Cet évènement fait partie de
Nuit Blanche 2026
Comment les étoiles ont-elles participé à l’avancement de nos sociétés ? Repères pour les peuples et guides pour les explorateurs, les astres sont à l’origine de nombreux mythes fondateurs. Leur place centrale dans la vie des Hommes en fait des témoins silencieux de l’évolution de l’humanité.
La Fondation Maison des Sciences de l'Homme propose d’aller à la
rencontre des étoiles lors de la prochaine Nuit blanche 2026 grâce à un
dialogue entre sciences humaines, sciences sociales et astronomie. Les
savoirs de la philosophie, l'histoire des sciences et de l’astrophysique
couplés à la poésie mettront en lumière la place centrale qu’occupent
les étoiles dans la vie des peuples. Chercheuses, chercheurs et passeurs
d’histoire feront ainsi voyager le public, des représentations
culturelles au télescope Hubble en passant par les explorations des
navigateurs de l’époque moderne.
Novice ou savant des constellations, tout le monde pourra ressortir
de cette soirée avec une meilleure compréhension de ces objets
stellaires qui illuminent l’humanité depuis le début des temps.
Le programme
Soirée modérée par la scientifique et journaliste Dominique Leglu.
Munis d’un télescope et d’une caméra, Stephen Rater, astronome voyageur, et Boris Wilmart,
réalisateur, ont parcouru le monde à pied. Ensemble, ils vont à la
rencontre des populations locales pour échanger sur leur vision du
cosmos et partager des observations célestes, du Kirghizistan à
l'Amérique du Sud, des Monts d’Ardèche au Pic du midi de la France.
20h – À l’école du ciel : symboles et pouvoirs des étoiles chez les anciens
Victor Grysembergh, historien de la philosophie et
des sciences de l’antiquité (Mésopotamie, Grèce et Rome Antique), a
participé à la redécouverte de fragments du catalogue d’étoiles de
l'astronome Hipparque. Il interviendra sur les questionnements religieux
et philosophiques chez les Grecs et les Romains.
Sylvie Nony est chercheuse en histoire et
philosophie des sciences, notamment celles du Moyen-Âge arabe. À partir d’un
traité arabe de philosophie naturelle intitulé "Pourquoi les étoiles
sont visibles la nuit et invisibles le jour", cette intervention
explorera les théories de la diffusion de la lumière. Elle permettra
aussi de replacer ces savoirs dans l’histoire de leur circulation,
notamment à travers l’héritage d’Alhazen dans le monde latin.
21h – Spectacle « Imaginaires du ciel » - Première partie
Par Karine Mazel, conteuse, et Anaël Noury,
musicien. Cette première partie du spectacle sera centrée sur des
contes d’Afrique de l'ouest, de Corée, et des contes issus des peuples
premiers d'Amérique du Nord.
21h45 – Quand les astres outillent le monde
François Bellec, contre-amiral et ancien directeur
du musée de la Marine, historien de la mer, reviendra sur l'importance
de l’astronomie dans les innovations techniques, les avancées de la
navigation et les grandes découvertes.
Pauline Zarrouk, cosmologiste au CNRS, expliquera
pourquoi et comment cartographier les galaxies aujourd’hui et en quoi
les cartes du ciel sont à la fois une aventure scientifique et un enjeu
de connaissances.
22h30 – Spectacle « Imaginaires du ciel » - Seconde partie
À partir de cartes figurant les planètes et les astres, Karine Mazel improvise avec le public un conte qui relate l'origine d'une constellation imaginaire.
Les intervenant.e.s
Victor Gysembergh est directeur de recherches au CNRS,
spécialiste d’histoire des sciences et de la philosophie antiques. Ses
travaux portent notamment sur la transmission et l’interprétation des
savoirs astronomiques dans les sources antiques, incluant une édition
des fragments d’Eudoxe de Cnide dans la Collection des Universités de
France (Budé). Il est actuellement responsable du projet ERC PALAI,
consacré à l’étude des palimpsestes grecs et latins par imagerie
multispectrale, ouvrant de nouvelles fenêtres sur des textes
scientifiques longtemps inaccessibles.
François Bellec est contre-amiral, membre et ancien
président de l'Académie de marine, ancien directeur du Musée national de
la Marine. Historien des découvertes, des voyages scientifiques et de
l'art de naviguer, il a publié une trentaine d'ouvrages dont
une Histoire universelle de la navigation (Tome 1 Les découvreurs
d'étoiles; Tome 2 Des étoiles aux astres nouveaux.)
