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Actualité

Plomb : le point sur la situation après l'incendie de Notre-Dame

Mise à jour le 13/09/2019
Après l’incendie de Notre-Dame le 15 avril 2019, la Ville de Paris a suivi l’ensemble des recommandations formulées par les autorités sanitaires. De nombreuses mesures et opérations de nettoyage ont été réalisées dans les écoles, crèches, aires de jeux pour enfants du secteur de Notre-Dame. Vous trouverez ci-dessous des éléments d’information et des réponses aux questions que peuvent se poser les Parisien·ne·s.
Durant tout l'été, la Ville a mobilisé les moyens nécessaires à la réalisation de prélèvements et d'analyses de plomb et entrepris des opérations de nettoyage, selon les recommandations du ministère de la Santé. Toutes les informations d’ordre sanitaire sont du ressort du ministère (Agence régionale de santé d'Île-de-France), et il est essentiel que chaque gestionnaire d’établissement recevant du public qu’il s’agisse de la Ville, de la Région, autres acteurs publics ou privés, applique dans son domaine les consignes et recommandations formulées par les autorités sanitaires.
L’ensemble des informations sur les actions conduites par la Ville et les résultats des prélèvements sont diffusés au fur et à mesure sur cette page.

Éléments d'informations générales

Quelle est l'origine de la situation ?

Le 15 avril 2019, l’incendie majeur du toit et de la flèche de la cathédrale Notre-Dame ont occasionné d’importants dépôts de poussières dans l’espace public, dont des poussières de plomb, liées à la composition du toit de Notre-Dame.

À partir de quel seuil de concentration en plomb dans les poussières, y a-t-il un risque sanitaire ?

Des prélèvements environnementaux ont eu lieu juste après l’incendie et ont montré que la qualité de l’air était bonne. Il n’y avait donc pas de risque d’inhalation du plomb. Dès lors, le risque sanitaire réside dans l’ingestion de plomb. Ce risque est particulièrement présent pour les jeunes enfants (moins de 7 ans) qui mettent leurs mains à la bouche, et chez les femmes enceintes.

C’est pourquoi le Haut Conseil de la Santé publique a défini des seuils d’intervention des pouvoirs publics en cas de dépistages individuels anormalement élevés pour trouver les sources d’exposition au plomb et y remédier. Concrètement, si une plombémie (dosage du plomb dans le sang) révèle chez un enfant un taux de plomb > 50µg/L, une enquête est déclenchée pour trouver d’où vient le plomb dans les lieux que fréquente l’enfant et éloigner l’enfant de cette source d’exposition. Il s’agit bien d’un seuil pour l’action et pas d’un seuil d’alerte sanitaire.

Pour prévenir les intoxications dans les lieux d’accueil des jeunes enfants, il est également préconisé que des investigations environnementales soient conduites lorsque le contexte montre un potentiel de contamination des milieux (site industriel, actif ou non, associé à l’émission de plomb, habitat ancien non réhabilité avec présence probable de plomb dans les espaces privés ou communs, présence d’anciennes canalisations en plomb). L’incendie de Notre-Dame constitue un cas particulier qui a amené à faire ces investigations dans les établissements municipaux (cf. ci-dessous).

Dans un courrier à la Maire de Paris, du 7 juin 2019, le ministère de la Santé via l’Agence régionale de santé (ARS) a fixé comme valeur de référence 70 µg/m² pour la moyenne arithmétique des niveaux de concentration en plomb mesurés dans les poussières à l’intérieur des locaux accueillant des enfants. Cette valeur est reprise dans l’avis sanitaire de l’ARS en date du 18 juin 2019. Il n’existe pas de valeur de référence sanitaire pour les niveaux de concentration en plomb mesurés dans les poussières à l’extérieur. Toutefois, l'ARS :
- dans son avis du 18/07/2019 a défini une référence correspondant à un « bruit de fond environnemental » à Paris, égal à 5000 µg/m² dans l’espace public ;
- sur sollicitation de la Ville, a défini le taux de 1000 µg/m² comme référence pour les cours et espaces extérieurs des écoles. Vous trouverez des informations complètes sur leur site : https://www.iledefrance.ars.sante.fr/.

Quelles ont été les différentes étapes depuis l’incendie de Notre-Dame ?

