Vers Paris sans sida

Faisons de Paris la ville de l’amour sans sida ! Zéro nouvelle contamination par le VIH à partir de 2030, c’est l’objectif que s’est fixé Paris. Les solutions efficaces pour se protéger et arrêter l’épidémie se sont diversifiées. Le sida se combat par la connaissance, par l’engagement de chacun.e et par la politique. 

Comprendre l’épidémie VIH pour mieux la combattre

Le raisonnement 90-90-90

C’est une vérité scientifique aujourd’hui établie : une personne séropositive qui prend un traitement anti-VIH dans le cadre d’un suivi médical régulier ne transmet pas le virus à ses partenaires sexuels. Les médicaments antirétroviraux sont aujourd’hui si efficaces qu’ils rendent le virus indétectable dans le sang et les liquides sexuels des personnes atteintes. Et lorsqu’il est indétectable, le virus est "intransmissible" même s’il n’a pas complètement disparu de l’organisme de la personne séropositive.

Ainsi, si toutes les personnes qui vivent avec le VIH étaient diagnostiquées, sous traitement, avec des conditions de vie acceptables leur permettant de conserver cette charge virale indétectable, le virus responsable du sida se transmettrait de moins en moins jusqu’à atteindre zéro nouvelle contamination.

On estime qu’il suffirait d’atteindre les "3x90" pour faire baisser radicalement les contaminations :

  • 90% des personnes qui vivent avec le VIH sont diagnostiquées
  • 90% des personnes diagnostiquées sont sous traitement
  • 90% des personnes sous traitement ont une charge virale indétectable

Un objectif que Paris doit atteindre dès 2020.

Une épidémie qui perdure

Pourtant, l’épidémie de VIH perdure en France : depuis 10 ans, environ 6000 personnes découvrent leur séropositivité chaque année, plus d’une sur dix au stade tardif du sida. Paris concentre 20% de ces nouvelles infections, pour seulement 3% de la population nationale.

La persistance de ces chiffres alarmants s’explique principalement par l’écart entre le nombre de personnes porteuses du VIH et le nombre de personnes diagnostiquées (82% sont diagnostiquées, 18% ignorent leur séropositivité). On parle d’une "épidémie cachée" composée à la fois de personnes qui n’ont jamais fait de test pour le VIH, qui en ont fait un il y a trop longtemps ou qui viennent juste de s’infecter et ne le savent pas encore.

En d’autres termes, les personnes les plus exposées à l’épidémie ne sont pas assez, et pas assez souvent, dépistées. 

Une épidémie qui discrimine

Car nous ne sommes pas tous égaux face au risque du VIH. A Paris comme dans le reste de la France, l’épidémie touche de façon disproportionnée certains groupes de la population, notamment les hommes homo ou bisexuels et les personnes nées dans un pays à forte prévalence, principalement d’Afrique ou des Caraïbes, mais qui peuvent s’être infectées en France.

Les hommes ayant des relations sexuelles entre hommes (HSH) représentent ainsi 52% des découvertes de séropositivité VIH à Paris, et les personnes hétérosexuelles nées à l’étranger 38%. Par rapport à la population hétérosexuelle née en France métropolitaine, le risque d’être exposé au VIH est 200 fois plus élevé pour les HSH, 70 fois plus élevé pour les femmes originaires d’Afrique subsaharienne et 30 fois plus élevé chez les hommes hétérosexuels originaires d’Afrique subsaharienne. Une étude récente a montré qu’entre un tiers et la moitié des migrants d’Afrique subsaharienne séropositifs pour le VIH résidant en Ile-de-France ont été infectés après leur arrivée en France.

Certains groupes sont particulièrement vulnérables au VIH, comme les personnes transgenres ou les étrangers en situation irrégulière, car ils cumulent les situations de marginalité socio-économique et les difficultés à faire valoir leurs droits.

Enfin, les personnes vivant avec le VIH sont encore confrontées à de fortes discriminations dans de nombreux domaines de leur vie sociale, qu’il s’agisse du travail, de la santé ou de l’acceptation de leur statut sérologique dans la famille ou au sein d’une relation amoureuse. En suscitant la peur et le rejet, les représentations stigmatisantes des personnes séropositives éloignent du soin ceux qui en ont besoin et fragilisent leurs conditions de vie. Elles hypothèquent non seulement leur avenir, mais aussi notre capacité collective à mettre fin aux contaminations.