Sylvie Nony est professeure agrégée de Physique et a
réalisé une thèse sur les controverses concernant la physique du
mouvement, au Moyen-Âge. Editée sous le titre Les variations du mouvement, Abû al-Barakât, un physicien à Bagdad (Vie/XIIe siècle) (éds
IFAO, Le Caire, 2016) son travail explore les évolutions de la science
du mouvement dans le monde médiéval arabe et les diverses
interprétations de l’héritage de l’Antiquité grecque. L’histoire des
sciences, trop souvent centrée sur la recherche de continuité entre ces
deux périodes, a parfois négligé les inventions audacieuses sur ce sujet
et les sujets connexes que sont le temps, l’espace, le vide,
l’infini… Les sciences arabes n’ont pas seulement transmis l’héritage
grec mais elles ont profondément renouvelé ses approches dans de
nombreux domaines.
Karine Mazel est conteuse depuis 1995. Pour elle, raconter est une façon de donner en partage les grandes questions humaines.
Pauline Zarrouk, cosmologiste au CNRS, travaille au
Laboratoire de Physique Nucléaire et des Hautes Energies (LPNHE) de
Sorbonne Université. Elle coordonne le projet DESI, Dark Energy
Spectroscopic Instrument, pour le CNRS, qui vise à cartographier le ciel
en mesurant la position de plusieurs dizaines de millions de galaxies
pour mieux comprendre la composition et la dynamique de notre Univers,
et en particulier sa phase actuelle d'expansion accélérée. Pauline
Zarrouk est également très impliquée dans la diffusion scientifique et a
à cœur de partager notre histoire cosmique avec un public toujours plus
large et varié. Les travaux de Pauline Zarrouk viennent d’être
récompensés par la médaille de bronze du CNRS.
Dominique Leglu est présidente de l’association française pour l’avancement des sciences (AFAS), après avoir été directrice éditoriale du mensuel scientifique Sciences et Avenir et du trimestriel La Recherche et éditorialiste au magazine Challenges. Physicienne de formation, autrice de plusieurs livres dont « Supernova », consacré à la fameuse SN1987A, première explosion de supernova visible à l’œil nu au XXe siècle, elle a fait traduire de nombreux ouvrages chez Robert Laffont, dont ceux de Brian Greene (La magie du cosmos) ou Leonard Susskind (Trous noirs. La guerre des savants). Elle a été lauréate du prix Jean Perrin 1990 de la Société française de physique.
Boris Wilmart est auteur, réalisateur et monteur de documentaires. Ses films explorent les liens entre humains et nature, en cherchant à transmettre une profondeur visuelle et émotionnelle dans chacun d’eux. Depuis plusieurs années, il s’intéresse plus particulièrement à l’astronomie, en questionnant notre rapport au cosmos et la manière dont celui-ci influence nos vies et notre perception du monde. Il a notamment développé cette réflexion à travers plusieurs courts-métrages, puis plus récemment avec la série documentaire Marche à l’étoile (2021–2024), réalisée pour ARTE et Ushuaïa TV.
Après des études de dessin et de design, Stephen Rater
multiplie les traversées au long cours en Espagne, en Islande ou en
Nouvelle-Zélande, avant de réaliser en 2014 un voyage fondateur en
solitaire au Népal. C'est là qu'en improvisant un cours d'astronomie
dans une école de montagne, il décide de concilier définitivement
aventure et partage scientifique. Depuis 2018, il a fait de l'astronomie son activité principale, organisant des
astrobivouacs en forêt et s'engageant auprès de personnes touchées par
le cancer avec le groupe Siel Bleu. Par la suite, ses expéditions menées
au Népal, au Kirghizistan et en Amérique du Sud pour partager
l'observation du ciel avec les populations locales ont fait l'objet de
documentaires réalisés avec Boris Wilmart et diffusés sur Ushuaïa TV et
Arte. Afin de porter ces projets de solidarité, l'association Marche à
l'étoile a été créée. Elle pilote aujourd'hui son projet le plus
ambitieux : la construction d'un observatoire astronomique permanent
dans la région du Mustang, au Népal, pour offrir un accès durable à
l'astronomie aux communautés de l'Himalaya.
Batteur, bassiste et compositeur, intermittent du spectacle, Anaël Noury est membre
de plusieurs formations orientées principalement vers le jazz moderne.
La musique assistée par ordinateur, l'accompagnement de récit et
l'écriture de musique pour le spectacle vivant constituent un autre
aspect de son travail de compositeur.