Trois Manifestes (2009) restera le chef d’œuvre du Colombien Luis-Fernando Rizo-Salom, disparu accidentellement en 2013. Il met en scène le fracas de trois « manifestes sonores », trois groupes instrumentaux spatialisés – nuancés et cimentés par une électronique distribuée dans toute la salle. À cette triple déflagration répliquent deux autres manifestes. Mayu Hirano, compositrice japonaise ayant étudié à Tokyo puis Paris, imagine le Parfum d’un Autre Monde. Inspirée par le théâtre nô, sa création utilise une électronique qui analyse, segmente, brouille, fusionne, superpose, immerge, dissèque et transplante l’alto. L’Italien Aureliano Cattaneo s’empare d’un personnage de Dostoïevski, un fonctionnaire schizophrène aux prises avec son double. Ici la contrebasse se dédouble dans la salle : l’instrument par le biais des transducteurs est littéralement « possédé » par l’incorporation de l’ensemble.