Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes, la médiathèque poursuit sa médiation de la musique contemporaine en accueillant deux compositrices pour deux rencontres à propos de leurs travaux.
Samedi 2 mars à 15 h, avec Pascale Criton
Pascale Criton a étudié
la composition avec Ivan Wyschnegradsky - dont elle a par ailleurs réuni, présenté et annoté des écrits -,
Gérard Grisey et Jean-Étienne Marie. Elle a aussi suivi une formation en informatique musicale à
l’IRCAM à Paris. Passionnée par le continuum
sonore, elle utilise des scordatura (en 1/4,
1/12e, 1/16e de ton) destinées à des instruments tels que
les piano, violon, violoncelle, guitare, accordéon associés à l’orchestre et à
l’électronique.
Son catalogue compte des œuvres pour
musique de chambre et ensemble, ainsi que des musiques mixtes. Elle développe
également des dispositifs sono-tactiles qui permettent une écoute par le toucher.
En 2015, elle co-dirige avec Jean-Marc Chouvel l'ouvrage collectif Gilles
Deleuze, la pensée-musique paru chez CDMC/Symétrie, en témoignage de sa
rencontre déterminante avec le philosophe français.
La musique de Pascale Criton se
caractérise par une approche flexible entre hauteur, timbre, bruit et phénomènes
acoustiques qui stimulent l’émergence de sonorités inouïes. Un CD, Infra, interprété par l’Ensemble Dedalus,
est paru chez Potlatch et primé par un «
Coup de cœur » de l’académie Charles Cros en 2018.
Samedi 9 mars à 15 h avec Farnaz Modarresifar
La compositrice, santouriste et
improvisatrice franco-iranienne Farnaz Modarresifar est née
en 1989 à Téhéran. Bercée de musique classique occidentale et persane, elle se
forme au Conservatoire et à l’Université de sa ville natale. Elle étudie le santour, une cithare sur table
persane, à la fois en improvisation et dans un répertoire de style
traditionnel. En 2009, lors d’un séjour universitaire en Allemagne, elle est touchée
par une interprétation d’Atmosphères
de György Ligeti, elle se passionne
alors pour la musique contemporaine et décide de s’orienter vers la
composition. Elle poursuit ses études en France et fréquente en particulier les
classes de composition d’Édith Lejet,
Éric Tanguy et Jean-Luc Hervé.
Farnaz Modarresifar est pétrie de
poésie et de littérature persanes ainsi que de mythologie. Lectrice de Carl Gustav Jung ainsi que de Sigmund Freud, fascinée par la
thématique des rêves et de la mort, elle réunit en deux recueils un ensemble de
poèmes d’après ses propres songes, intitulé Contes.
Sa pratique virtuose du santour
et son travail de composition s’influencent mutuellement autour des modes
persans et d’une recherche sur le timbre, les techniques de jeu et les limites
instrumentales. Elle développe ainsi notamment un langage contemporain inédit
pour son instrument. Sensible à l’univers des sons, elle exploite les
résonances, la percussivité instrumentale et vocale et travaille sur le temps
et le silence dans une conception musicale qui requiert une écoute attentive.
Elle compose pour tout type
d’effectif, de l’instrument seul ou de la voix seule à l’orchestre de chambre. Citons
Polaris pour piano (2016), La Mort de Yazd-Gérd pour soprano et
ensemble instrumental (2017), Gabbéh
pour alto et santour (2019), Balades
oniriques pour deux voix, santour, piano, violon et percussions (2022), œuvre
avec laquelle elle remporte le Prix des professeurs de collège de la 24e
édition du Grand Prix Lycéen des Compositeurs.