À 19 ans, Ginette Kolinka est arrachée à sa vie pour être déportée à Auschwitz-Birkenau. Son père, son frère et son neveu y sont assassinés. Elle seule revient. Longtemps, elle se tait. Quarante-cinq ans de silence, puis un basculement : dire, raconter, transmettre… Ce livre, sous forme d’entretiens, donne à entendre une voix d’une clarté bouleversante, portée par les dessins de Catel Muller qui prolongent la force du témoignage. Ginette Kolinka y évoque la déportation, mais aussi les poisons toujours présents : le racisme, l’antisémitisme, le négationnisme, l’intolérance. Son récit n’est pas une leçon d’histoire figée, c’est un cri contre l’oubli et l’indifférence, contre la haine. À la veille du cent-et-unième anniversaire de Ginette Kolinka, lire ce témoignage, c’est comprendre que la mémoire n’appartient pas au passé : elle engage notre présent et notre avenir.