Le pôle archéologique de la ville de Paris

Paris possède un patrimoine archéologique extrêmement riche, qui s’étend de la Préhistoire à l’époque contemporaine. Le pôle archéologique du DÉPARTEMENT D'HISTOIRE DE L’ARCHITECTURE ET D’ARCHÉOLOGIE DE PARIS (DHAAP) a pour mission l’inventaire, l’étude, la conservation et la valorisation de ce patrimoine exceptionnel. Il est également habilité pour réaliser des diagnostics et des fouilles archéologiques sur le territoire parisien.

archeologie

Les missions du pôle archéologique

La carte archéologique : le projet R&CAP


Paris est le plus petit département français, mais il a la plus forte densité de population, de sorte que la pression de l’aménagement du territoire est extrêmement grande et qu’elle menace directement le patrimoine archéologique. Il est donc primordial de disposer d’un inventaire recensant l’ensemble des sites et des découvertes archéologiques.

La carte archéologique est un outil de gestion scientifique et administratif fondamental pour connaître et préserver le patrimoine archéologique. Le pôle archéologique du DHAAP a en charge l’élaboration de cette carte, en liaison avec le Service régional de l’Archéologie d’Île-de-France. Elle prend la forme d'un inventaire des sites connus, des fouilles et de toutes les découvertes de mobilier archéologique effectuées sur le territoire parisien. Elle tend à recenser tous les éléments relatifs à l’évolution de l’occupation du sol, à l’histoire de la recherche et à la documentation des sites. Elle a été établie à partir du dépouillement d’une très vaste documentation, constituée principalement de la littérature archéologique et historique, mais aussi de sources manuscrites (en particulier les Papiers Vacquer conservés à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et les nombreux dossiers de fouilles constitués depuis la création du service). Elle est constamment alimentée par les résultats des surveillances archéologiques, des opérations d’archéologie préventive, des programmes de recherche relatifs au territoire parisien et par les publications récentes. Cette carte est un élément essentiel de la mémoire de la capitale, sous la forme d’une base de données relationnelle et spatiale (système d’information géographique).

Depuis 2017, l’ambition du projet R&CAP (Référentiel et Cartographie de l’Archéologie Parisienne) est de mettre à disposition des chercheurs une application dédiée, sous la forme d’une plateforme de consultation collaborative. L’objectif est de restituer ensuite au grand public les résultats de ce travail de recherche, disponible prochainement sur www.paris.fr.

Pour aller plus loin :

Michel FLEURY, Carte archéologique de Paris, Ville de Paris / Commission du Vieux Paris, Paris, 1971.

Didier BUSSON, Paris, coll. « Carte archéologique de la Gaule », Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Ministère de la culture / Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, Fondation Maison des sciences de l’homme, Paris, 1998.

L’état complet de la carte archéologique est accessible aux chercheurs et aux étudiants justifiant d’une recherche et, pour les informations concernant une parcelle cadastrale, au propriétaire de celle-ci, s’il fait état d’un projet d’aménagement.

Les opérations archéologiques de terrain

Si l’archéologie ne se résume pas à la fouille, il n’en demeure pas moins qu’elle constitue le moyen privilégié d’acquérir des données inédites. De 1898 à la création de l’Association Nationale pour les fouilles Archéologiques Nationales (Afan) en 1973, la Commission du Vieux Paris a assuré seule les fouilles à Paris.

Aujourd’hui, le DHAAP fait partie des opérateurs agréés pour la réalisation d’opérations d’archéologie préventive préalables aux travaux d’aménagement, pour les périodes allant de l’Antiquité à l’Époque contemporaine. Renouvelé en novembre 2018 pour une période de cinq ans, cet agrément lui permet de jouer un rôle déterminant dans la connaissance et la sauvegarde du patrimoine archéologique parisien.

Relevé laser de la cave médiévale de l'Hôtel des Ambassadeurs (fouille du Pôle archéologique du DHAAP) par Grégory Chaumet (PLEMO 3D / Sorbonne universités) en 2017

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Quelques articles récents :
  • Julien Avinain, « Découverte d’une section de l’enceinte de Charles V », Archéologia, n° 543, mai 2016, p. 34-39.
  • Jean-François Goret, « Fouilles à Saint-Germain-des-Prés », Archéologia, n° 539, janvier 2016, p. 14-15.
  • Catherine Brut, « Une verrerie de l’époque de Clovis découverte à Paris en 1823 et conservée au Musée de Sèvres », Sèvres, n° 24, 2015, p. 9-15.
  • Catherine Brut, Benoît Clavel, Jean-François Goret, « Vie quotidienne et artisanat au milieu du XIVe siècle : la cave du 34 rue Greneta / 11 impasse Saint-Denis à Paris (2e arrondissement), Revue Archéologique d’Ile-de-France, n° 7-8, 2014-2015, p. 351-395.
  • Jean-François Goret et Sabrina Parot, " Paris. Les abords de l’église Saint-Germain-des-Prés", Archéologia, n° 559, 2017, p. 32 à 39.
  • Catherine Brut, « Les potiers de terre parisiens au Moyen Âge », Potiers antiques et médiévaux du Pays de France, Archéa, 2017, p. 96‑107.
  • Véronique Arveiller et Catherine Brut, « Le diatrète de Paris », Bulletin de l’AFAV, n° 31, 2017, p. 37‑41.