La science avance

Il n’existe à ce jour aucun traitement capable de guérir du VIH, ni aucun vaccin scientifiquement valide pour s’en prémunir.

Cependant, depuis l’arrivée des trithérapies en 1996, les traitements antirétroviraux sont de plus en plus efficaces et de mieux en mieux tolérés par les patients. Avec des combinaisons pouvant se réduire à 1 seul comprimé par jour, les traitements restaurent l’espérance de vie en bonne santé des personnes séropositives et empêchent la transmission du virus aux partenaires sexuels.

Pour cette raison, en France depuis 2013, il est recommandé aux médecins de proposer un traitement antirétroviral dès que possible à toute personne séropositive, quels que soient son état immunitaire ou sa charge virale. Plus le traitement est initié tôt après la contamination, moins le VIH aura de temps pour s’installer dans l’organisme et plus l’espérance de vie en bonne santé sera élevée. En outre, plus tôt on connaît sa séropositivité, plus vite on prend des mesures pour éviter de transmettre le virus à une autre personne par ignorance.

Enfin, depuis le 1er janvier 2016, la France est le premier pays à autoriser et à rembourser la prescription d’un traitement antirétroviral en prévention pour une personne qui n’est pas infectée par le VIH mais qui pourrait y être exposée. C’est ce que l’on appelle la PrEP ou Prophylaxie pré-exposition. Une avancée majeure dans la lutte contre l’épidémie, dont l’efficacité à empêcher les contaminations selon différents schémas de prise a notamment été démontrée par une recherche française, l’essai ANRS IPERGAY.

A chaque Parisien.ne sa solution pour mettre fin au sida

Chaque Parisien, chaque Parisienne peut faire de Paris la ville de l’amour sans sida…

En luttant contre les discriminations

Chacun de nous peut contribuer à promouvoir une ville inclusive et solidaire pour les personnes vivant avec le VIH et pour les populations qui sont le plus exposées à l’épidémie. Le respect, l’information et l’engagement sont les meilleurs moyens de lutter contre le sida.

En adoptant la bonne fréquence de dépistage

Une fois par an, tous les trois mois, plus souvent, après une situation à risque… les recommandations pour faire un test de dépistage du VIH varient selon les sexualités, les milieux de vie, le degré d’exposition à l’épidémie, le nombre de partenaires ou l’assiduité à l’usage du préservatif.

 Les moyens de se dépister pour le VIH sont nombreux, chacun peut trouver celui qui lui convient :

  • Une prise de sang, sur prescription médicale dans un laboratoire d’analyses ou gratuitement dans un Centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD), permet de connaître son statut sérologique de façon certaine dès 6 semaines après une situation à risque.
  • Un test rapide d’orientation diagnostique (TROD) permet de connaître son statut sérologique en 30 minutes, avec une fiabilité certaine trois mois après une situation à risque : il peut être réalisé dans les associations de lutte contre le sida habilitées.
  • Un autotest est un test rapide à réaliser chez soi, qui s’achète en pharmacie ou peut être obtenu gratuitement auprès de certaines associations de lutte contre le sida habilitées.

En trouvant le préservatif qui vous convient

Le préservatif est le meilleur moyen de se protéger du VIH et de toutes les autres infections sexuellement transmissibles (IST). C’est aussi un excellent moyen de contraception !

Il existe presque autant de préservatifs que de pratiques sexuelles : interne ou externe, en différentes matières, tailles, goûts, épaisseurs, textures… Produit de consommation courante, il s’achète aussi bien en pharmacie qu’en supermarché, dans des distributeurs automatiques ou chez certains buralistes.

On en trouve gratuitement auprès de nombreuses associations, bars et boîtes de nuit.

La Mairie de Paris achète et redistribue gratuitement chaque année plus d’1,5 million de préservatifs.

En prenant un traitement préventif 

Si les traitements antirétroviraux empêchent le virus d’entrer et de se multiplier dans les cellules d’une personne séropositive, certains peuvent aussi être pris par une personne qui n’est pas infectée par le VIH pour s’en protéger. C’est ce qu’on appelle la PrEP ou Prophylaxie pré-exposition. 

