À l'occasion de la parution du livre "Le sexe du savoir", à paraître le 16 mars dans la collection "Perspectives genre" d'ENS Éditions, la Fondation Maison des sciences de l'homme organise une soirée de présentation de l'ouvrage.
Cette séance des Livres en dialogue réunira Michèle Le Dœuff, autrice de l'ouvrage, et Marjorie Bertin, journaliste à RFI.
À l'issue de la discussion, vous aurez la possibilité de poser toutes
vos questions à nos invitées. La rencontre sera suivie d'un moment de
convivialité.
Nos invitées
Michèle Le Dœuff est philosophe, ancienne élève de
l’ENS de Fontenay, agrégée de philosophie, elle a soutenu un doctorat en
Sorbonne et une habilitation à diriger des recherches à Nanterre.
Fortement orientée du côté de la philosophie morale et politique
(utopies, féminisme) ainsi que de l’histoire de la philosophie et des
idées sur la vie des sciences, elle a introduit la notion d’« imaginaire
philosophique » et joué en France un rôle pionnier dans les études
beauvoiriennes (dès 1976) et les études baconiennes (1978). Elle est
l’auteure de L’Imaginaire philosophique (Payot, 1980) publié plusieurs
fois en langue anglaise, L’Étude et le rouet (Seuil, 1989). Spécialiste
de Bacon, elle a établi l’édition française du Progrès et de
l’avancement du savoir (Tel, Gallimard) et de La Nouvelle Atlantide (GF,
Flammarion), et traduit Vénus et Adonis de Shakespeare (Paris,
Alidades, 1986).
Marjorie Bertin est journaliste et chroniqueuse à
RFI, Transfuge et au Courrier de l’atlas. Par ailleurs, Docteur en
Études théâtrale de la Sorbonne-Nouvelle où elle enseigne, ses travaux
portent notamment sur les arts dans le monde arabe, à propos desquels
elle vient de diriger un numéro de la revue Alternatives théâtrales
(juillet 2022).
L'ouvrage
Y a-t-il un problème entre les femmes et les sciences, voir entre les
femmes et le fait de savoir en général ? Non, bien sûr que non. Et
pourtant, la rumeur continue à circuler en boucles paresseuses, la
misogynie des doctes n’a pas désarmé, l’égalité est loin d’être là et
des énoncés assurant que les vraies femmes sont illettrées continuent
d’être publiés.
Michèle Le Dœuff entraîne lectrices et lecteurs dans des fouilles
archéologiques visant à retrouver l’origine enfouie de réflexes toujours
contemporains, dont l’ampleur reste à mesurer : existe-t-il un lien
entre la méconnaissance des rapports sociaux entre les sexes, les
mécanismes subtils ou grossiers mis en œuvre par les institutions
intellectuelles pour maintenir en leur sein autant de domination
masculine qu’elles peuvent et le mode de constitution des savoirs que
l’école di‑use ou ne di‑use pas?
Un parcours savant et caustique en compagnie de Platon, Christine de
Pisan, Thomas More, Gabrielle Suchon, Bacon, John Stuart Mill, Harriet
Taylor… Ou comment, sortant de sentiers battus, il paraît nécessaire
de réinventer certaines questions : pourquoi la culture est-elle
supposée diminuer le sex appeal ? Pourquoi y a-t-il des choses que bien
des hommes ne veulent pas comprendre ? Et comment l’intuition est-elle
venue aux femmes ?