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Kan, le pointilliste du street art

Mise à jour le 04/10/2021
L'artiste crée d'étonnantes fresques et tableaux en mêlant graphisme et pixels. Nous l'avons rencontré dans son atelier.
Il a choisi un nom court : trois lettres tracées à toute vitesse par un adolescent de 13 ans. "J'habitais dans un petit village près de Cavaillon dans le sud de la France", raconte Kan. Un nom tout simplement inspiré… par sa bombe de peinture ("spray can" en anglais). "Le soir, on s'ennuyait et on avait envie d'écrire notre nom partout", se souvient l'artiste, qui nous a ouvert les portes de son atelier, près de la mairie du 18e arrondissement. Une ancienne boucherie devenue son lieu de création, où s'accumulent toiles, matériel de peinture et objets "customisés", comme un skate-board où apparaît un jeune encagoulé…

Au cœur de l'atelier de Kan

Inspiré par l'univers du hip-hop, il parcourt à ses débuts les lieux désaffectés (parkings, voies ferrées…) et y multiplie les graffitis. Olivier (son vrai prénom) le jour, Kan la nuit.
KAN, Pointilliste
KAN, Pointilliste
Crédit photo : François Grunberg

La révélation américaine

A 15 ans, nouvelle découverte lors d'un voyage à Los Angeles avec ses parents : "J'ai vu des fresques énormes sur les murs, certaines étaient aussi faites pour décorer des magasins", raconte-t-il. Outre Atlantique, le "graff" est devenu de l'art. En France, "c'était du vandalisme", sourit Kan.
En 2000, il s'installe à Paris, et y crée le collectif DMV (qui compte une dizaine de membres) avec son ami Bom.K Peu à peu, ils trouvent d'autres terrains d'expression. "Un mécène américain, un blues man, nous a commandé des toiles. C'était très nouveau : pour nous, le graffiti était seulement prévu pour un mur". Le street art n'est alors qu'une passion pour le jeune homme, qui gagne sa vie en créant des bandes-annonces pour la télévision.
KAN, Pointilliste
KAN, Pointilliste
Crédit photo : François Grunberg

Des œuvres point par point

Et l'artiste s'émancipe… de son nom. "J'en ai eu marre d'écrire sans cesse mon nom" explique-t-il en riant. Il part d'abord de photos pour reproduire des tableaux. "J'ai fait "L'origine du monde" de Gustave Courbet en dessinant chaque pixel au pochoir. Cela m'a pris une semaine ! ". Puis, il affine sa technique et prépare son tracé sur ordinateur : un patient travail, qui lui permet de réaliser ses œuvres, point par point, sur des surfaces lisses.

Au cœur de son atelier

Comment naît une œuvre ? Exemple avec le mur d'Oberkampf (11e)

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Des gangs de L.A aux murs de Djerba

"Je ne sais pas dessiner", insiste Kan (sans vraiment nous convaincre) lorsqu'on l'interroge sur son travail de création. C'est son rapport au réel qui interpelle. Fasciné par l'univers rap et la culture noire américaine, il s'aventure volontiers sur le terrain de la révolte. "Au moment de la révolution égyptienne (Ndlr : en 2011), je me suis demandé : à quel moment cela bascule ? Et moi, aurais-je eu le courage de me révolter?" Ses images d'émeutiers puisent donc leur origine dans l'actualité, des printemps arabes à la révolution ukrainienne. Et son art franchit les frontières : il a ainsi participé en 2014 à Djerbahood, un projet collectif de street-art, organisé dans un village de l'île tunisienne de Djerba.
©Kan
©Kan
Crédit photo : Djerbahood

Où voir ses œuvres à Paris ?

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