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Un chantier écolo pour transformer un lycée en médiathèque

Mise à jour le 16/02/2022
Faire d'un ancien lycée une médiathèque et une maison des réfugiés ? Qui plus est sans grands travaux ? C'est possible et ça se fait au lycée hôtelier Jean Quarré dans le 19e arrondissement.
L’ancien lycée hôtelier Jean Quarré change de look… et de fonction. L'établissement scolaire s’apprête à devenir une médiathèque d’un nouveau genre dans le quartier de la place des Fêtes, baptisée « James Baldwin ». Elle accueillera également une maison des réfugiés.
Et pour une fois, il n'y aura pas de démolition spectaculaire ni de travaux en béton. Un chantier exemplaire en termes d'écoresponsabilité pour un changement de fonction radical.

« Le premier réemploi, c’est celui du bâtiment »

Future médiathèque James Baldwin (19e) par l'atelier Philippe Madec
Des ouvertures et des doubles niveaux vont être créés dans le bâtiment existant pour faire entrer l'air et la lumière.
Atelier Philippe Madec
Depuis 2019, les équipes de Philippe Madec, l’architecte en charge du projet, planchent sur la transformation intérieure du lycée. « Le bâtiment est sa propre ressource : ce qu’on enlève de l’ancien bâtiment sert à faire le nouveau bâtiment. Quand on a été invité à travailler sur le lycée Jean Quarré, il y avait le lycée Jean Quarré. Plutôt que de le déconstruire, on s’est dit “le premier réemploi, c’est le bâtiment qui est déjà là” ».
De ce constat naissent de nombreuses idées pour réutiliser les matériaux existants. Les dalles de plancher ont été découpées et serviront de dallage à l’extérieur. Les sanitaires et appareils d’éclairage, encore fonctionnels, seront réutilisés tels quels. Les éléments non réutilisables seront broyés, mais les broyats resserviront ensuite en fond de forme pour les aménagements extérieurs.
« Le lycée avait un plan d’une grande homogénéité et une efficacité structurelle qui permettaient de les réutiliser, raconte l'architecte. Bien sûr, on change leur nature, on fait en sorte que ces structures ne soient plus étanches pour laisser passer l’air, la lumière et le vent, ce qui n’était pas le cas des conceptions précédentes. Cela demande une modification, mais ce n’est pas une destruction. »

Des travaux d'aménagement écoresponsables

Future médiathèque James Baldwin (19e) par l'atelier Philippe Madec
2500 m² de culture et 5000² de verdure sont prévus dans la future médiathèque. Qui a dit qu'il fallait cultiver notre jardin ?
Atelier Philippe Madec
L’ambition du projet ne s’arrête pas à sa construction. Son usage aussi a été anticipé. Le bâtiment sera isolé par l’extérieur grâce à de la laine de bois. À l’intérieur, des panneaux de terre crue coulée, préfabriqués à partir de la terre extraite lors des travaux du Grand Paris Express, contribueront à maintenir des températures fraîches en été et stockeront la chaleur en hiver. Quant à la climatisation, elle sera rendue inutile par la mise en place d’une ventilation naturelle.
Ainsi, les besoins en énergie seront maîtrisés, d’autant plus que les bâtiments seront chauffés grâce au réseau de chaleur urbain et que des panneaux solaires seront installés sur la toiture végétalisée.
Des espaces verts contribueront à rendre le lieu plus agréable : 4000 m² de jardins seront aménagés, dont certains seront cultivés. Des espaces de lecture sont prévus pour bouquiner ou écouter un livre-audio en profitant de l’extérieur.

Réhabiliter plutôt que raser l'existant

Future médiathèque James Baldwin (19e) par l'atelier Philippe Madec
Des salles de travail, une salle polyvalente et des passerelles permettront de faire le lien entre la médiathèque et la maison des réfugiés.
Atelier Philippe Madec
Aujourd’hui, le secteur de la construction représente 40 % des émissions de gaz à effet de serre. Alors que le patrimoine vieillit, que les usages changent et que les ressources naturelles sont moins facilement disponibles, il devient nécessaire de réhabiliter l’existant pour l’adapter aux besoins actuels en réutilisant des ressources locales.
« Le fait de déconstruire un bâtiment puis d’envoyer les déchets dans des décharges pour qu’ils soient peut-être réemployés, cela représente beaucoup d’énergie, de pollution et de temps sur la réalisation d’un projet. Réemployer nous permet de polluer moins tout en économisant du temps et des ressources », assure Philippe Madec, co-auteur d'un manifeste sur la frugalité heureuse et créative.
Tout cela demande un peu d’inventivité, mais les exemples ne manquent pas pour convaincre les plus réticents. En témoignent la piscine Pontoise (5e) en cours de rénovation et la ferme Montsouris (14e).
Une maison des réfugiés verra aussi le jour en 2023
En 2016, l'ancien lycée avait été transformé en centre d'hébergement pour des personnes réfugiées. Après les travaux, une maison des réfugiés leur permettra d'être accompagnés dans leurs démarches administratives, l'apprentissage du français et l'insertion professionnelle. L'association Emmaüs sera en charge de cet accompagnement.

Pour aller plus loin

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