La veille archéologique

Le DHAAP a aussi pour mission de procéder à « la surveillance des démolitions, à l’étude des nivellements, alignements pouvant modifier la topographie de Paris et menacer les monuments ». Aujourd’hui, cette mission est principalement assurée par le biais de l’analyse des documents d’urbanisme et des programmes de travaux de voirie. Le service examine systématiquement toutes les demandes de permis de construire et de démolir dans Paris, ainsi que les programmes de travaux de la Direction de la Voirie, afin d’identifier et de signaler au Service Régional de l’Archéologie les éventuelles atteintes au patrimoine archéologique. Cette démarche s’accompagne en amont d’une participation à l’élaboration du Plan Local d’Urbanisme (PLU), qui permet de mettre en place une gestion durable du patrimoine archéologique parisien.

Des inspections de terrain sont réalisées afin de vérifier l’impact archéologique réel de certains travaux qui ne font pas l’objet de documents administratifs précis, comme les aménagements de caves ou certaines déviations de réseaux. Ponctuellement, des surveillances archéologiques de plusieurs jours sont organisées, lorsque des travaux de petite envergure, tels que l’aménagement des parcs et jardins ou la rénovation de fondations d’églises, sont susceptibles de mettre au jour des vestiges archéologiques et d’apporter de nouvelles connaissances à l’histoire de la capitale.

La gestion et la conservation des objets archéologiques

Le service archéologique de la Ville de Paris est dépositaire de l’essentiel du mobilier archéologique issu des fouilles parisiennes depuis 1955. Il a en charge sa gestion, sa conservation et sa mise en valeur. Afin de mener à bien cette mission, il est doté d’un vaste dépôt et d’un laboratoire de conservation-restauration.

Les collections conservées par le pôle archéologique de Paris

Au cours des nombreuses opérations archéologiques menées à Paris depuis le milieu du XIXe siècle, du mobilier archéologique a été mis au jour. Si une petite partie de ce mobilier présente un intérêt artistique, il renseigne avant tout les modes et les niveaux de vie, l’artisanat et les échanges commerciaux des sociétés anciennes à plus ou moins longues distances. Son étude, sa conservation et sa mise en valeur constituent donc une mission fondamentale. Avant 1955, les objets ont été déposés au musée Carnavalet et au Musée national du Moyen Âge de Cluny. Pour le mobilier issu des fouilles récentes, le DHAAP procède à son traitement lavage, remontage, conservation, conditionnement. Le mobilier est traité conformément aux normes de conservation en vigueur. La gestion des collections s’accompagne d’études, de publications scientifiques et d’expositions destinées au grand public.

Le dépôt archéologique

Depuis 2004, le mobilier géré par le DHAAP est conservé dans une vaste réserve d’environ 800 m². Ce dépôt permet le stockage des objets en fonction de leurs dimensions et de leurs matériaux (pierre, céramique, os, métal, verre, peinture murale). Il comprend un sas pour le matériel à sa sortie de fouilles, des espaces de stockage, un bureau et un laboratoire dédié à l’étude du mobilier. Cet équipement permet notamment des interventions directes sur les objets, sans les déplacer, mais aussi l’accueil des étudiants et des chercheurs.

Le laboratoire de conservation-restauration du mobilier archéologique

Afin de mener à bien ses missions de conservation et de mise en valeur des collections archéologiques, le DHAAP s’est doté dès 1975 d’un laboratoire de conservation-restauration. Les missions du laboratoire sont multiples et se déploient depuis la fouille jusqu’au dépôt archéologique. L’objectif est d’assurer la pérennité des objets, de permettre leur étude en préservant leur potentiel informatif et de contribuer à leur mise en valeur le cas échéant. Pour ce faire, la restauratrice intervient sur les chantiers de fouilles lors des manipulations délicates de prélèvements et de consolidations. Pendant l’étude du matériel archéologique, en collaboration étroite avec les archéologues, les objets sont traités afin de pouvoir être manipulés et retrouver une meilleure lisibilité. Ces interventions permettent aussi d’assurer la conservation à long terme du mobilier. La restauration des objets est réalisée dans la perspective de la présentation au public par le biais d’expositions. Les objets traités sont en majorité des céramiques, des objets métalliques et, plus rarement, des objets en verre ou en matériau organique. Enfin, le laboratoire est un lieu d’échange et de collaborations scientifiques. Les examens et les analyses réalisées par des organismes partenaires répondent aux besoins de la conservation et peuvent déboucher sur des recherches plus poussées.

