Paris qui dort (59 min’), chef d’œuvre du cinéma mondial réalisé en 1924, est le premier film français dit « fantastique », savoureuse comédie et splendide envolée lyrique. René Clair a su montrer Paris avec une originalité qui demeure saisissante aujourd’hui.
Les séquences sur la Tour Eiffel coupent le souffle, la
mécanique du burlesque appelle sans faille le rire, le fantastique émeut grâce
à son esthétique en « carton-pâte » très théâtrale. Mais c’est
surtout la thématique d’un Paris à l’arrêt, vide, silencieux et suspendu qui
résonne sans aucun doute de façon très singulière dans l’esprit des spectateurs
d’aujourd’hui, après les périodes que nous avons connues de Paris confiné…
En accompagnement, Vadim
Sher et Dimitri Artemenko
proposent une partition originale pour violons acoustique et électrique, piano
et synthétiseur qui fait écho aux compositeurs contemporains de René Clair, et
plus particulièrement au Groupe des Six et à leur inspirateur Erik Satie. Les
musiciens de la Compagnie Musards tentent de trouver les résonnances de Paris
lorsque la ville est à l’arrêt ou en pleine action, de définir les carrefours
où se croisent le burlesque et le romantique, de percer le voile du fantastique
avec la mélodie du réel.
La séance sera introduite par Stéphane Cattalano, professeur d’études cinématographiques en
classes préparatoires au Lycée Faidherbe à Lille.
Mention de restauration : Restauration 4K entreprise par la Fondation Jérôme Seydoux- Pathé en 2018 au laboratoire L’Immagine Ritrovata, avec le soutien du CNC.