La scène est au ciel, printemps 1495. Dieu, la Vierge, le Christ, le Diable tiennent un concile, «Le concile d’amour » pour punir les Borgia et le peuple qui s’adonnent à une frénésie sexuelle dans l’Italie envahie par les français. Il en résultera la syphilis ou « Le mal de Naples ».
Pourquoi l’amour devrait toujours se payer de culpabilité et d’angoisse? N’y-a-t-il pas là une gigantesque et ridicule intoxication collective ?
Dans une Bavière puritaine de la fin du XIXème siècle, tel est le cri d’Oscar Panizza, dans ce chef-d’oeuvre de la littérature satirique si scandaleux et si drôle qu’il envoya en prison son auteur. Il a été voué à l’oubli par la confiscation de ses écrits, puis a succombé à la folie. Ce texte fut censuré jusque dans les années 1980. C’est plus qu’il n’en faut pour sceller un tombeau.
A la fin du XXème siècle quand le SIDA fait revenir les vieilles terreurs et plus récemment quand la Covid met à distance physique les êtres humains, peut-être n’est-il pas inutile de rappeler ainsi qu’une maladie, une épidémie, ne saurait entacher la splendeur innocente de l’amour et du plaisir des corps.