Avec
Traduction et violence, Tiphaine Samoyault propose de penser la traduction en termes politiques afin de rendre visible la violence largement occultée que celle-ci peut induire. Car l'acte de traduire n'est pas neutre, en particulier dans les contextes dénués de bienveillance ou d'altruisme, celui-ci s'accompagnant souvent d'une part de déformation ou d’appropriation et occasionnant déception et blessures. La traduction est même, nous dit l'auteure, un des instruments décisifs de toutes les entreprises coloniales : «
Traduire l’autre, c’est souvent le dominer en l’amenant de force vers soi, vers ses ordres sociaux, culturels et idéologiques. » (
entretien avec Frédérique Roussel, Libération, 1
er avril 2020).