À la suite de cet incendie, la Ville de Paris a réalisé de nombreuses mesures dans les écoles publiques, collèges, crèches municipales et associatives du secteur de Notre-Dame, conformément aux prescriptions du ministère de la Santé, par l'intermédiaire de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France.

S’agissant des équipements dont elle a la charge, après l’incendie de Notre-Dame, des nettoyages humides comme préconisés par le ministère de la Santé (ARS) et une première campagne de prélèvements ont été réalisés par les services de la Ville, au sein des établissements d’accueil de la petite enfance et scolaires identifiés par les recommandations du ministère de la Santé dans un périmètre de 500 mètres autour de Notre-Dame ; les écoles de ce périmètre ont présenté des taux conformes aux normes sanitaires.

Le 18 juillet : le ministère de la Santé par le biais de l’Agence régionale de santé (ARS) a élargi le périmètre des prélèvements à réaliser aux établissements accueillant des enfants ou hébergeant des femmes enceintes situés à moins de 300 mètres autour des points dépassant 5000 µg/m² dans l’espace public. La Ville a immédiatement procédé à de nouveaux prélèvements dans les écoles, crèches et autres équipements publics concernés, en commençant prioritairement par celles qui accueillaient des enfants pendant cette période estivale.

Quelles sont les compétences de la Ville et de l’État dans ce domaine ? Comment se déroule la coordination entre l’État et la Ville de Paris ?

La Ville de Paris travaille de manière étroite et coordonnée avec les services de l’État afin d’assurer un contrôle des niveaux de plomb présents dans l’environnement au regard des valeurs de référence fixées au niveau national et reprises dans les avis successifs de l’ARS, ainsi qu’une dépollution rapide et efficace lorsque cela s’avère nécessaire. À chaque étape, la Ville a suivi les recommandations de l’ARS et a adapté son niveau d’intervention.

Quels sont les résultats actuellement disponibles et quelles ont été les actions engagées ?

Tous les établissements scolaires et petite enfance (13 écoles, 12 crèches) situés dans le périmètre défini par l’ARS ont fait l’objet de mesures. Leurs résultats sont désormais connus et publiés sur le site de la Ville de Paris. (Retrouvez en fin de page toutes les analyses.)

Parmi eux, 3 écoles ont présenté des résultats dépassant les normes sanitaires.
• École maternelle et école primaire rue Saint-Benoît (6e), et par sa proximité, collège Jacques Prévert. Les taux sont conformes à l’intérieur des établissements. Des taux supérieurs à 1 000 µg /m² ont été mesurés dans les cours. Dès connaissance des résultats le 24 juillet, la Ville a immédiatement fermé les centres de loisirs situés dans l’enceinte des écoles Saint-Benoît, puis a engagé une société spécialisée pour mettre en œuvre l’ensemble des mesures correctrices nécessaires. Le protocole de traitement a été défini vendredi 2 août et les travaux se sont terminés le 22 août dernier. Ces derniers ont consisté à excaver et rebitumer la cour de récréation. Ces deux écoles étant par ailleurs contiguës à un collège, Prévert, sa cour a également été excavée et rebitumée pour éviter tout phénomène de recontamination.

• École élémentaire rue Saint-André-des-Arts (6e). Les concentrations intérieures sont en moyenne inférieures à 70 µg/m². Toutefois, une courette présente un taux de contamination supérieur à 1 000 µg/m². Cette courette fait l’objet d’une couverture du sol du patio par des dalles souples pour supprimer cette pollution.

• École élémentaire rue de Verneuil (7e). Les taux sont conformes à l’intérieur de l’établissement. Pour trois points de prélèvements dans le jardin extérieur attenant à l’école, les niveaux mesurés sont supérieurs à 1 000 µg/m². L’accès au jardin a été supprimé.

Une fois, ces travaux réalisés, l’ensemble de ces établissements est l’objet de mesures pour s’assurer de leur efficacité. Pour répondre aux demandes des familles, bien que l’ARS ne préconise ces investigations complémentaires, la Ville a choisi d’élargir ce périmètre en réalisant des mesures complémentaires au sein des établissements suivants : collège Couperin (4e), collège Rognoni (5e), école maternelle Madame (6e), école élémentaire Madame (6e), collège Prévert (6e) et le lycée municipal Maximilien Vox (6e).

Des analyses et des prélèvements sont toujours en cours et les résultats sont publiés au fur et à mesure sur le site Paris.fr.

Qu’en est-il de la dépollution du parvis de Notre-Dame ?

