Sous la feuillée des marronniers,
un pavillon ancien de métal et de verre accueille une chambre étrange composée
de meubles de bois qui auraient développé la faculté magique de reprendre vie,
de redéployer leur ramure ; un intérieur à ciel ouvert gagné par la fibre
végétale, où les objets et les créatures s’animent, comme surgis d’une forêt
enchantée.Au cœur cette scène onirique, un
rouge éclatant, sanguin, fait son apparition. Il s’allie à la résurgence de la
sève, la révèle, la soutient dans sa montée. Il colore les bois, les bêtes, et
même les os des disparus.Une aiguille géante signe la
présence de cette force vive qui voudrait rendre au monde sa santé primitive,
sa beauté intouchée. Qui dort, qui rêve ici ? Est-ce l’esprit de l’Arbre qui
délivre son élan, l’âme émue du Poète qui sonde le grand Mystère, l’illusion
couturière de l’Artiste qui traque l’Invisible ? ou vous qui cherchez parfois
une autre respiration ?La Nature, l’Art, l’Homme se
rêvent en conjugaison.La scène appelle l’imaginaire,
réveille en nous la conscience du cycle naturel en faisant ressurgir des
passerelles entre l’humain et les autres règnes, l'animé et l’inanimé, la mort
et la vie.