Valorisation du patrimoine archéologique

Diffusion

Le pôle archéologique du DHAAP assure l’exploitation scientifique, la diffusion et la valorisation de ses fonds documentaires, de ses collections et des opérations de terrain. En exploitant son fonds documentaire, le mobilier archéologique et les résultats des opérations de terrain, le DHAAP participe à la réactualisation de notre connaissance du territoire parisien.

Dans cette optique, des partenariats scientifiques orientés sur la valorisation des collections sont noués avec le CNRS, les universités franciliennes et l’Institut National du Patrimoine sur des sujets comme la peinture murale romaine antique, la céramique antique et médiévale, le lapidaire parisien ou encore l’évolution architecturale des caves parisiennes. La production des nouveaux savoirs prend également la forme de publications scientifiques spécialisées et de vulgarisation.

Transmission des savoirs

Le pôle archéologique du DHAAP accueille régulièrement des étudiants pour des journées d’études dans les réserves archéologiques ou pour des stages de formation plus longs (École du Louvre, Institut National du Patrimoine, universités) et s’investit dans l’encadrement de mémoires universitaires portant sur Paris.

Le pôle archéologique du DHAAP participe également aux grandes manifestations nationales, telles que les Journées Européennes du Patrimoine, les Journées Nationales de l’Archéologie, les Journées Archéologiques d'Ile-de-France ou encore le Salon International du Patrimoine Culturel, à l’occasion desquelles des communications et des supports pédagogiques sont réalisés.

Les activités de recherche

Parallèlement aux rencontres scientifiques (colloques, journées d’étude, tables-rondes, etc.) auxquels ils participent pour diffuser les nouvelles connaissances acquises, les membres de l’équipe archéologique s’investissent dans la recherche au travers d’un certain nombre de collaborations effectives :

→ Depuis 2014, une convention cadre passée entre la ville de Paris et l’Inrap (www.inrap.fr) facilite les collaborations et échanges scientifiques.

→ La participation aux programmes de recherche des équipes Archéologies environnementales et GAMA de l’UMR 7041 ArScAn (www.arscan.fr) assurent à la Ville de Paris une visibilité au sein de la communauté scientifique francilienne.

Par ailleurs, le lancement du projet collectif de recherche R&CAP, validé par la Commission Territoriale de la Recherche Archéologique du Centre-Ile-de-France, permet au pôle de fédérer les différents acteurs de l’archéologie autour d’un projet commun portant sur l’établissement d’un référentiel des découvertes archéologiques à Paris, depuis le milieu du XIXe siècle.

L’équipe archéologique

Le pôle archéologique du DHAAP se compose de sept personnes disposant d’un champ de compétence varié et s’appuie ponctuellement sur des archéologues contractuels.

Les archéologues de la ville de Paris

David Coxall : chef de pôle, responsable d’opération (spécialité Moyen Age, Époque Moderne) / ancien membre du Conseil National de la Recherche Archéologique > david.coxall@paris.fr

Julien Avinain : responsable d’opération (spécialité Antiquité), responsable du projet R&CAP / chercheur associé à l’UMR 7041, équipe GAMA > julien.avinain@paris.fr

Catherine Brut : conservatrice en chef du patrimoine (spécialité mobilier et bâti, Moyen Age, Époque Moderne) / membre du projet de recherche pluridisciplinaire du Centre André Chastel "Sous les pavés, les caves" > catherine.brut@paris.fr

Émilie Cavanna : archéogéographe, responsable du SIG et de l'application R&CAP / chercheuse associée à l’UMR 7041, équipe Archéologies environnementales > emilie.cavanna@paris.fr

Paul Celly : responsable d'opération (spécialité archéologie urbaine), chercheur associé à l’UMR 7041, équipe GAMA > paul.celly@paris.fr

Jean-François Goret : responsable d’opération (spécialité Moyen Âge, Époque Moderne), responsable du chantier des collections / membre de la Commission Territoriale de la Recherche Archéologique (Grand Sud-Est) > jean-francois.goret@paris.fr

Claire Martin : conservatrice-restauratrice, gestionnaire des collections / membre du projet de recherche participatif "Gels Métaux" > claire.martin2@paris.fr

Contact

Pôle archéologique - Département d’Histoire de l’Architecture et d’Archéologie de Paris

11 rue du Pré - 75018 Paris

Tel : 01.71.28.20.20

Mail : DAC-contactDHAAP@paris.fr

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Dernière mise à jour le mercredi 27 mars 2019

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