Évènement

Exposition : Monika Emmanuelle Kazi au Centre culturel suisse

Du samedi 19 septembre au dimanche 1er novembre 2026
Galerie Philipp Zollinger © Monika Emmanuelle Kazi, 2022

Les lieux que nous habitons continuent souvent de nous habiter. La pratique de Monika Emmanuelle Kazi fait revivre des espaces domestiques et des souvenirs familiaux nourris par une expérience diasporique entre Pointe-Noire en République du Congo, où elle a grandi, et Paris.

SAM 19.09 : Vernissage

Radio Nova invite le public à continuer la soirée au plateau du CCS avec deux concerts. Entrée libre dès 20:00 +

Avec terrain meuble, l’artiste transforme le CCS en une architecture traversée par les souvenirs. Une structure de cimaises mobiles occupe l’espace. Les murs deviennent des surfaces de projection où affleurent des récits familiaux, des traces d’enfance et des
histoires plus larges liées aux héritages coloniaux, aux échanges économiques et aux flux des matières et ressources premières.

Au coeur du projet se trouve une attention particulière aux matériaux de construction et à ce qu’ils racontent. Le ciment, introduit sur le continent africain durant la période coloniale pour construire « en dur », a progressivement remplacé des matériaux vernaculaires mieux adaptés aux climats locaux. En entravant la circulation naturelle de l’air et de l’humidité, il laisse apparaître sur les murs des condensations et auréoles que Monika Emmanuelle Kazi réinterprète comme des dessins ou des cristallisations de mémoire. À l’inverse, les bois tropicaux exportés vers l’Europe réapparaissent dans ses oeuvres sous forme de marqueteries, révélant d’autres circulations de matières, de valeurs et d’histoires.

Le titre terrain meuble évoque à la fois la mobilité, l’instabilité et l’humidité d’un sol en perpétuelle transformation, inscrivant son installation mobilier-mobile dans ce même écosystème. Composée de panneaux de bois mobiles, celle-ci est parcourue de détails, de traces et de strates de mémoire. En ajourant les cimaises, l’artiste en révèle l’ossature et laisse s’écouler le sable à travers les interstices. Pyrogravures, marqueteries de sapele (acajou du Congo) et fragments de papiers peints viennent inscrire dans cette architecture mouvante des récits intimes et transcontinentaux.

Mise à jour le 25/08/2026

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