Les travaux et le parvis de Notre-Dame sont sous la responsabilité de l’État.

Le parvis de Notre-Dame et les rues adjacentes font l’objet d’un traitement spécifique, placé sous la responsabilité de l’État, au regard des fortes concentrations en plomb qui y ont été mesurées.

L’État apportera toutes les précisions utiles sur ce sujet. À l’issue de ces travaux, de nouveaux prélèvements seront réalisés pour évaluer leur efficacité.

Comment la Ville informe les citoyens sur les travaux à venir ?

Toutes les informations sont publiées régulièrement sur Paris.fr.
Toute personne peut appeler la Ville de Paris (39 75) et sera renseigné ou réorienté vers l’autorité la plus habilitée à lui fournir une réponse. Par ailleurs, tous les parents reçoivent ou ont déjà reçu une information personnalisée concernant les résultats de l’école de leur(s) enfant(s) et la marche à suivre selon les préconisations des autorités de santé.

Quelle est la technique utilisée pour nettoyer les écoles comme Saint-Benoît ? Qui est habilité à réaliser les travaux de dépollution ?

À Saint-Benoît, la Ville a choisi un protocole de décroutage (on enlève totalement la couche de bitume polluée de 4 à 5 centimètres pour la remplacer par une nouvelle). Afin de réaliser cette opération, la Ville travaille avec un prestataire, l’entreprise Séché qui a une solide expérience de ce type de chantier.

Combien ont coûté les travaux à l'école Saint-Benoît ?

Le montant des travaux pour la cour des école et collège de Saint-Benoît est de 200 000€.

Où est acheminé le bitume pollué ?

Dans le cas d’une débitumisation comme c’est le cas à Saint-Benoît, le bitume pollué est mis dans des sacs hermétiques (big bags) marqués afin d’en assurer la traçabilité, puis ces sacs sont transportés jusqu’à une unité de traitements des déchets dangereux en Mayenne.

L'accompagnement proposé aux Parisiens

Quel est l’accompagnement mis en place par la Ville de Paris concernant d’éventuelles plombémies des enfants et des agents de la Ville présents sur place (notamment sur le parvis) ?

La Ville de Paris a adressé au mois d'août un courrier à chaque parent dont l’enfant fréquente un établissement situé dans le périmètre, détaillant l’accompagnement qui leur est proposé, notamment la réalisation d'une plombémie, examen recommandé par l’Agence régionale de santé d’Île-de France et la Ville de Paris qui vise à mesurer la présence de plomb dans le corps. Pour ce faire, il suffit de se rendre chez votre médecin traitant qui peut vous prescrire cet examen entièrement pris en charge par la sécurité sociale.

Où puis-je effectuer une mesure de plombémie gratuitement ?

  • Le centre de santé de la Ville de Paris Edison (44 rue Charles Moureu dans le 13e arrondissement) dépiste en priorité les populations les plus à risque : enfants de moins de 7 ans et femmes enceintes.
  • Vous pouvez également vous rendre directement à l’Hôtel-Dieu, (1 parvis Notre-Dame - place Jean-Paul-II, dans le 4e arrondissement) où un médecin prescrira ce dépistage que vous pourrez réaliser sur place.
  • Pour les enfants de moins de 7 ans, vous pouvez également vous rendre dans un centre de Protection Maternelle Infantile (PMI), pour bénéficier gratuitement d’une prescription pour le dépistage à réaliser ensuite en laboratoire : centre de PMI, 85 bd Raspail dans le 6e arrondissement, sans rendez-vous les mardis et jeudis après-midi de 14h à 17h, les mercredis matin de 9h à 12h ; centre de PMI, 6 rue de Moussy dans le 4e arrondissement, sans rendez-vous, les lundis, jeudis et vendredis matin de 9h à 12h, les mardis et mercredis matin de 9h à 12h et après-midi de 14h à 17h.
Plus largement, l’exposition au plomb des enfants résulte des niveaux de contamination par le plomb de l’ensemble des lieux qu’ils fréquentent, et de leur comportement (geste qui porte la main à la bouche dit « main-bouche »), c'est pourquoi le lavage des mains reste un geste de prévention primordial.

J’habite dans le périmètre concerné, le dépistage au plomb est-il obligatoire ?

