garde Nationale en 1789, a contribué à la fixation des trois couleurs, qui correspondent d’ailleurs aux couleurs de l’uniforme des gardes nationaux, lui-même issu de celui des anciennes « gardes françaises » tout juste licenciées pour avoir rejoint l’émeute.

Le drapeau tricolore tel que nous le connaissons (trois bandes verticales d’égale largeur, le bleu à la hampe, puis le blanc et le rouge) a été fixé et généralisé plus tardivement dans l’Armée, à la fin de l’Empire. Mais c’est dès 1794 qu’il a été adopté par la Convention comme pavillon de la Marine Nationale.

Au 49 de la rue Etienne Marcel, le linteau de la porte d'entrée est surmonté de quatre abeilles et la double fenêtre qui est au-dessus du linteau comporte, à sa droite, de nouveau des abeilles. Que représentent donc ces abeilles et quel en est le sculpteur, et pourquoi ce bâtiment a-t-il été orné de cette façon ?

L’immeuble du 49 rue Etienne Marcel est l’œuvre de l’architecte Louis-Clément Lacau (cela apparaît partiellement en façade : « LC LACAU ») ; le Dictionnaire par noms d’architectes des constructions élevées à Paris aux XIXe et XXe siècles nous indique que cet immeuble de rapport a été construit par lui en 1885.

Le thème de l’abeille, de la ruche et des fleurs qui sont à la source, est en fait très classique au 19e siècle, on le retrouve, parfois plus discret, sur d’autres façades de bâtiments ; il symbolise l’industrie, le travail, l’ordre social et la prospérité.

Pour visionner d’autres exemples, voir sur internet : http://parismyope.blogspot.fr/2015/06/lapis-voleuse.html

Plaques commémoratives et inscriptions

Y a-t-il sur les bâtiments qu 'elle a habités dans Paris (qui sont nombreux d'après son autobiographie) des plaques à la mémoire de George Sand ? Existe-t-il un catalogue de toutes les plaques commémoratives non liées à la 2ème guerre mondiale?

Plusieurs ouvrages recensent les plaques commémoratives parisiennes : Les Plaques commémoratives des rues de Paris / Préfecture de Paris ; étude réalisée par Michel Hénocq qui date de 1981 (1ere éd.) et 1984 (2e éd.) ; cet ouvrage recense deux plaques en hommage à George Sand en 1981 : 46 rue de Meslay (3e) et 19 quai Malaquais (6e) ; auxquelles il ajoute une plaque citant G Sand comme fréquentant le Restaurant d'Agneau, 8 rue de l'Ancienne Comédie (6e). Sur les murs de Paris : guide des plaques commémoratives / Alain Dautriat, édité en 1999. Paris et ses célébrités : les à-côtés de la plaque / Suzanne Marchand-Grelbin,édité en 2004.

Quelle est la signification des plaques qui se trouvent sur les piliers de la rue de Rivoli ?

Il s’agit de plaques portant un matricule correspondant à l’éclairage public des arcades de la rue de Rivoli. La section de l’éclairage public à la Direction de la Voirie et des Déplacements précise : « Les matricules des équipements d’éclairage ont la forme suivante : I-XXXX, le premier chiffre correspond à l’arrondissement (1er dans ce cas) et le XXXX est le numéro de référence. Le tout étant dans la base patrimoniale et permet ainsi d’intervenir précisément. Il arrive que pour distinguer plusieurs équipements, il y ait les lettres V (pour voûte) et P (plafond) ».

Autres thèmes

J'ai entendu parler d'un chemin de St Jacques de Compostelle qui ferait le tour de la ville de Paris. Pouvez-vous me dire si cela est exact ?

Il n'existe pas, à notre connaissance, de chemin de Saint-Jacques de Compostelle dans Paris, mais Paris était comme vous savez sur l'un de ces chemins traversant la France, est en donc l'un des points de départ. C'est à ce titre que de nombreux pèlerins, par tradition, se retrouvaient à l'église Saint-Jacques-de-la-Boucherie, avant de partir en direction du grand sanctuaire de Galice. Il ne reste de cette église, comme vous le savez sans doute, que la tour Saint-Jacques, mais c'est par référence à cette tradition qu'une plaque commémorative y a été apposée au XXe siècle, visible sur le côté nord de la base du monument. Vous trouverez de nombreux documents relatifs aux chemins de Compostelle aux catalogues des bibliothèques spécialisées (accès ici) et de lecture publique (accès ici) de la Ville de Paris.

Quelques questions non résolues… A vous de jouer ?

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Un monument commémoratif dédié au coureur automobile Cissac, mort tragiquement dans un accident de course, avait été érigé au Parc des Princes de l’époque, peu avant la Grande Guerre. Qu’est-il devenu ?

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Dernière mise à jour le jeudi 11 juillet 2019
Crédit photo : © François Grunberg / Mairie de Paris

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