Nous célébrerons cette année le 150e anniversaire de la naissance de Léon Blum. À cette occasion, la Mairie du 11e, en lien avec la Maison Léon Blum, vous propose de découvrir les différentes facettes de cet homme d’État, amoureux de la culture qui fut conseiller d'État, critique dramatique, avant de devenir le leader de la SFIO - le gardien de la vieille maison - et le chef de file du Front populaire.
Conférences
La genèse de Léon Blum
Blum avant Blum. Léon Blum est l’un de ces rares personnages
historiques qui le sera devenu sans réellement l’avoir voulu. Il n’était
subjugué ni par un éventuel destin ni par un quelconque désir de
reconnaissance. Ami de Gide, proche de Proust, Léon Blum ne rêvait que de
littérature. Par quel détour, cet homme tranquille, mondain, membre du Conseil
d’État et critique dramatique, est-il devenu l’une des figures socialistes et
l’un des hommes d’État les plus importants du XXe siècle ?
Quand ? Mercredi 4 mai à 19h
Par Frédéric Salat-Baroux, avocat,
ancien Secrétaire général de l’Élysée (2005-2007),
administrateur de la Maison Léon Blum,
auteur de Blum le Magnifique
Léon Blum et l’antisémitisme
Juif dreyfusard, Léon Blum fut lui-même en butte à
l’antisémitisme. Dans la France des années 30, il aura à faire face, comme
peu d’hommes, à sa flambée. À la violence des mots, ceux de la presse et de ses
adversaires, s’ajoutera, le 13 février 1936, celle des coups. Boulevard
Saint-Germain, Blum est passé à tabac par des militants nationaliste
d’extrême-droite, membres pour l’essentiel de l’Action française. Cela ne
l’empêchera pas de devenir le chef, quelques mois plus tard, du gouvernement du
Front populaire avant d’être arrêté par le régime de Vichy, puis livré aux
Allemands.
Quand ? Jeudi 30 juin à 19h
Par Milo Lévy-Bruhl, doctorant en philosophie politique à l’EHESS,
enseignant à l’Institut Catholique de Paris,
administrateur de la Maison Léon Blum,
auteur de la préface de la réédition de la dernière œuvre de Léon Blum, À l’échelle humaine
Léon Blum et les femmes
Léon Blum était-il féministe ? Défenseur d’un socialisme
permettant l’émancipation de l’individu, il semblait acquis aux droits des
femmes : mariage, divorce, droit au travail et égalité salariale. Il était
même partisan d’une réforme — audacieuse pour l’époque — des mœurs. S’il a
ouvert la porte à une participation active des femmes à la politique, en
nommant trois femmes au sein du premier gouvernement du Front populaire, il n’accéda
pas, toutefois, à la demande la plus insistante des organisations
féministes : accorder le droit de vote aux femmes.
Quand ? Mercredi 28 septembre à 19h
Par Christine Bard, professeure d’histoire à l’université d’Angers,
membre senior de l’Institut universitaire de France, spécialiste du féminisme et de la sexualité,
auteure de la préface de l’ouvrage Léon Blum et l’émancipation des femmes d’Antoine Tarrago
Léon Blum, le juriste
À l’exception de son passage au cabinet du ministre Marcel
Sembat dans le gouvernement d’Union Sacrée, Léon Blum se rendra, chaque matin, pendant
près de 25 ans, au Conseil d’État. Dans cette noble institution, dont une
salle au troisième étage porte aujourd’hui son nom, il aura l’honneur, à partir
de 1910, d’obtenir un pupitre, c’est-à-dire d’occuper les fonctions de
commissaire du gouvernement. S’il quitte le Palais Royal après son élection à
la Chambre en 1919, il n’abandonne pas le droit pour autant. En 1921, il embrasse
la robe et s’inscrit au barreau de Paris, où il plaide plusieurs années au
Civil.