Comme le rappelle le ministère de la Santé, les populations les plus à risques sont les jeunes enfants, en particulier ceux âgés de moins de 7 ans, et les femmes enceintes et l’enfant qu’elles portent. Pour les femmes enceintes, le repérage du risque d’exposition au plomb pendant la grossesse est recommandé, en lien avec le médecin traitant. Les autres personnes peuvent aussi, si elles le souhaitent, réaliser un test de dépistage pour examiner leur exposition au plomb. D'autre part, vous trouverez des informations complètes sur les mesures simples de nettoyage permettant de réduire les risques sur le site de l'ARS.

Les toits des préaux des écoles sont-ils traités au même titre que les cours ?

Afin de prendre en compte le risque éventuel de transport des poussières des toits des préaux d’école vers des lieux accessibles aux enfants, la situation de ces toits est étudiée au cas par cas, en fonction des particularités techniques de ces derniers (modalités d’évacuation des eaux de ruissellement, type de revêtement, par exemple), et des mesures adaptées sont mises en œuvre afin de prévenir les risques de transfert vers les cours ou d’autres lieux accessibles aux enfants.

En dehors du périmètre, y a-t-il des risques de pollution ?

Par son utilisation passée ou actuelle, le plomb est un polluant très présent dans l’environnement et dans l’alimentation. Aussi, en dehors même du périmètre impacté par l’incendie de Notre-Dame, des expositions au plomb peuvent survenir. La réalisation d’une plombémie (dosage du plomb dans le sang) permet de mesurer de façon objective le niveau d’exposition au plomb d’une personne.

Mobilisation et vigilance historique de la Ville de Paris

Quelles sont les actions menées par la Ville de Paris depuis ces dernières années pour limiter la présence de plomb ?

La Ville de Paris mène depuis de nombreuses années une politique visant à améliorer les conditions de vie des Parisiens pour limiter les effets de la pollution et des nuisances : réduction du trafic automobile et de la pollution de l’air, réduction des nuisances sonores, etc. La Ville est très vigilante sur la présence de plomb à Paris, très marquée, du fait du passé industriel du tissu urbain et du type de bâti parisien.

Le plomb est un métal d’usage ancien, qui est présent dans notre environnement quotidien : anciennes peintures, canalisations d’eau en plomb, sols et poussières, aliments, air, etc. La réduction des expositions au plomb des enfants en particulier (en raison de leur plus grande sensibilité à ce polluant) est un objectif de santé publique, la toxicité du plomb s’exprimant sans « effet de seuil ». Dans les années 90, la Ville de Paris a réalisé une vaste campagne d’élimination des canalisations d’eau en plomb dans ses équipements, en premier lieu les écoles et crèches. Elle contrôle régulièrement la qualité de l’eau et supprime progressivement les peintures anciennes qui présentent des risques de présence de plomb. Elle mène aussi une veille active des cas de saturnisme grâce à son réseau des centres PMI, en lien avec les autorités sanitaires.

Ainsi, le Service parisien de Santé environnementale, assure par délégation de l’État, la réalisation des enquêtes environnementales autour des cas de plombémies supérieures au seuil de déclaration obligatoire. Il réalise par ailleurs des prélèvements et analyses dans les établissements accueillant du public gérés par la Ville. Il contribue à l’élaboration de plans de prévention du risque de saturnisme et de réduction des expositions, car le plomb a été retenu comme un des huit grands facteurs d’exposition responsables de pathologies majeures en santé environnementale à Paris dans le Plan Paris Santé Environnement adopté en Conseil de Paris en décembre 2015. Le premier contrat local de santé de la Ville avec l’État et les autorités sanitaires, conclu en 2018, a aussi renforcé la lutte contre le saturnisme.

Etat des lieux des équipements respectant les normes établies l'ARS relatives aux concentrations de plomb dans les espaces intérieurs et extérieurs en date du 10 septembre

Les prélèvements et analyses réalisés

Prélèvements et analyses à l'intérieur des établissements scolaires et crèches

Prélèvements et analyses dans le 1er arrondissement
Prélèvements et analyses dans le 4e arrondissement
Prélèvements et analyses dans le 5e arrondissement
Prélèvements et analyses dans le 6e arrondissement
Prélèvements et analyses dans le 7e arrondissement

Analyses et prélèvements des sols des espaces verts

Analyses et prélèvements dans divers équipements de la Ville de Paris

Analyses et prélèvements dans les aires de jeux

Prélèvements et analyses de plomb dans les lycées

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