La PrEP s’adresse aux personnes qui ne sont pas infectées par le VIH, qui n’utilisent pas systématiquement le préservatif lors de leurs rapports sexuels et qui sont à haut risque de contracter le VIH. Aujourd’hui, le médicament prescrit pour la PrEP est le Truvada®, qui associe deux molécules antirétrovirales dans un même comprimé. Il doit être prescrit par un médecin spécialiste du VIH dans un centre hospitalier ou un CeGIDD (centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic). L’ordonnance peut être renouvelée chez un médecin de ville. Sa prise doit être accompagnée d’un suivi régulier avec un dépistage complet du VIH et des autres IST tous les trois mois.

En réagissant rapidement après un risque de transmission

Le TPE, Traitement Post-Exposition, s’adresse à toute personne qui a été exposée au VIH: il permet de diminuer le risque de contamination et doit être pris dès que possible après la situation à risque, si possible dans les 4 heures qui suivent le rapport et au plus tard sous 48 heures. Il est délivré 24h/24 dans les services d’urgences des hôpitaux et dans certains services hospitaliers parisiens en journée.

Paris lutte contre le sida

Un engagement ancien

La Mairie de Paris est engagée de longue date dans la lutte contre l’épidémie. Elle soutient chaque année pour plus d’un million d’euros de subventions les actions de prévention, de dépistage et de soutien à l’insertion socio-économique des personnes vivant avec le VIH menées par une vingtaine d’associations locales.

Dans le cadre de sa politique de prévention et d’accès aux soins, elle gère trois centres médico-sociaux habilités Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD). Elle finance également 125 places d’accompagnement médico-social pour des personnes vivant avec le VIH en situation de perte d’autonomie.

La Mairie de Paris achète et redistribue gratuitement chaque année plus d’1,5 million de préservatifs.

La lutte contre les grandes pandémies, dont le VIH, est enfin l’une des priorités de l’action internationale de la Ville de Paris, qui y consacre chaque année 1,8 M€. En 2017, 16 associations ont été soutenues. Grâce aux 25 projets financés, environ 50.000 personnes bénéficient d’une prise en charge médicale et près de 500.000 ont accès à des actions de prévention et de dépistage.

L’initiative des villes

Le 1er décembre 2014, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, Paris a lancé avec l’ONUSIDA et une vingtaine de grandes villes du monde l’initiative des villes pour mettre fin au sida d’ici 2030.

La Déclaration de Paris a depuis été signée par plus de 220 villes dans le monde.

Vers Paris sans sida : le Rapport Lert

En mai 2015, la Maire de Paris a confié à l’épidémiologiste France Lert la mission d’élaborer des propositions d’organisation et d’actions pour permettre à Paris d’atteindre l’objectif 90-90-90 en 2020, et d’ici 2030 la fin de la transmission du VIH.

Remises le 1er février 2016 après six mois de concertation avec l’ensemble des acteurs locaux de la riposte à l’épidémie, les propositions de France Lert ont été adoptées à l’unanimité par le Conseil de Paris le 18 mai 2016, moins d’un an après le lancement du projet.

Vers Paris sans sida : gouvernance

Conformément aux recommandations du rapport Lert, la mise en œuvre du projet Vers Paris sans sida repose sur 4 piliers :

