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Dans les pas de Simone de Beauvoir, rive gauche

Mise à jour le 18/07/2022
Figure marquante de la rive gauche, Simone de Beauvoir a laissé son nom à une passerelle, une place et de nombreuses plaques commémoratives. Féministe, écrivaine, intellectuelle, la parisienne multiplie les plumes et les étiquettes. Balade sur les traces de celle qui a marqué Montparnasse.

L'enfant de Montparnasse

Sur les pas de Simone de Beauvoir 103 boulevard Montparnasse
Entre Montparnasse et Saint-Germain-des-Prés, Simone de Beauvoir a passé sa vie sur la rive gauche.
Crédit photo : Clément Dorval / Ville de Paris
C’est au petit matin du 9 janvier 1908, à 4 h exactement, que naît Simone de Beauvoir. Son histoire débute au cœur du quartier Montparnasse, dans une rue qui l'a vue grandir. Le 103, boulevard de Montparnasse (6e) devient le cocon privilégié de la famille de Beauvoir, où les sœurs Simone et Hélène passent leur enfance. En bas de l’immeuble, le restaurant La Rotonde, que l’écrivaine fréquente une fois adulte, existe encore.

Les débuts d’une fille pas si rangée

Sur les pas de Simone de Beauvoir 35 rue Jacob
La Librairie des Femmes a été créée en 1974 par Antoinette Fouque, une militante du Mouvement de Libération des Femmes (MLF).
Crédit photo : Clément Dorval / Ville de Paris
Non loin de là, aux abords du boulevard Saint-Germain, la petite Simone suit un enseignement catholique stricte au Cours Adeline-Désir, un établissement réservé aux jeunes filles de bonne famille. L’école, située au 35, rue Jacob (6e), a aujourd'hui disparu du paysage parisien pour laisser place… à la Librairie des Femmes, un établissement d'ouvrages féministes. Si l’écrivaine reste dans cette institution de ses 6 ans à son baccalauréat, l’élève au caractère bien trempé délaisse rapidement son rôle de « jeune fille rangée », futur titre de ses Mémoires, et rompt avec la foi à tout juste 14 ans.

Plus jeune agrégée de philo de France

Simone de Beauvoir
Sartre et d'autres amis surnomment Simone « le Castor », car Beauvoir ressemble au mot anglais beaver, qui signifie castor.
Crédit photo : Studio Lipnitzki / Roger-Viollet
Juillet 1929. Simone de Beauvoir, en recherche d'indépendance, s’émancipe du cadre familial et bourgeois. Ses premiers pas dans la vie d’adulte se font au 91, avenue Denfert-Rochereau (14e), dans l’appartement de sa grand-mère, où l’étudiante s’installe. Beauvoir n’a plus qu’une idée en tête : passer l’agrégation de philosophie. Et elle relève le défi haut la main ! L'étudiante arrive en seconde position, juste derrière… Jean-Paul Sartre, son ami, amant et compagnon de vie. À 21 ans, celle que ses amis surnomment « le Castor » devient la plus jeune agrégée de philo de France.

Les cafés, lieux de refuge pendant la guerre

Sur les pas de Simone de Beauvoir place Sartre Beauvoir
La place de Saint-Germain a été nommée ainsi en 2000.
Crédit photo : Clément Dorval / Ville de Paris
C’est de l’autre côté du jardin du Luxembourg que la jeune écrivaine rédige un bon nombre de ses ouvrages. Le café de Flore, lieu mythique de rencontres littéraires, a été son repaire. Simone de Beauvoir passe toutes ses journées assise sur l'une des tables du premier étage. L'établissement, situé au 172, boulevard Saint-Germain (6e), est l'un des rares à être chauffé pendant la guerre. Les prix n'y sont pas trop élevés et le café se trouve à proximité de l'éditeur de Beauvoir, Gallimard.
L’enseigne voisine, le café Les Deux Magots, est aussi réputée pour être un QG littéraire. Une des salles a d’ailleurs emprunté le nom d'un des livres de la philosophe, Les Mandarins. La guerre terminée, Beauvoir, Sartre, leur ami Boris Vian et les autres continuent de se rendre quotidiennement dans ces cafés, où ils passent des heures à écrire, à débattre et à refaire le monde. À deux pas de là, la petite place a été rebaptisée « Sartre-Beauvoir », en souvenir de ses deux intellectuels dont les âmes habitent encore les lieux.

Une plume engagée pour l'IVG

Sur les pas de Simone de Beauvoir 11 bis rue Victor Schoelcher
Le 11 rue Schoelcher, premier appartement que Beauvoir peut s'acheter avec son propre argent, devient rapidement un repaire littéraire.
Crédit photo : Clément Dorval / Ville de Paris
Les premiers triomphes de Beauvoir ne se font pas sans polémique. L'auteure est rendue célèbre avec la parution de son ouvrage Le Deuxième sexe, un essai engagé et féministe d’abord classé comme livre interdit par le Vatican. Cinq années plus tard, en 1954, Beauvoir obtient le prix Goncourt avec le roman Les Mandarins, dont les héros sont des écrivains.
Avec l'argent rapporté par le prix, l'écrivaine peut acheter son premier appartement, au 11, bis rue Victor Schœlcher (14e). Très vite, le logement devient le lieu de réunion pour un noyau d'écrivains, dont l'équipe de rédaction de la revue Les Temps modernes, fondée par le couple Sartre-Beauvoir.
Simone de Beauvoir
La revue Les Temps modernes, fondée par le couple de philosophe, a été publiée jusqu'en 2020.
Crédit photo : Jacques Cuinières / Roger-Viollet

N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question.

Simone de Beauvoir
Ecrivaine et philosophe
Cet appartement accueille aussi des militantes féministes lors de la rédaction du « Manifeste des 343 », une tribune de femmes ayant avorté clandestinement, publiée en 1971 dans Le Nouvel Observateur. Le 20 novembre 1971, l'écrivaine participe à la première manifestation pour la légalisation de l’avortement dans les rues de Paris.

De retour à Montparnasse

Sur les pas de Simone de Beauvoir cimetière Montparnasse
Simone de Beauvoir a fait de Montparnasse sa première et dernière demeure.
Crédit photo : Clément Dorval / Ville de Paris
Le 14 avril 1986, Simone de Beauvoir meurt à l’hôpital Cochin (14e), à 78 ans, laissant derrière elle une vingtaine d'ouvrages, d'essais et de pièces de théâtre. Selon son souhait, la Parisienne est enterrée dans son quartier de cœur, au cimetière du Montparnasse, sur le boulevard Edgar Quinet (14e).
Sa tombe est placée juste à côté de celle de Sartre, décédé quelques années avant. Les philosophes ont passé plus de 50 années de leur vie ensemble, sans jamais se marier. Cette femme de la ville, qui a voyagé dans de nombreux pays, a toujours fini par revenir à Paris, jusqu’à en faire sa dernière demeure.

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