Quand ? Jeudi 13 octobre à 19h
Par Fouad Eddazi, maître de conférences en droit public à l’université d’Orléans,
membre du Comité d’histoire parlementaire et politique
Léon Blum et le Front populaire
À la suite de la victoire du Front populaire, Léon Blum
devient, le 4 juin 1936, Président du Conseil. L’espace d’un été, du temps
des cerises à celui des vendanges, un vent nouveau, empli d’espérance, souffle
sur le pays. L’instauration des congés payés, la réduction du temps de travail,
l’augmentation des salaires, l’établissement des conventions collectives,
autant d’avancées sociales qui survécurent au Front populaire. En proie à bien des
crises et à de nombreuses difficultés, celui-ci prit fin, le 8 avril 1938,
avec la démission de Léon Blum.
Quand ? Mercredi 2 novembre à 19h
Par Pascal Ory, historien,
membre de l’Académie française,
administrateur de la Maison Léon Blum
Léon Blum, les années de guerre, sa fin de vie et sa postérité
Après avoir refusé les pleins pouvoirs à Pétain, Léon Blum
trouve refuge à Colomiers où il est arrêté en septembre 1940 pour être traduit
devant la Cour suprême de justice. Transféré au fort du Portalet après l’ajournement
de son procès, il sera déporté, en mars 1943, à Buchenwald. Détenu en lisière
du camp, il retrouve Mandel et y épouse, en troisièmes noces, Jeanne Levylier. À
son retour de captivité, en mai 1945, Léon Blum quitte peu à peu la vie
publique. Il se retire à Jouy-en-Josas où, toujours très actif et sollicité, il
meurt le 30 mars 1950, à l’âge de 77 ans. Des obsèques nationales lui
seront rendues le 2 avril, place de la Concorde.
Quand ? Mardi 6 décembre à 19h
Par Dominique Missika, éditrice, journaliste, historienne,
membre du comité scientifique de la Maison Léon Blum à Jouy-en-Josas,
auteure de Je vous promets de revenir : 1940-1945, le dernier combat de Léon Blum et de Thérèse, le grand amour caché de Léon Blum,
Par Antoine Malamoud, arrière-petit-fils de Léon Blum,
auteur des préfaces des ouvrages Les lettres Buchenwald et Le dernier mois
Concerts-conférences
Léon et Lise Blum et la musique française
Léon Blum s’engagea, activement, en politique que
tardivement, à l’âge de 47 ans. Avant cela, il menait une vie mondaine,
entre le Conseil d’État et ses activités de critique dramatique. Après son
mariage en février 1896 avec Lise Bloch, il s’installe rue du Luxembourg, avant
de déménager pour un appartement plus vaste, situé 126 boulevard du
Montparnasse. Là-bas, son épouse y organise un « salon » dans lequel s’y croise
régulièrement Maurice Ravel, Gabriel Fauré, Reynaldo Hahn et Alfred
Cortot.
Quand ? Mercredi 5 octobre à 19h
Léon et Lise Blum et la musique allemande
Arrêté en octobre 1940 et emprisonné par le gouvernement de
Vichy, Léon Blum est livré aux Allemands puis déporté à Buchenwald en mars
1943. Détenu en lisière du camp, il y retrouve Georges Mandel et épouse, en
troisièmes noces, Jeanne Levylier. Pendant leur détention, tous trois échangent
régulièrement leurs impressions à l’écoute des œuvres de Johannes Brahms,
Ludwig Van Beethoven, Anton Bruckner, Christoph Willibald Gluck et même La
Walkyrie de Richard Wagner.
Quand ? Mercredi 30 novembre à 19h
Par Gérard Sutton, historien de la musique et de la danse
ancien professeur au conservatoire Charles Munch, du 11e arrondissement, et au conservatoire à rayonnement régional de Saint-Maur-des-Fossés
Par le conservatoire Charles Munch
En partenariat avec la Maison Léon Blum
Située à Jouy-en-Josas, cette maison est la dernière demeure de Léon Blum. Il y vécut de 1945, à son retour du camp de Buchenwald, jusqu’à sa mort en 1950. Inscrite au titre des Monuments Historiques, la Maison devient musée en 1986 et reçoit le label « Maison des Illustres » en 2012. Son espace d’exposition permanente est composé de multiples ressources documentaires retraçant la vie et l’œuvre de Léon Blum. Comme le souhaitait Jeanne Blum, sa dernière épouse, cette Maison est aujourd’hui un lieu vivant de mémoire et de culture.