Pourquoi « mes révoltes » ? Pourquoi, sous l’apparence d’un enfant gâté —
du succès, une famille célèbre, l’Académie —, Jean-Marie Rouart a-t-il
éprouvé le besoin de remettre si souvent en cause cette reconnaissance
sociale, jusqu’à s’exposer au tumulte des contestations et des
condamnations judiciaires ?
C’est ce mystère de la destinée qu’il
interroge en auscultant le roman de sa vie. Il s’efforce de comprendre
les épisodes et les drames qui l’ont confronté à autant d’échecs que de
réussites, de bonheurs que de malheurs. Analysant les aléas d’une
jeunesse hantée par l’idée de la déchéance, il se penche sur les
coïncidences qui l’ont amené, à travers tant de vicissitudes, à se lier
avec des hommes d’exception : Jean d’Ormesson, Raymond Aron, Michel
Déon, Jacques Vergès ou François Mitterrand. Engagé dans nombre de
combats, dont le plus connu demeure la défense d’Omar Raddad, l’auteur
ne dissimule rien de ses handicaps et des chances qui l’ont conduit à
conjurer le mauvais sort. Se sentant en permanence le jouet de forces
obscures, il tire de son expérience le sentiment d’avoir bénéficié d’une
forme de miracle. Peut-être ce parcours en dents de scie était-il
étrangement écrit dans les étoiles.