Pazaz lance un cri ! Un cri spontané qui invite au mouvement, à la joie et à la rencontre dans l’espace public. Une expérience chorégraphique qui oppose à la distanciation sociale un retour joyeux à la proximité avec le public.
Se réappropriant l’esprit frondeur des années 1970, les
danseurs du CCNR se produisent dans des lieux non dédiés à la danse
tels qu’une esplanade, une cour de bâtiment public, un parc… Et
improvisent des solos, duos, trios qui explorent la configuration
particulière d’un lieu, se rapprochant le plus possible du public.
Pazaz incarne la méthode de Yuval Pick – Practice, qui offre aux danseurs les outils nécessaires au surgissement d’images organiques et ludiques.
On retrouve là les préoccupations chères au chorégraphe : une pulsation
chorégraphique entre proximité et éloignement, entre intimité et
altérité ou extériorité. Un cœur qui bat, un chœur qui bat, et une
phrase performative qui s’écrit entre quatre danseurs, le public et
l’espace où ils se trouvent.
Après la représentation, participez à un Practice collectif avec les danseur·euses de Pazaz, qui vous proposeront d'effectuer quelques mouvements simples autour de la méthode. Practice propose
de sortir des sentiers battus de la danse, pour retrouver dans chaque
mouvement sa profondeur organique et intime. Et invite chacun à
(re)découvrir son identité corporelle singulière, ainsi qu’un rapport
plus libre à l’espace et aux autres. Avec Practice, il ne
s’agit plus seulement de trajectoire à suivre, de posture à tenir, ou de
geste technique à exécuter (dans un certain oubli de soi), mais de mise
en mouvement de l’interne autant que de l’externe, et d’actions
intentionnelles, marquées de subjectivité.
« Va vers l’avant, mais n’oublie pas l’arrière », dit souvent Yuval Pick. Une phrase qui résume une grande part de la spécificité de Practice,
pratique qui explore ce qu’on « oublie » trop souvent en se projetant
frontalement dans la seule continuité de notre regard. Un corps a un
avant et un arrière, un volume ; chaque geste, même virtuose, est lesté
de sa gravité. Sauter c’est aussi jouer avec sa pesanteur, tendre une
jambe ou un bras, c’est aussi prendre conscience de l’épaisseur des
muscles qui sont mobilisés. Il s’agit avec Practice de danser et de « dansifier ». « Dansifier » le rapport à soi, le rapport à l’espace, le rapport à l’autre.
Pour
ne pas oublier l’arrière, ni son volume, ni son poids, Yuval Pick met
l’accent sur la rotation et l’image de la spirale. Au centre de la
spirale, il y a le poids singulier du danseur, sa chair palpitante
spécifique, vers lesquels il revient sans cesse avec une distance et un
regard nouveau. De tour de spire en tour de spire, il invente de
nouvelles manières de les déployer dans l’espace, de les remodeler à
travers ses mouvements. Spirale ascendante ou descendante, solitaire ou
groupale, lente ou rapide, qui toujours garde la mémoire de l’archaïque
et explore-déploie la sensibilité intime. Chaque tour de spire est
l’occasion de retrouver les plaisirs les plus «primitifs», les plus
enfouis en soi de la danse, dans le temps même du mouvement en devenir.