Amériques est un séisme. La flûte et le basson, au début, peuvent encore évoquer Debussy ou Stravinsky, mais ensuite tout n’est plus que failles, vertiges, catastrophes, avec des percussions en feu et des sirènes de pompier stridentes. Cette page visionnaire, l’Orchestre National la donnera dans sa version définitive de 1927. Seize ans plus tôt, Stravinsky écrivait Petrouchka, autre partition débordante d’invention, mais d’une tout autre nature : nous ne sommes pas dans la folle Amérique urbaine, mais en compagnie d’un personnage typique du folklore russe, un beau jour de mardi-gras. Entre ces deux partitions saiissantes, on aura plaisir de retrouver le célèbre Premier Concerto pour violon, qui a fait la gloire de Max Bruch.