Dans mirages et tendresses, Ivana Müller aborde la solidarité comme une expérience concrète, qui mobilise à la fois le corps, l’attention et l’imaginaire. Dans un entrelacs d’actions, une construction fragile s’invente à partir de presque rien, porté par celles et ceux qui agissent, soutiennent, s’ajustent, contribuent, transforment. À l’aide de pelotes de laine et de tasseaux de bois, les quatre interprètes donnent forme, de manière empirique, à une structure qui se tisse, se négocie, s’élève peu à peu, grâce aux gestes, aux choix et à la présence attentive de chacun·e. Inspirée par le concept de tenségrité – principe de tension où chaque élément dépend des autres – l’architecture devient un terrain d’expérimentation sensible où se jouent les gestes d’entraide, d’écoute et d’attention. Comme un rhizome vivant où les corps, les voix et les imaginaires s’entrelacent, se construit un « commun » : un refuge éphémère, une utopie à échelle humaine, guidé par l’élan de tenir, encore, ensemble.