Du 15 janvier au 10 mars, l'association des Filles de la Photo présente une exposition regroupant le travail de trois photographes sur les questions environnementales. A travers leurs regards singuliers et engagés, elles explorent avec poésie nos écosystèmes menacés.
Créé en 2020, le
Mentorat des Filles de la Photo est un accélérateur de carrière dédié aux femmes photographes. Cinq lauréates bénéficient d’un accompagnement pendant quinze mois, par un binôme de marraines expertes de la photographie, dans la réalisation de leur projet et le développement de leur parcours professionnel.
L’association Les Filles de la Photo propose de découvrir l’exposition No(s) Future(s), un dialogue photographique entre trois artistes aux regards aussi singuliers qu’engagés, sélectionnées parmi les lauréates des deux premières éditions du programme de Mentorat. Des forêts de Bourgogne-Franche-Comté en France à celles de l’État du Victoria en Australie, en passant par les profondeurs abyssales des océans, les photographes Amélie Chassary, Juliette-Andréa Elie et Sarah Braeck explorent avec poésie nos écosystèmes menacés. Ces trois séries révèlent des univers oniriques, aux couleurs à la frontière du surnaturel, qui rendent compte de l’urgence climatique. Outils de sublimation et de dénonciation, les images présentées dans No(s) Future(s) invitent les spectateur·ice·s à observer le monde sous un nouvel angle, pour pouvoir envisager un avenir meilleur.
Juliette-Andréa Elie est née en 1985, en Auvergne, dans la région des volcans.
La planète brûle de manière spectaculaire. Le bush et ceux qui peuplent les forêts de l’État du Victoria en Australie sont partis en fumée en 2019, et les images réalisées par Juliette-Andréa Elie seulement trois ans auparavant sur ces territoires sont trop vite devenues les archives d’un monde disparu. Sans céder à la tentation de l’évocation nostalgique, la photographe s’empare de cet état de fait pour interroger plastiquement ce basculement tragique.
Diplômée de l’école d’art Penninghen en 2009, Sarah Braeck travaille sur les ressources et la résilience du vivant végétal. Dans le contexte du réchauffement climatique, le principal puits de carbone que constituent les forêts terrestres est plus que jamais fragilisé. Les algues brunes séquestrent non seulement du CO2 dans leur biomasse comme les arbres, mais participent également à un processus de stockage dans des excrétions carbonées, le Fucoidan, qui peuvent rester durant des milliers d’années dans le fond des océans.
Le projet Les courants de lumière est un conte biologique illustrant ce phénomène naturel. Sarah Braeck collecte, auprès de chercheurs, des archives photographiques sur lesquelles elle intervient en couches de gestes : plongée des tirages dans l’eau, réhausse à l’encre, aplats de matières réfléchissantes pour révéler le carbone dans les courants de l’air et de l’eau, re-prises de vue au flash.
Amélie Chassary est une artiste photographe française née en 1980. Diplômée de l’école d’art Penninghen, elle démontre, dans son approche de la photographie, l’importance de ses études académiques.
Dans un engagement écologique poétique, l’artiste parle de sa relation quotidienne à la nature, devenue le sujet privilégié de ses photographies. Elle nous offre une vision esthétique et sensuelle. Fruits et légumes, fleurs et branchages sont photographiés comme des tableaux et des ornements. Amélie Chassary retrouve le geste du peintre en créant les teintes de ses compositions ou en rehaussant ses tirages de peintures par touches successives au rythme ralenti de la contemplation.
Ces trois projets sont exposés du 15 janvier au 10 mars sur les grilles de la Tour Saint-Jacques.