Nous ne partons jamais de zéro. Nous arrivons dans un monde déjà écrit : des récits, des luttes, des silences, des musiques, des lois, des gestes transmis sans mode d’emploi. En avril, le Théâtre de la Concorde interroge ce que nous faisons de cet héritage. Le subissons-nous ? Le prolongeons-nous ? Le transformons-nous ?
Car hériter n’est pas répéter. C’est choisir ce que l’on garde, ce que l’on répare, ce que l’on réinvente.
HÉRITER ENSEMBLE
Transmettre, oui. Mais pour quoi faire ?
La transmission n’est pas un musée. C’est un mouvement.
Les 3 et 4 avril, le festival Place aux enfants ! ouvre le mois : la jeunesse ne vient pas recevoir, elle vient prendre la parole. Interroger le monde qu’elle hérite. Imaginer celui qu’elle veut construire.
Le 15 avril, les 10 ans du programme 1er Acte rappellent qu’hériter, c’est aussi ouvrir l’accès à la scène, diversifier les récits, déplacer les centres. La transmission est une question de représentation.
Transmettre, ici, c’est rendre possible. Pas conserver sous verre.
HÉRITER DES LUTTES
Ce que nos droits nous demandent
Certains héritages ont été conquis, arrachés, défendus.
Du 7 au 9 avril, Lever la main droite transforme la scène en tribunal symbolique : que faisons-nous de la justice que nous avons héritée ?
Le 10 avril, la soirée Aux avortées inconnues rappelle que les droits des femmes sont le fruit de combats acharnés.
Le Cycle de documentaires engagés propose la projection de Yintah, film consacré à la lutte de la Première Nation wet’suwet’en pour la défense de son territoire au Canada.
Un droit n’est jamais acquis, il est transmis à condition d’être défendu.
HÉRITER DE L’INTIME
Ce que les corps savent déjà
Tout ne s’écrit pas dans les lois, certaines transmissions passent par la mémoire sensible.
Du 1er au 25 avril, La Bande originale de nos vies transforme les souvenirs musicaux en récit collectif. Ce que nous écoutions devient ce que nous sommes.
Les Samedis Soin proposent une autre forme d’héritage : chant, bols tibétains, pratiques spirituelles. Une transmission par le souffle, par l’écoute.
Nos héritages les plus puissants sont parfois invisibles. Les mettre en scène, c’est les rendre partageables.
En avril, le Théâtre de la Concorde ne célèbre pas le passé, il le met en tension.
Hériter, ce n’est pas porter un poids, c’est accepter une responsabilité : choisir ce que nous transmettrons à notre tour. Et peut-être, à partir de là, écrire autrement la suite.