Évènement

Exposition : herbiers naturels, XVIIIe siècle

Du lundi 6 novembre au vendredi 22 décembre 2023
Exposition : herbiers naturels, XVIIIe siècle
Dans le cadre de l'année thématique Nature 2023, le département de la Réserve de la bibliothèque Sainte-Geneviève présente un cycle d'expositions sur les herbiers naturels du XVIe au XVIIIe siècle.
Parmi les riches collections du département de la Réserve de la bibliothèque Sainte-Geneviève dans le domaine des sciences naturelles se trouve un magnifique herbier en trois grands volumes sans doute constitué dans le premier tiers du XVIIIe siècle. L’auteur est un certain Georg Herwig, mentionné dans les poèmes dédicatoires présents en tête des deux premiers volumes, signés « Paulus Boroppidanus » et datés respectivement de 1718 et 1726. Le premier volume contient 388 spécimens, le second 449 et le troisième, resté inachevé, seulement 65. La présence des noms de plantes en danois et la mention de la ville de Køge à la fin d’un des deux poèmes dédicatoires laissent à penser que cet herbier a été constitué au Danemark. Il présente un large panel de spécimens aux origines géographiques diverses, peut-être en partie rapportés par Georg Herwig au cours de voyages et/ou acquis grâce à un réseau d’échanges, selon une pratique courante à l’époque. Le second volume comporte toutefois davantage d’espèces spécifiques au Nord de l’Europe et notamment aux zones maritimes. Le principe de classement de l’herbier de Georg Herwig n’a pas pu être identifié mais l’auteur a réuni la plupart du temps plusieurs espèces d’un même genre sur un feuillet et a complété chaque volume d’un index par ordre alphabétique des noms latins.
Les plantes sont soigneusement collées sur le recto des feuillets de papier et leurs noms, en latin et en danois, sont copiés à l’encre noire et rouge sur des bandes de papier minutieusement ciselé collées sur la partie inférieure de chaque spécimen. Dans le premier volume, la nomenclature utilisée par l’auteur fait presque systématiquement référence à un ou plusieurs botanistes antérieurs pour les différents noms donnés en latin : on voit par exemple que la parisette à quatre feuilles est nommée « Solarium Quadrifolium bacciferrum » par Gaspard Bauhin (1560-1624), « Herba Paris » par Pierandrea Mattioli (1500-1577), « Aconitum monoccon » par Valerius Cordus (1515-1544) ou encore « [Aconitum] Salutiferum » par Tabernaemontanus (1525 ?-1590). Quatre équivalents sont donnés en danois mais sans référence à une source quelconque : « Etbaer Ulfsbaer Fireblad Uleblad ». Dans le second volume, la nomenclature ne comporte pratiquement aucune référence et, quand elle existe, elle renvoie presque exclusivement à Tabernaemontanus. Cette diversité dans la dénomination des plantes explique les efforts des botanistes de la première moitié du XVIIIe siècle pour codifier leur discipline face à l’accroissement exponentiel du nombre d’espèces répertoriées, en proposant non seulement des classifications méthodiques mais aussi une méthode de désignation des espèces. C’est ainsi que le médecin et naturaliste suédois Carl von Linné (1707-1778) établit entre 1735 et 1753 son système, la nomenclature binominale : chaque plante est nommée par deux termes en latin, un nom de genre et un nom d’espèce. Dans son traité Species plantarum publié en 1753, dans lequel il officialise sa nomenclature en botanique, la parisette à quatre feuilles se trouve sous la dénomination Paris quadrifolia.
Les volumes de cet herbier danois sont très certainement passés plus tard au cours du XVIIIe siècle entre les mains d’un botaniste ou d’un amateur français, comme en témoignent par exemple, dans le troisième volume, la présence de quelques spécimens fixés de manière différente sur des feuillets volants et comportant des noms en français ou encore celle d’une note sur la conservation des plantes ou la fabrication de la colle en français. La constitution d’herbiers se multiplie en effet au XVIIIe siècle, traduisant la vitalité du mouvement de collecte de la flore par les savants mais aussi l’engouement du « grand public » pour la botanique. Certains auteurs jouent un rôle important dans ce domaine, autant par leurs publications que par la confection d’herbiers : c’est le cas de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), qui se découvre une véritable passion de botaniste au cours des quinze dernières années de sa vie.
Mise à jour le 05/12/2023

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