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Le saviez-vous ?

Sur les traces des expositions universelles de Paris

Mise à jour le 13/10/2021
L'Exposition universelle de Dubaï se déroule du 1er octobre 2021 au 31 mars 2022. C'est l'occasion de revenir sur les expositions universelles organisées six fois à Paris entre 1855 et 1937. On en observe encore les traces. Découvrez celles laissées par les quatre premières expositions.
1855 c'est l'effervescence, la France organise sa toute première exposition universelle à Paris. Londres l'avait précédé en 1851. Pour la capitale française, c’est le début d’une longue série. Pas moins de cinq autres expositions universelles suivront en 1867, 1878, 1889, 1900 et 1937.
Lieux de rencontres entre les nations, ces expositions d'une ampleur parfois démesurée, explorent un thème universel et sont visitées par des dizaines de millions de visiteurs. Elles transforment la ville hôte et accueillent des constructions qui pour certaines, sont restées dans notre paysage urbain.
Vous découvrirez ici les vestiges des expositions de 1855, 1867, 1878 et 1889.

Les statues du palais de l'Industrie de 1855 au parc de Saint-Cloud (92)

Façade du palais de l'Industrie sur les Champs Elysees (8e) vers 1865
Entrée principale du palais de l'Industrie. On peut voir la statue de la "France distribuant des couronnes d'or à l'art et à l'industrie assis à ses pieds". Sur les murs étaient gravés 205 noms des hommes les plus savants de l'humanité…
Pierre Emonts ou Emonds, photographe (1831-1912), collection Musée Carnavalet, Histoire de Paris
De cette première exposition de l'histoire de Paris en 1855, il reste quelques sculptures exposées au parc de Saint-Cloud (92), à quelques encablures de Paris. Elles proviennent du palais de l’Industrie, un bâtiment d'exception de 250 mètres sur 108 le long des Champs-Elysées, et de 20 000 m2 le long de l'avenue Montaigne, dédiés aux beaux-arts et construit pour l'exposition mais détruit à partir de 1896.
Installée au sommet de l'entrée principale de ce palais, la statue allégorique "La France distribuant des couronnes d’or à l’art et à l’industrie assis à ses pieds" est arrivée jusqu'à nous. Celle-ci devant initialement être stockée au dépôt de l’administration des Beaux-Arts, elle fut divisée en 40 morceaux. En octobre 1899, il est décidé de les installer dans le bas du parc de Saint-Cloud (92), où ils demeurent encore. Lire à ce sujet Le fronton du palais de l'industrie sur Histoires de Paris

Les Isbas Russes de 1867 dans le 16e

De nombreux bâtiments éphémères caractéristiques d’un pays ou d’une civilisation se développent lors de l'exposition de 1867. La Russie, parmi les invités d’honneur, monte un véritable village russe au Champ de Mars. Aujourd'hui issus de cette exposition, quatre pavillons russes sont implantés dans le 16e arrondissement, quartier de la Muette, au cœur de la Villa de Beauséjour bâtie sur le boulevard du même nom. L'entrée y est privée.

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Construite par des charpentiers russes à Saint-Pétersbourg, l'une d'elles fut apportée en pièces détachées pour l’exposition et remontée en 1872 dans la villa de Beauséjour. Les trois autres ont été conçues par l'architecte français Alphonse Lasnier, propriétaire du terrain. Il les a fabriquées de briques et de pierres revêtues de bois, récupérées dans les bâtiments de l'exposition. Les Isbas ont été classées aux Monuments historiques en 1992.

Le théâtre de la Gaité Montparnasse de 1867 dans le 14e

François Jamin, limonadier réputé, récupère lors de sa démolition les matériaux du Théâtre International de l'Exposition de 1867 et fait édifier un café-concert. Ce nouveau « Concert de la Gaîté Montparnasse », situé au 67 chaussée du Maine, était une vaste salle dont le parterre était surmonté de deux galeries. Tour à tour café-concert, studio d’art comique et music-hall, ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale qu’il devient un théâtre. La façade ne provient pas de l’exposition, seule la structure interne du théâtre a été conservée. Lire la foisonnante histoire du Théâtre de la gaité Montparnasse sur leur site.

La tombe d’un poète et délégataire japonais de 1867 au Père Lachaise

Tombe d’un poète et délégataire japonais de l'exposition universelle de 1867, au Père Lachaise
La tombe de Nonaka Motoske est toujours entretenue et des poèmes y sont toujours déposés.
Guillaume Bontemps / Ville de Paris
Nonaka Motoske (1812-1867) est un commerçant et poète japonais qui se rendait à Paris avec sa délégation, pour l'exposition universelle de 1867. Mais ce fils de samouraï décède à son arrivée à Paris. Il est alors enterré au cimetière du Père Lachaise où on peut encore voir sa tombe, division 5. Son histoire est un témoignage émouvant des longs périples exténuants que faisaient les délégations pour exposer leur savoir-faire lors d'expositions lointaines.

