"La Campagne est une pièce très concrète, avec un art du dialogue très rare, qui oscille entre l’ironie et la profondeur. Je suis frappé, dans cette oeuvre en particulier, par la puissance de l’écriture : une intrigue parfaite (un « polar » qui se combine avec une « tragédie domestique »), un équilibre dans les dialogues, des personnages qui ne se dévoilent que très progressivement, et un arrière plan de critique sociale et politique. Le couple, pour Crimp, peut représenter, dans cette pièce en tous cas, le début d’une forme de totalitarisme : le grand thème crimpien est, selon moi, la perversion, et cela s’applique aussi bien dans la sphère privée que publique. Bien entendu, cette dimension de cruauté n’est que suggérée et on doit la mettre en scène avec discrétion, mais le langage crimpien a cette vertu de lectures ouvertes et multiples. Non sans humour, ce qui est, à ce degré de profondeur, une des nombreuses qualités de son écriture."