Évènement

On a vu et on a adoré… « Fin de partie » avec Denis Lavant et Frédéric Leidgens au théâtre de l’Atelier

Du mercredi 5 juin au dimanche 14 juillet 2024
Sur la scène du Théâtre de l'Atelier, un personnage infirme devant deux personnes âgées placées dans des grandes poubelles
Couronné du prix Laurent-Terzieff 2023 en qualité de meilleur spectacle dans un théâtre privé, « Fin de partie » revient pour 30 représentations exceptionnelles.

De quoi ça parle ?

Après plusieurs monologues beckettiens en compagnie de Denis Lavant, Jacques Osinski fait un nouveau pari, excitant et effrayant : Fin de partie, la grande pièce de Beckett, sa préférée. Tout à coup, il faut voir les choses en grand. Sommes-nous sur terre ? Sommes-nous sur l’arche de Noé après la fin du monde ? Peut-être est-ce déjà le purgatoire…

L’avis de la rédaction

Un vieil escabeau, deux poubelles rouillées, deux luminaires à la lumière blanchâtre : c’est au milieu de ce décor dépouillé que le metteur en scène Jacques Osinski jette ses personnages beckettiens. Un quatuor boiteux qui joue avec le temps, souvent avec cynisme, parfois avec mélancolie, dans un monde postapocalyptique où la fin ne semble pas venir. Sur la scène du théâtre de l’Atelier (18e), la puissance du jeu de Denis Lavant (Clov) et Frédéric Leidgens (Hamm) fait résonner avec une force saisissante les mots de Samuel Beckett, cruellement toujours d’actualité, et embarque le spectateur dans cet univers glaçant et poétique.
Dans cette vie en suspens, privée de nature, d’espoir et de sens, chacun trompe le temps en comblant les journées d’une série de petits gestes répétitifs. Le serviteur infirme place et déplace les mêmes objets, contemple avec résignation la même agonie, tente parfois, dans un bref sursaut de volonté, de quitter son maître. Quant à Hamm, aveugle et piégé dans sa chaise roulante, c’est une histoire sans fin qu’il tricote et détricote jour après jour.
Chaque réplique, chaque silence, chaque mouvement exécuté inlassablement questionnent la vanité de l’existence, la cruauté de l’humanité, l’absurdité de la guerre et la douleur du souvenir. Plongé dans le noir, le public retient son souffle, chatouillé jusque dans les tréfonds de son âme. Frissons.
Mise à jour le 10/07/2024

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