Du 5 au 28 mars 2026, la Galerie Vallois présente « WOMANAKWA », le nouveau projet du duo MansAmo (Mansara & Amaury Voslion).
Réalisées en apnée, leurs photographies subaquatiques font surgir un panthéon contemporain nourri de mythologies (vodun, traditions
d’Afrique de l’Ouest, récits grecs et égyptiens).
Répertoire mythologique : vodun, Afrique de l’Ouest, Grèce, Égypte
Les figures qui traversent « WOMANAKWA » s’alimentent de mythologies diverses. Le vodun, des traditions d’Afrique de l’Ouest, des sources grecques et égyptiennes apparaissent comme des réservoirs de formes et de récits — non pas pour citer, mais pour activer : activer des archétypes, des gestes, des puissances, des “rôles” symboliques. Ce panthéon ne cherche pas la cohérence savante. Il cherche l’efficacité poétique : faire sentir que le sacré n’a pas disparu, qu’il s’est déplacé. Que des divinités “oubliées” peuvent survivre autrement, sous d’autres formes, dans une autre grammaire.
Le projet se déploie au-delà des photographies : vidéos, œuvres textiles et textes prolongent l’expérience. Les médiums se répondent comme des registres : l’image fixe suspend, la vidéo fait revenir le temps, le textile matérialise le rite, le texte murmure et relance la question. L’ensemble construit une exposition pensée comme un espace de circulation : circulation des regards, des récits, des intensités.
L’intime comme moteur : maladie et renaissance
Le projet s’inscrit aussi dans une expérience existentielle. Le parcours de Mansara, traversé par l’épreuve de la maladie, inscrit dans « WOMANAKWA » une dimension de renaissance : l’eau comme lieu de régénération, de retour au souffle, de reconquête du corps. Cette dimension intime ne “explique” pas les images, mais elle leur donne une densité : il ne s’agit pas d’un imaginaire gratuit, mais d’un imaginaire vécu, éprouvé, reconstruit.
Corps, tissus, souffle : le protocole d’une image
Le choix de l’apnée est déterminant : il impose un régime de temps particulier, une économie du geste, une conscience aiguë du souffle. Cette contrainte physique organise l’esthétique même du projet : le corps n’est pas “posé” dans l’eau, il s’y négocie. Le tissu ne flotte pas, il écrit. La lumière ne décrit pas, elle révèle.
Fille d’une infirmière aux ascendances bohémiennes et d’un père ivoirien, Mansara grandit en France et développe une pratique nourrie d’un héritage culturel métissé. Son art, à l’enseigne de la musique et de l’écriture, se déploie également dans le théâtre et les arts visuels. Une rencontre déterminante avec l’étude op.10 n°3 de Frédéric Chopin marque un tournant : la musique devient un médium central pour exprimer son imaginaire. Formée aux Cours Florent, elle se produit dès 2001 aux Arènes de Lutèce. Elle compose et collabore avec de nombreux artistes et projets, et participe à des performances et concerts en France comme à l’international. Sa démarche s’inscrit dans une recherche transdisciplinaire où la voix, le texte, l’image et la scène dialoguent. À travers ses créations, Mansara explore les transformations, les métamorphoses et la poésie du quotidien, avec une sensibilité attentive aux passages entre les mondes, les cultures et les formes.
Initié à la photographie dès sa jeunesse, il embrasse très vite une carrière de réalisateur, développant une esthétique du sensible, à la croisée des genres (fiction/documentaire, fantastique/expérimental). En 1995, il réalise son premier court métrage, puis, trois ans plus tard, son premier documentaire consacré à Gérard Garouste et à son centre d’art « La Source ». Il poursuit ensuite une carrière de réalisateur qui l’amène à réaliser des films pour et sur de nombreux artistes. Primé à Cannes en 2003 pour un travail de fond sur le cinéma underground new-yorkais, il signe par la suite plus d’une vingtaine de documentaires sur des artistes pour de nombreux médias (dont Arte, Canal +, TV5 Monde). Photographe de formation, souvent chef opérateur et monteur de ses films, il réalise également des clips et des projets musicaux, dont Mingus Erectus (2019), long métrage entièrement musical dédié au contrebassiste Charles Mingus, sélectionné et primé dans de nombreux festivals. En 2025, il reçoit le Grand Prix du festival MIFAC d’Angoulême pour Regard Panseur, film-portrait consacré à l’artiste vidéaste Mehdi Meddaci.