Les 10 et 14 décembre 1957, Albert Camus prononce deux discours majeurs lors de la réception du prix Nobel de littérature. À la fois troublé et honoré par cette distinction qui couronne une œuvre déjà remarquable mais loin d'être achevée, Camus fait de la réflexion sur le rôle de l'artiste et de la création dans le XXe siècle de « la peur » et de la violence totalitaire, le cœur de sa prise de parole.
En quoi ces discours et la polémique qui les suivit permettent-ils de (re)découvrir les écrits et engagements de Camus ? En quoi reflètent-ils ses combats et ses convictions, ses doutes et déchirements, ses textes déjà parus et celui qu'il est en train d'écrire et qui sera le dernier, Le Premier Homme ? C'est ce que la conférence de Sophie Doudet (maîtresse de conférences à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence) , ponctuée de lectures de textes de Camus par l'actrice Anny Romand, tentera d'éclairer.