La cité fleurie (13e) fabriquée avec des matériaux de 1878

Les ateliers qui constituent cette cité d’artistes du 13e, située entre les 61-67, boulevard Arago et la rue Léon-Maurice-Nordmann, ont été construits entre 1878 et 1888. Les matériaux de construction provenaient du pavillon de l'Alimentation conçu par Hunebelle pour l'Exposition universelle de 1878. Vingt-neuf chalets blancs à pans de bois furent construits avec ces matériaux. La cité est partiellement inscrite (façades et toitures) au titre des monuments historiques, depuis 1994. Le hameau et ses cours-jardins sont définitivement préservés.

La statue de Charlemagne, un bronze de 1878

Statue de Charlemagne et ses leudes, trace de l'exposition universelle de 1878
En 1879, le Conseil municipal autorise l’exposition de la sculpture sur le parvis de Notre-Dame mais elle n’est mise en place qu’en 1882
Guillaume Bontemps / ville de Paris
La statue de "Charlemagne et ses leudes" (ou écuyers) est une œuvre de 15 tonnes, haute de 7 mètres que l’on peut voir aujourd’hui sur le parvis de Notre Dame de Paris. Elle fut présentée à l’Exposition Universelle de 1867 dans sa version en plâtre et, dans sa version en bronze, à l'exposition de 1878, en tant que chef-d’œuvre de la production des fondeurs Thiébaut. Elle est l’œuvre des frères Louis (1813-1878) et Charles Rochet (1819-1900). En 1895, la Ville de Paris acquiert le monument, érigé sur le parvis depuis 1882 au prix du bronze utilisé.

Les statues du musée d’Orsay, ancien décor de 1878

Sur le parvis actuel du Musée d’Orsay, on peut admirer les statues des six continents en fonte de fer. On y trouve aussi trois animaux: le Rhinocéros d’Henri-Alfred Jacquemart, le Cheval à la herse de Pierre-Louis Rouillard et le Jeune éléphant pris au piège par Emmanuel Frémiet.
Toutes ces statues proviennent du palais du Trocadéro construit sur la colline de Chaillot pour l'Exposition universelle de 1878. Le bâtiment conservé pendant une soixantaine d'années fut démantelé en 1935. Il laissa alors place au palais de Chaillot construit pour l'exposition universelle de 1937. Les statues entreposées dans différents lieux, de Nantes à Saint-Cloud, intègrent le parvis du musée d'Orsay dans les années 1980.

Des cerfs présentés à l'exposition de 1889 au jardin du Luxembourg

Sculpture de cerfs de 1885 au jardin du Luxembourg
Une harde est une troupe de bêtes sauvages vivant ensemble. Et le rapproché désigne le chien qui se rapproche, dans le cadre d'une battue.
Joséphine Brueder / Ville de Paris
Cette "Harde de cerfs écoutant le rapproché" est une sculpture réalisée par Arthur Le Duc en 1885. Le groupe représente un cerf, une biche et un faon, traqués par des chasseurs. L'œuvre en bronze est achetée dès 1886 par les Musées nationaux et elle est attribuée au musée du Luxembourg en 1889. Elle est présentée à l'Exposition universelle qui se tient cette même année.
En 1986, la sculpture est affectée au musée d'Orsay mais est laissée à sa place sur une pelouse sud du jardin du Luxembourg où on peut l'admirer aujourd'hui.

1889, la tour qu’on ne présente plus

Vue de la Tour Eiffel en construction lors de l'exposition universelle de 1889
Les premiers coups de pelle sont donnés le 26 janvier 1887. Le 31 mars 1889, 2 ans, 2 mois et 5 jours après la tour s’impose comme une véritable prouesse technique.
Hippolyte Blancard photographe(1843 - 1924) / Collection Musée Carnavalet, Histoire de Paris
1889, le public de l’Exposition universelle monte sur un édifice appelé alors la tour de 300 mètres… Décriée pendant sa construction, la tour connaît pendant l’exposition un succès populaire immédiat. Les ascenseurs n'étant même pas encore en service, les badauds se pressent et grimpent à pied. Sur les 32 millions d’entrées comptabilisées pour l’exposition, environ 2 millions de curieux auront gravi le monument dont la renommée n'est aujourd’hui plus à prouver.
Vous l'aurez reconnue, il s'agit bien sûr de notre tour Eiffel.

À lire dans un prochain article…

Les richesses laissées par l’Exposition universelle de 1900, sûrement la plus importante de toutes, et celles de 1937.

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