Évènement

Exposition : "La Mémoire des hauts-fonds"

Du jeudi 1er février au samedi 6 avril 2024
Sous le commissariat de Mathieu Kleyebe Abonnenc et Nataša Petrešin-Bachelez. Il faut s'imaginer marcher sur un banc de sable, suivre avec délicatesse et prudence le chemin qu'il dessine depuis le rivage, en nous amenant toujours plus loin vers les abîmes. Il faut s'imaginer ce lieu, comme une trace, toujours changeante, qui serait à la fois rattachée au rivage tout en étant submergée par la mer, le fleuve, l'océan. Un espace liminal, qui ne serait plus la terre et pas encore la mer, le fleuve, l'océan, et dont les transformations constantes construiraient à la fois des voies de communication inédite, des points de ralliements temporaires, mais aussi des impasses, ou la menace de naufrages à venir. Un lieu qui serait donc en perpétuelle mutation du fait des courants sous-marins qui le traversent et le modèlent, excavant ici des histoires oubliées, des récits de résistances et de luttes, recouvrant là des champs de batailles ou des trésors anciens.
Ces hauts-fonds, par cette association de termes opposées, produisent une poésie de la cohabitation des contraires héritière de La Table d’émeraude d’Hermès Trismégiste : « Il est vrai, sans mensonge, certain, et très véritable: ce qui est en bas, est comme ce qui est en haut ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour faire les miracles d’une seule chose. »
La Mémoire des hauts-fonds présente le travail d’artistes, anciens et actuels résidents de la Cité internationale des arts, venus de territoires aussi géographiquement éloignés que la Réunion ou la Guyane, la Nouvelle-Calédonie ou Trinité-et-Tobago. En suivant cette image des bancs de sable, des hauts-fonds, l’exposition imagine une traversée subjective et non exhaustive dans la création d'une vingtaine d'artistes. L'exposition ne cherche pas à thématiser, ni à rassembler en aire géographique ou en générations leurs pratiques, mais elle tente de suivre des courants, des traces, des intensités, des refus, qui de manière fragile et temporaire construisent un sens et une poésie du lieu et de l'histoire singuliers, qui décentre et déplace. Elle suit aussi les transformations et les mutations des langues coloniales au contact des langues autochtones, qu'elles soient d’Afrique, des Amériques ou d’Asie. Ces langues sont un patrimoine oral précieux, qui construisent de nouveaux usages et parfois de nouvelles cosmogonies. Elles créent d’autres narrations du vivant et parlent de la vie et de la survie pour mieux contrecarrer la violence inscrite dans les corps par le projet colonial.
Avec les artistes (sous réserve) :
Kenneth Alfred, Minia Biabiany, Estelle Coppolani, Caroline Déodat, Thierry Fontaine, David Gumbs, D Harding, Keywa Henri, Karla Hiraldo Voleau, Raymond Marek Kowspi, Alexander Lee, Nathalie Leroy-Fiévée, Olivier Marboeuf, Shivay la Multiple, Jonathan Potana, Roseman Robinot, Marie-Hélène Villierme, Charmaine Warren.
Commissariat : Nataša Petrešin-Bachelez, responsable de la programmation artistique et culturelle de la Cité internationale des arts et Mathieu Kleyebe Abonnenc, artiste.
Mise à jour le 08/01/2024

Paris.fr ne fait aucun suivi publicitaire et ne collecte aucune donnée personnelle. Des cookies sont utilisés à des fins statistiques ou de fonctionnement, ainsi que d'analyse (que vous pouvez refuser ici), nous permettant d'améliorer le site en continu.

Plus d'informations