Rencontre du cycle « #Restitutions. Une autre définition du monde » de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme, le 14 avril 2026 à 19h.
Comment aborder les enjeux éthiques, philosophiques et
patrimoniaux de la restitution tout en soulignant la nécessité d’une
réflexion collective sur les conditions d’un partage équitable du
patrimoine mondial ?
Face aux interrogations croissantes sur l’origine et la propriété des œuvres d’art et des biens culturels, Souleymane Bachir Diagne, directeur de l’Institut d’études africaines et professeur de philosophie à l’Université Columbia, et Marie-Cécile Zinsou,
historienne de l’art et présidente de la Fondation Zinsou,
s’interrogeront sur la manière de concilier justice historique,
circulation des savoirs et préservation des collections muséales.
Alors que de nombreuses institutions culturelles défendent l’idée
d’un patrimoine universel, accessible à tous et garant de la diffusion
du savoir, cette vision universaliste peut se heurter aujourd’hui aux
exigences de reconnaissance des souffrances coloniales, de mémoire
partagée et de souveraineté culturelle des peuples concernés.
Cette discussion mettra en lumière l’importance du dialogue entre les
cultures comme voie possible de réconciliation entre ces principes
parfois contradictoires. Elle abordera les enjeux éthiques,
philosophiques et patrimoniaux de la restitution, tout en soulignant la
nécessité d’une réflexion collective sur les conditions d’un partage
équitable du patrimoine mondial.
Lors de cette session inaugurale, les intervenants questionneront le
rôle et l’évolution des musées en tant qu’espaces de mémoire, de justice
patrimoniale et de rencontre interculturelle. La discussion invitera à
repenser la mission des musées dans un monde plus ouvert, plus inclusif
et plus conscient de son histoire commune.
Les discussions seront animées par la journaliste Valérie Nivelon (RFI).
Les intervenant.e.s
Philosophe sénégalais, Souleymane Bachir Diagne est professeur émérite à l’Université de Columbia, à New York. Ses ouvrages les plus récents en français sont : Le fagot de ma mémoire, Paris, Philippe Rey, 2021 ; De langue à langue. L’hospitalité de la traduction, Paris, Albin Michel, 2022 ; Universaliser. L’humanité par les moyens d’humanité, Paris, Albin Michel, 2024 ; Ubuntu. Entretien avec Françoise Blum, Paris, Éditions EHESS, 2024 ; Les universels du Louvre, Paris, Albin Michel et Chaire du Louvre, 2025.
Journaliste et documentariste sonore, Valérie Nivelon mène
des enquêtes historiques et participe à des programmes de recherche
scientifiques mémoriels. Au son des archives sonores et des témoignages,
elle produit des récits radiophoniques du point de vue des acteurs et
des témoins, afin de raconter l'Histoire autrement. Elle se déplace
régulièrement sur les terrains africains depuis plus de 20 ans et
participe à l'émergence des figures féminines de l'histoire.
Valérie Nivelon a reçu le prix scam de la meilleure émission de radio en 2011.
#Restitutions. Une autre définition du monde
Un cycle de rencontres, conçu en collaboration avec Valérie Nivelon (à l’initiative du Podcast Africaines Queens et de l’émission La Marche du monde sur RFI) qui animera les débats.
Le 7 juin 1978, Amadou Mahtar Mbow, premier africain directeur
général de l’Unesco, lance un « appel solennel » à tous les
gouvernements, institutions culturelles, musées, bibliothèques,
historiens et artistes, pour la restitution des biens culturels à leurs
pays d’origine. Presque 50 ans après cet appel fondateur, qu’en est-il
de la question du retour ?
Le cycle « #Restitutions. Une autre définition du monde » propose un espace de réflexion et de
dialogue autour des questions de restitution d’œuvres d’art et biens
culturels acquis dans des contextes de violence et de domination et
des enjeux de mémoire, de justice et de circulation des
patrimoines qu’elles soulèvent. Entre avril 2026 et fin 2027, la FMSH
organisera six discussions qui aborderont une réalité complexe, située
au croisement de l’histoire, du droit, de la diplomatie et de
l’éthique.
En réunissant chercheurs, juristes, responsables de collections,
archivistes et acteurs culturels et institutionnels, le cycle vise
à apporter des clés de compréhension et contribuer à des pratiques plus
justes, concertées et durables.