  • Une politique ancrée dans la communauté, débattue régulièrement au sein d’un comité stratégique réunissant 50 acteurs locaux de la lutte contre le sida, présidé par la Ville et l’Agence régionale de santé d’Ile de France.
  • Une politique qui reste sur la bonne trajectoire, grâce à un partenariat étroit avec l’ANRS (France REcherche Nord & sud Sida-hiv Hépatites), agence autonome de l’INSERM. Les équipes scientifiques de l’ANRS assurent la surveillance épidémiologique et comportementale à Paris à travers un tableau de bord d’indicateurs. L’Agence est notamment le promoteur de l’essai PREVENIR qui constitue le dispositif d’évaluation du programme Vers Paris sans sida : cette étude vise en effet à accompagner l’implémentation à grande échelle de la prévention combinée, incluant la PrEP, à Paris et en Ile de France.
  • Une coordination des acteurs institutionnels à l’échelle de la région. Paris travaille en lien étroit avec l’Agence régionale de santé, l’Assurance maladie, l’APHP et les COREVIH. La politique de promotion du dépistage communautaire au plus près des populations clés et de l’autotest est menée en coopération avec le Conseil régional d’Ile de France. France Lert a également consacré son énergie à la construction d’une stratégie pour mettre fin à l’épidémie dans le département voisin de la Seine Saint Denis. Ses recommandations sont intégrées dans le protocole de coopération entre nos deux départements.
  • La création d’une structure pour mobiliser des ressources financières dédiées au programme, en complément de celles investies par la Mairie, sous la forme juridique d’une association loi 1901. Créée le 13 septembre 2016, cette association Vers Paris sans sida a pour objet de collecter des fonds publics et privés afin de financer les actions proposées dans le cadre de la stratégie pour en finir avec l’épidémie de VIH à Paris. Elle a vocation à financer toute action permettant d’atteindre l’objectif 90-90-90 à Paris, en s’appuyant sur les recommandations du comité stratégique issu du rapport Lert. 

Actions financées à ce jour

La stratégie parisienne, par son approche globale des causes de l’épidémie, par son volontarisme et par son pragmatisme, a d’emblée reçu le soutien financier de plusieurs entreprises et fondations. A ce jour, elle est notamment soutenue par le MAC Aids Fund et le Groupe Estée Lauder, ainsi que par la compagnie pharmaceutique Gilead.

Avec un budget prévisionnel d’1 M€ pour 2017, dont 10% abondés par une subvention de la Ville de Paris, l’association "Vers Paris sans sida" soutient à ce jour :

  • Le doublement de la capacité de dépistage communautaire des associations intervenant auprès des migrants et des populations afro-caribéennes dans les quartiers prioritaires : financement forfaitaire de 5000 dépistages par TROD en complément des dotations de l’Assurance maladie.
  • Le renforcement de l’offre de consultations PrEP : financement de 11 vacations hebdomadaires dédiées à la PrEP dans les centres de dépistage parisiens (CeGIDD), soit une capacité de 1000 patients supplémentaires sous PrEP.
  • Le déploiement des autotests comme solution complémentaire favorisant le dépistage fréquent pour les personnes les plus exposées : en négociant un tarif unique pour l’ensemble des associations et CeGIDD habilités à délivrer gratuitement des autotests, l’association Vers Paris sans sida leur a permis d’accroître de 50% leur volume de commande en 2017.

La campagne #FaisonslAmour

La campagne #FaisonslAmour est conçue comme l’acte I du projet: un premier temps de communication qui marque les esprits et fédère les Parisien-nes autour du projet collectif positif de la fin du sida, tout en diffusant les premiers marqueurs de la solution pour y parvenir.

Ses objectifs sont les suivants :

  • Faire savoir que l’épidémie continue mais que la fin de la transmission est à portée de main
  • Rendre visibles les populations les plus exposées dans une ville inclusive
  • Poser les jalons de la prévention combinée : rendre visibles les outils de protection dans leur diversité

Elle s’adresse à l’ensemble des Parisien.nes autant qu’aux populations particulières qu’elle met en lumière. Il s’agit de susciter l’adhésion de toutes et tous au paradigme de la fin du sida : un objectif auquel chacun.e peut contribuer en véhiculant les bons messages, en adoptant la solution de protection qui lui convient, en promouvant le vivre-ensemble et en réfutant les idées reçues.

C’est un message d’engagement collectif optimiste basé sur des solutions individuelles diversifiées : nous pouvons être la génération qui met fin au sida en combinant nos énergies et nos stratégies individuelles dans une ville ouverte et inclusive.

Pour la première fois en France, une campagne portée par la puissance publique explicite le fait qu’une personne séropositive sous traitement ne transmet pas le VIH et que la PrEP protège du VIH. Le Ministère de la santé et Santé Publique France avaient ouvert la voie en novembre 2016 avec la campagne « Les situations varient, les modes de protection aussi » sur laquelle figuraient les mots « TASP » et « PREP ». Paris amplifie ce discours en consacrant une affiche à chacune de ces solutions.

Découvrez les vidéos making-of de la campagne

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Dernière mise à jour le jeudi 6 juillet 2017
Crédit photo : Mairie de Paris

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