L'Institut du monde arabe organise, le vendredi 13 octobre, dans le cadre de l'événement "Ce que la Palestine apporte au monde, une journée d'étude consacrée à Jean Genet.
Cette
journée d’étude est consacrée à la relation intime
qu’entretient Jean Genet avec la Palestine. Des années 1970
jusqu’à sa mort en 1986, il dédie sa vie et son œuvre au soutien
du combat des Palestiniens.
Avec Albert
Dichy, directeur
littéraire de l'IMEC (Institut des mémoires de l'édition
contemporaine).
Marc
Trivier, Portrait
de Jean Genet, 1985,
Rabat. Don de l’artiste, collection du Musée national d’art
moderne et contemporain de la Palestine. MNAMCP, Marc Trivier/Nabil
Boutros
Je
ne me suis jamais cru Palestinien, cependant j'étais chez moi,
écrit Jean Genet dans l'une des nombreuses notes inédites qui
figurent dans l'exposition de l'IMEC actuellement présentée à
l'Institut du monde arabe, Les
Valises de Jean Genet.
Que
signifie "être chez soi" dans la bouche d'un écrivain
sans feu ni lieu, sans famille ni origine, dont la prison aura été
la seule patrie et qui n'a jamais revendiqué d'autre titre que celui
de "vagabond" ? Quelle relation secrète cet auteur
singulier a-t-il noué avec le peuple palestinien, devenu lui-même
peuple vagabond, privé de terre et de pays, en exil sur son propre
territoire ? Comment comprendre ce qualificatif surprenant
d'"amoureux", qui détonne dans toutes les théories
de l'engagement politique, par lequel Jean Genet définit son
attachement au peuple palestinien ?
Le
paradoxe est qu'il ne s'agit pas seulement de soutien à une cause,
d'acte de militance ou de manifestation d'une affinité politique.
C'est à une œuvre profondément littéraire, devenue l'un des
grands chefs-d'oeuvre de la littérature politique du XXe siècle,
que Genet aura confié le récit de son expérience vécue dans les
camps et sur les bases palestiniennes, comme celle qu'il a également
nouée, au début des années 1970, avec les Black Panthers dans les
ghettos noirs d'Amérique.
Paru
un mois après sa mort en 1986, Un
Captif amoureux,
œuvre autobiographique et testamentaire, comme le bouleversant
récit, Quatre
heures à Chatila,
sur les massacres dans les camps palestiniens de Beyrouth,
commencé sur place en 1982, seront au coeur des interrogations de ce
premier colloque spécifiquement consacré à Genet et la Palestine.
Sans éluder les ambiguités et les polémiques soulevées par ces
textes, cette rencontre réunira universitaires, grands spécialistes
de l'œuvre, proches de l'auteur et témoins de cette très
singulière aventure littéraire, politique et humaine.
Ouverture de la journée d'étude - 10h30 : mot
d'accueil de Jack Lang et Albert Dichy
Séquence
1 - 11h - 13h
-
Elias
Sanbar,
écrivain, Ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco jusqu’à
2022, commissaire général de l'exposition « Ce que la
Palestine apporte au monde »
-
Patrice
Bougon,
critique littéraire et universitaire
-
Sandra
Barrère,
chercheuse à l'université de Bordeaux-Montaigne, autrice de
Écrire
une histoire tue. Le massacre de Sabra et Chatila,
2023
Séquence
2 - 14h30 - 15h45
-
Melina
Balcazar-Moreno,
enseignante à l'université de Poitiers et de Mexico, autrice de
Travailler
avec les morts, Politiques de la mémoire dans l'œuvre de Jean
Genet,
2010
-
Mairead
Hanrahan,
Professeure à University College London, auteur de Genet's
Genres of Politics,
2023
Séquence
3 - 16h - 18h
-
Manuel
Carcassonne,
auteur et éditeur, directeur des Éditions Stock
-
Albert
Dichy,
directeur littéraire de l'IMEC, co-directeur du Théâtre
complet
dans la bibliothèque de la Pléiade, commissaire de l'exposition
« Les valises de Jean Genet »
-
Entretien
avec Tahar
Ben Jelloun, écrivain,
poète et peintre
Table ronde | Genet et le monde arabe - 19h
-
Leila
Shahid,
Déléguée générale de l'Autorité palestinienne en France de
1994 à 2005, Ambassadrice de la Palestine auprès de l'Union
européenne, de la Belgique et du Luxembourg de 2005 à 2015
-
Dominique
Eddé,
écrivaine
-
Alfredo
Melgar,
témoin de l'expérience de Genet dans les camps de réfugiés
palestiniens
-
Arthur
Nauziciel,
metteur en scène français, il a mis en scène la pièce Les
Paravents de
Jean Genet, qui est prévue au TNB (Théâtre National de
Bretagne) ainsi qu'à l'Odéon–Théâtre de l'Europe en
2024
Clôture
-
Projection d’un extrait de Jean Genet, entretien avec Antoine Bourseiller (1981), collection Témoins Écrire.
-
Lecture d'un extrait d'Un captif amoureux : « la chambre de Hamza ».