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Paris et les Jeux olympiques, un tandem qui dure

Mise à jour le 03/08/2021
1900, 1924, 2024… trois fois déjà que Paris se la joue olympique. Entre les Jeux et la ville lumière, l'idylle n'a jamais cessé, sous les auspices d'un certain Pierre de Coubertin, instigateur de l'olympisme moderne.
Le rêve olympique est né à Paris. Ville hôte en 1900 et 1924, Paris a toujours suivi l’idéal olympique du fondateur des Jeux modernes, le Français Pierre de Coubertin, qui rêvait de construire un monde meilleur grâce au sport.
En 1900, encore ébranlé par l’affaire Dreyfus, le gouvernement français détourne le projet olympique imaginé par Pierre de Coubertin, aux fins de glorifier la démocratie et le régime républicain. Jugés trop mondains et trop anglais, les sports athlétiques sont confinés dans les clubs huppés de l’ouest parisien. Au stade-vélodrome de Vincennes, c’est alors le triomphe des gymnastes et des champions cyclistes, dont la popularité est largement fabriquée par les marques de cycles parisiennes.
Les nageurs allemands, britanniques, français, hongrois et même australiens rivalisent en pleine eau entre Courbevoie et le pont d’Asnières. Ces Jeux olympiques seront l’occasion pour la France de promouvoir sa modernité technologique par des concours inédits d’aérostats et d’automobiles.
VIIIe Olympiade - Paris 1924. Le défilé des athlètes (France) devant la tribune officielle
VIIIe Olympiade - Paris 1924. Le défilé des athlètes (France) devant la tribune officielle
© Roger-Viollet
Les traditions sportives françaises ne sont pas oubliées avec des épreuves de jeu de paume, de pêche à la ligne, de boules lyonnaises et de courses de pigeons, ni d’ailleurs les disciplines de sauvetage jugées utilitaires. Pour les Jeux de 1924, Paris a accueilli 6 000 athlètes venus de 45 pays.
C’est après bien des hésitations que le Comité international olympique (CIO) a décidé en 1921 d’attribuer les 8e Jeux olympiques d’été à la ville de Paris. La concurrence d’autres villes candidates comme Amsterdam, Barcelone, Los Angeles, Lyon, Prague et Rome ne suffit pas à expliquer la difficulté d’un tel choix. Cela tient davantage aux mauvaises relations entre les membres du Comité olympique français (COF) et Pierre de Coubertin. Les premiers n’acceptent ni l’autoritarisme ni les susceptibilités du second, ni la tutelle du CIO sur les fédérations internationales sportives qu’ils sont nombreux à diriger.
L’intervention des diplomates du Quai d’Orsay a permis de détendre ces relations difficiles et tout fut mis en œuvre pour faire des Jeux parisiens une réussite sportive et une manifestation de la puissance française.
JO 1924
Pierre de Coubertin
© Albert Harlingue / Roger-Viollet
Le 23 juin 1924, un hommage est rendu à Pierre de Coubertin pour avoir fait adopter à la Sorbonne en 1894 « le principe du rétablissement des jeux olympiques sous une forme moderne », et y avoir présenté en 1914 son drapeau olympique.

600 000 spectateurs en 1924

Il est difficile d’estimer le nombre de visiteurs étrangers parmi les 600 000 spectateurs qui ont acheté un billet. On imprime alors 20 000 affiches, 250 000 programmes dont 95 000 en anglais et 55 000 en espagnol, 1,6 million d’étiquettes à bagages, 25 millions de vignettes pour boîtes de cigarettes, 153 millions de timbres-poste spéciaux. Plus de 3 000 projections sont assurées dans les théâtres de Paris.
L’économie du sport connaît alors un deuxième essor : prêt-à-porter pour hommes et femmes, matériels et équipements, presse spécialisée. Les Jeux représentent une aubaine pour les commerçants de Paris qui n’hésitent pas à enregistrer leurs produits comme des marques olympiques. Autour du stade de Colombes surgissent des bars, des dancings et des baraques foraines. Les camelots y vendent des calicots, des coussins et même des « casse-croûtes olympiques ».
VIIIème Olympiade de Paris. Stade de Colombes (Hauts-de-Seine), 1924.
Le stade de Colombes
© CAP / Roger-Viollet
Les dirigeants du sport français réclament un grand stade de 100 000 places. Mais, en pleine crise du logement, la mairie de Paris et le Parlement ne parviennent pas à s’accorder sur le financement d’un tel projet. C’est le Racing Club de France qui va débloquer la situation en passant un accord en 1922 avec le Comité national des sports (CNS).
Ce club huppé s’engage à transformer sa piste d’athlétisme en un stade tout à fait original de 60 000 places. La réalisation du stade de Colombes par l’architecte Louis Faure-Dujarric est finalement assez luxueuse pour l’époque : eau chaude, éclairage électrique, chauffage des locaux, vestiaires pouvant accueillir jusqu’à 1 200 athlètes, piste d’entraînement aménagée sous la tribune marathon et salles de presse sous les gradins.

La piscine des Tourelles construite pour les Jeux de 1924

En 1924, les Parisiens qui savaient nager n'étaient probablement pas très nombreux. Longtemps, en effet, la Seine et ses affluents n’ont été fréquentés que par les mariniers et les pêcheurs. Installées dans des barges, les premières baignoires fluviales remontent aux années 1760. Elles seront bientôt détrônées par les bains flottants construits sur pilotis, à l’image du luxueux établissement Deligny (1801).
Il faut attendre les années 1920 pour que les piscines couvertes, alimentées en eau courante, s’imposent. La natation sportive va concurrencer dorénavant la simple baignade, même si la fédération française ne compte que 6 430 licenciés.
Le stade nautique des Tourelles, construit à la porte des Lilas, est l’autre équipement majeur des Jeux de 1924. C’est la première piscine de 50 mètres de l’histoire olympique. Agrémentée d’un impressionnant plongeoir et pourvue de 7 000 places assises, elle fut imaginée pour offrir un grand spectacle.
La piscine Georges Vallerey, le vélodrome de la Cipale, le Trinquet, les pelouses d’Auteuil mais aussi le stade de Colombes, épicentre des épreuves, et d'autres encore sont autant de témoins de cette époque: découvrez-les en vous baladant dans cette carte.

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Des jeux à Paris et dans le Grand Paris

En 1924, les épreuves olympiques d’aviron ont ainsi lieu à Argenteuil, celles de yachting à Meulan. Les épreuves équestres se partagent entre le stade de Colombes, le Polo Club de Bagatelle, l’hippodrome d’Auteuil, le parc de Saint-Cloud, et les bois de Boulogne et de Meudon. Les stands de Versailles et d’Issy-les-Moulineaux hébergent les épreuves de tir de chasse ou au pigeon. Certaines épreuves olympiques sont déconcentrées bien au-delà de ce « Grand Paris du sport » : les grands voiliers au Havre et le tir à la cible dans le stand civil de Reims ou militaire de Châlons-sur-Marne.
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