Une présentation qui s'inscrit dans le cadre de " Parcours d'intellectuels en exil : un humanisme sans frontières", un cycle de conférences organisé par la FMSH et la Fondation Calouste Gulbenkian.
Intellectuels français en exil : les implications de l’hospitalité
Durant la guerre de 1939-1945, plusieurs intellectuels Français payèrent de leur vie leur engagement dans la Résistance active (Jean Cavaillès, Marc Bloch, Victor Basch, Maurice Halbwachs, Jean Prévost), d’autres choisirent, volontairement ou non, l’exil. On peut évoquer les noms de Roger Caillois en Argentine, Raymond Aron et Simone Weil en Grande-Bretagne, ou encore Jacques Maritain, Claude Lévi-Strauss, André Breton ou Paul Vignaux aux Etats-Unis, à New York. Si tous se considèrent comme hostiles au nazisme et à l’occupation de la France, ils divergent vite sur l’attitude à avoir envers celui qui émerge progressivement comme une figure capable d’incarner la France Libre, celle du général de Gaulle. On s’interrogera sur la portée de cette expérience de l’exil, qui fut pour la plupart temporaire et n’occasionna pas comme pour de nombreux exilés allemands par exemple, une adhésion à une nouvelle patrie d’adoption.
"Parcours d'intellectuels en exil : un humanisme sans frontières": un cycle de 4 conférences
L’exil n’a jamais épargné les intellectuels. Il a même été, au XXe siècle et jusqu’à nos jours, une des conditions habituelles de la vie de l’esprit. Mais s’il force la pensée et la création à s’interrompre, il les amène parfois aussi à s’épanouir ailleurs, voire même à se nourrir de cette situation faite de pertes et de contraintes. Ce cycle de conférences cherche à rendre visible la complexité de ces trajectoires intellectuelles, leur importance tant pour le renouveau de la pensée que pour celui de la démocratie.
Chaque conférence de ce cycle est organisée autour d’un intellectuel exilé, le plus souvent accueilli à la FMSH ou à l’EHESS. Avec les spécialistes invités à les présenter, ces intellectuels représenteront les horizons les plus variés, qu’il s’agisse de leur pays d’origine, de leur discipline de prédilection, de la période et des conditions de leur exil.
Le fruit d'une collaboration engagée
À l’initiative d’Álvaro Vasconcelos, ce cycle est organisé par la
Fondation Calouste Gulbenkian et la Fondation Maison des sciences de
l’homme (FMSH). Il est le fruit d’une collaboration engagée depuis plus
de dix ans et fondée sur des valeurs partagées, telles que le soutien à
la démocratie et aux droits humains.
La Maison des sciences de l’homme a, depuis sa création, œuvré à
promouvoir un dialogue constant entre les intellectuels de tous les
pays, y compris ceux dont la voix risquait, chez eux, d’être étouffée
par les contraintes politiques. Aujourd’hui, la FMSH perpétue cet
engagement en faveur des libertés académiques à travers ses programmes
de soutien.
Pour les Portugais, la France et Paris furent une terre d’asile
pendant les années de la dictature. Ces conférences seront aussi
l’occasion pour reconnaître l’importance qu’a eu cette hospitalité dans
la reconquête de la démocratie.
Jamais, depuis la seconde guerre mondiale, l’affirmation d’un
humanisme sans frontières n’a été aussi urgent, la FMSH et la Fondation
Calouste Gulbenkian s’engagent dans ce projet où les expériences
d’accueil du passé font écho à l’importance de l’hospitalité
aujourd’hui.